Chaque 24 mai, la Journée internationale du markhor attire l’attention du monde sur une chèvre sauvage des montagnes d’Asie centrale et d’Asie du Sud, reconnaissable entre toutes à ses cornes torsadées en tire-bouchon. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2024, cette journée célèbre l’un des rares redressements documentés d’un grand mammifère de montagne — et rappelle que cette reconquête reste fragile.

| En bref | |
|---|---|
| Nom officiel | Journée internationale du markhor |
| Date | 24 mai (date fixe) |
| Espèce concernée | Capra falconeri (Wagner, 1839) |
| Instance créatrice | Assemblée générale des Nations Unies |
| Résolution | A/RES/78/278, adoptée le 2 mai 2024 |
| Projet de résolution | A/78/L.60, présenté par le Tadjikistan |
| Première célébration | 24 mai 2024 |
| Organisme facilitateur | Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) |
| Statut UICN | Quasi menacé (NT) |
| Statut CITES | Annexe I depuis 1992 |
C’est quoi le markhor ?
Le markhor (Capra falconeri) est la plus grande espèce de chèvre sauvage au monde. Il appartient à la famille des bovidés et à la sous-famille des caprinés, la même que le bouquetin et le chamois.
Un physique reconnaissable entre mille
Le mâle porte de longues cornes spiralées qui s’enroulent systématiquement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Ces cornes peuvent atteindre environ 160 centimètres chez les plus grands spécimens, un record chez les caprinés. Le mâle arbore également une longue barbe et une crinière fournie sur le poitrail. La femelle, nettement plus petite, possède des cornes courtes.
| Caractéristique | Mâle | Femelle |
|---|---|---|
| Poids | jusqu’à ~100 kg | ~45 kg |
| Hauteur au garrot | 80 à 110 cm | 70 à 90 cm |
| Longueur du corps | 1,4 à 1,8 m | — |
| Cornes | spiralées, jusqu’à ~160 cm | courtes |
| Longévité (captivité) | 10 à 13 ans | 10 à 13 ans |
| Gestation | — | environ 5 mois et demi, 1 à 2 petits |
Un spécialiste des reliefs extrêmes
Le markhor vit entre 600 et 3 600 mètres d’altitude, dans un mélange de forêts claires, de maquis et de pentes rocheuses. Ses sabots, dotés d’un rebord dur et d’un coussinet central plus souple, lui offrent une adhérence remarquable sur la roche nue. L’hiver, il descend vers des altitudes plus clémentes où la nourriture est plus accessible ; il se nourrit de branches, de pousses, d’herbes et de bourgeons.
Les femelles et les jeunes forment de petits groupes, tandis que les mâles adultes vivent le plus souvent isolés. Pendant le rut, les mâles s’affrontent violemment à coups de cornes pour l’accès aux femelles.
Un nom qui vient du persan
Le mot « markhor » se décompose en persan entre mār (serpent) et khor (mangeur), soit littéralement « mangeur de serpent ». L’appellation est trompeuse : l’animal est strictement herbivore. Elle renvoie probablement à la forme serpentine des cornes, ou à des croyances locales attribuant à l’espèce le pouvoir de tuer les serpents.
Le markhor est l’animal national du Pakistan, statut qu’il occupe depuis 1972.
Origine et histoire de la Journée internationale du markhor 🐐
Création de la journée
L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution A/RES/78/278 le 2 mai 2024, lors de sa soixante-dix-huitième session, proclamant le 24 mai Journée internationale du markhor. Le texte, enregistré comme projet de résolution A/78/L.60, a été présenté par le Tadjikistan et adopté sans vote. Les autorités tadjikes le présentent comme une initiative de leur président, Emomali Rahmon.
La résolution reconnaît que la préservation du markhor et de son habitat naturel constitue un impératif écologique autant qu’une occasion de renforcer l’économie régionale, de soutenir les efforts de conservation et de promouvoir un tourisme durable. Elle invite le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) à faciliter l’observance de la journée, et appelle États Membres, organisations internationales et régionales, société civile et ONG à la célébrer.
La première édition a eu lieu le 24 mai 2024.
Chronologie du markhor et de sa protection
| Année | Événement |
|---|---|
| 1839 | Description scientifique de l’espèce par Johann Andreas Wagner |
| 1972 | Le markhor devient l’animal national du Pakistan |
| 1985 | Lancement du Torghar Conservation Project au Baloutchistan (Pakistan) |
| 1990 | Lancement du programme communautaire de chasse au trophée au Gilgit-Baltistan |
| 1992 | Inscription du markhor à l’annexe I de la CITES (CoP8) |
| 1994 | Classement « en danger » (EN) sur la Liste rouge de l’UICN |
| 1997 | Résolution Conf. 10.15 de la CITES : quota d’exportation de trophées pour le Pakistan |
| 2015 | Reclassement en « quasi menacé » (NT) sur la Liste rouge de l’UICN |
| 2024 | Résolution A/RES/78/278 : proclamation de la Journée internationale du markhor |
| 2024 | Première célébration mondiale, le 24 mai |
Objectifs principaux
- Sensibiliser : faire connaître une espèce emblématique dont la répartition, limitée à six pays, reste peu médiatisée hors d’Asie centrale et du Sud.
- Renforcer la coopération régionale : la résolution insiste sur la coordination transfrontalière, l’aire de répartition du markhor traversant plusieurs frontières sensibles.
- Valoriser les modèles communautaires : mettre en avant les dispositifs où les populations locales tirent un bénéfice direct de la présence de l’espèce.
- Protéger les écosystèmes de montagne : la conservation du markhor bénéficie à l’ensemble de la chaîne trophique, notamment à ses prédateurs.
- Promouvoir le tourisme durable : faire de l’observation naturaliste une source de revenus alternative pour des vallées isolées.
Importance et impact du markhor
Un rôle écologique de pivot
Le markhor occupe une place centrale dans les écosystèmes montagnards arides. Grand herbivore, il participe à la dispersion des graines des plantes qu’il consomme et contribue ainsi à la régénération de la flore d’altitude. Il constitue également une proie de premier plan pour plusieurs prédateurs menacés.
| Prédateur | Statut de la relation |
|---|---|
| Panthère des neiges (Panthera uncia) | Proie majeure dans plusieurs massifs |
| Loup gris (Canis lupus) | Prédation régulière |
| Lynx (Lynx lynx) | Prédation sur jeunes et subadultes |
| Aigle royal (Aquila chrysaetos) | Prédation sur les chevreaux |
Protéger le markhor revient donc, indirectement, à sécuriser la base alimentaire de grands carnivores eux-mêmes en difficulté.
Un poids économique inattendu
Le markhor est l’une des espèces sauvages les plus chèrement valorisées au monde. Les enchères annuelles de permis de chasse au trophée organisées au Pakistan atteignent des montants qui n’ont pas d’équivalent pour un mammifère terrestre.
| Saison | Prix record d’un permis markhor | Lieu |
|---|---|---|
| 2024-2025 | 271 000 USD | Chitral (Khyber Pakhtunkhwa) |
| 2025-2026 | 370 000 USD | Nanga Parbat (Gilgit-Baltistan) |
Lors de l’enchère du Gilgit-Baltistan de septembre 2025, les trois autres permis de markhor d’Astor se sont négociés à 286 000, 270 000 et 240 000 dollars. Le programme prévoit qu’environ 80 % des recettes reviennent aux communautés locales, le reste allant à l’administration. Ces fonds financent écoles, dispensaires, aménagements hydrauliques et salaires de gardes-chasse recrutés sur place.
Ce mécanisme reste vivement débattu. Il est présenté par ses promoteurs comme le moteur du redressement de l’espèce ; il est contesté par de nombreuses organisations de protection animale, et certains opérateurs locaux s’alarment eux-mêmes de la flambée des prix, qu’ils jugent susceptible de dénaturer le dispositif.
Un symbole culturel et national
Au Pakistan, le markhor dépasse largement le statut d’animal sauvage : il figure dans l’iconographie officielle, sur les emblèmes institutionnels et dans les campagnes de communication de l’État. Au Tadjikistan, il est devenu un marqueur de diplomatie environnementale, le pays ayant porté la résolution onusienne et accueilli à Douchanbé, du 12 au 15 octobre 2024, la neuvième Conférence mondiale sur les ongulés de montagne.
La diversité du markhor à travers le monde
Trois sous-espèces reconnues
La taxinomie du markhor a longtemps été instable : jusqu’à six sous-espèces ont été décrites au fil de 150 ans de travaux. La classification de référence n’en retient aujourd’hui que trois, distinguées principalement par la forme des cornes.
| Sous-espèce | Nom courant | Cornes | Pays |
|---|---|---|---|
| C. f. falconeri | Markhor à cornes évasées (Astor, Cachemire) | Évasées, largement écartées | Afghanistan, Inde, Pakistan |
| C. f. megaceros | Markhor à cornes droites (Souleiman, Kaboul) | Serrées, presque droites | Afghanistan, Pakistan |
| C. f. heptneri | Markhor de Boukhara (ou tadjik) | Torsadées, resserrées | Afghanistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan |
Dans tous les cas, les cornes s’enroulent dans le sens antihoraire — un caractère constant de l’espèce.
Six pays de répartition, des situations contrastées
| Pays | Situation générale |
|---|---|
| Tadjikistan | Bastion du markhor de Boukhara ; effectifs en forte croissance |
| Pakistan | Population la plus importante ; réserves de Chitral Gol, Kirthar, Torghar |
| Afghanistan | Noyaux dispersés, suivi difficile |
| Inde | Populations très réduites et fragmentées au Cachemire |
| Ouzbékistan | Effectifs limités, zones protégées ciblées |
| Turkménistan | Présence notamment dans la réserve de Kougitang |
Au Tadjikistan, le Comité de protection de l’environnement a annoncé en juillet 2026 un effectif dépassant 7 000 individus, à l’issue d’un recensement mené en février-mars dans les districts de Dangara, Shamsiddin Shohin et Darvoz. Ce chiffre contraste violemment avec la situation des années 1990, où la population tadjike était estimée à moins de 500 animaux.
En Inde, à l’inverse, les inventaires ne recensent que deux noyaux — à Kazinag et dans le Pir Panjal — pour un total de l’ordre de 250 individus.
Défis et enjeux contemporains
Les menaces directes
La résolution onusienne et les évaluations de l’UICN convergent sur trois pressions principales :
- La perte et la fragmentation de l’habitat : extension du pâturage domestique, coupes de bois, aménagements dans les vallées d’altitude.
- La chasse illégale et le braconnage : particulièrement marqués dans les zones d’instabilité, où l’armement automatique a circulé massivement depuis la fin des années 1970.
- Le changement climatique : modification de la couverture neigeuse, décalage des périodes de végétation et remontée de la limite forestière.
S’y ajoute la compétition avec le bétail domestique pour les mêmes ressources fourragères, ainsi que le risque de transmission de pathogènes.
Une contradiction statutaire à connaître
Le markhor présente une singularité qui prête régulièrement à confusion. L’espèce est classée « quasi menacée » (NT) sur la Liste rouge de l’UICN, après un reclassement depuis la catégorie « en danger ». Mais les Nations Unies précisent que toutes les sous-espèces, prises séparément, sont considérées comme en danger ou en danger critique d’extinction. Une espèce globalement en redressement peut donc abriter des lignées localement au bord de l’extinction.
Cette nuance explique pourquoi le markhor demeure inscrit à l’annexe I de la CITES depuis 1992, le niveau de protection le plus strict, malgré l’amélioration de son statut UICN.
Le débat sur l’usage durable
La CITES autorise, par dérogation encadrée, un quota annuel de 12 trophées de markhor à l’exportation depuis le Pakistan (résolution Conf. 10.15). Une proposition pakistanaise visant à porter ce quota à 20 a été soumise en vue de la CoP18 avant d’être retirée. Le Tadjikistan applique de son côté un quota annuel de l’ordre de 15 grands mâles, dont le groupe de spécialistes des caprinés de l’UICN a recommandé le réexamen à la lumière des derniers comptages.
Deux lectures s’affrontent :
- Pour ses défenseurs, le prélèvement d’un très petit nombre de mâles âgés, associé à une redistribution massive des recettes, a transformé les braconniers en gardes et fait passer certaines populations de quelques dizaines à plusieurs milliers d’individus.
- Pour ses détracteurs, monétiser une espèce inscrite à l’annexe I entretient un marché du trophée, expose le dispositif aux dérives commerciales et fait dépendre la conservation d’une demande étrangère volatile.
La fragilité des données
Les estimations d’effectifs varient fortement selon les sources, les périodes et les méthodes. L’évaluation UICN de référence retenait environ 5 700 individus matures à l’échelle mondiale ; ce chiffre, largement repris, est aujourd’hui dépassé par les seuls comptages tadjiks. La prudence s’impose donc sur tout chiffre global.

Comment célébrer la Journée internationale du markhor 🌍
Dans les institutions
- Conférences et expositions organisées par les agences onusiennes, au premier rang desquelles le PNUE, ainsi que par les secrétariats de la CITES et de la Convention sur la diversité biologique.
- Événements nationaux dans les six pays de l’aire de répartition, souvent adossés aux administrations de la faune sauvage.
- Publications scientifiques et rapports de suivi calés sur cette date pour maximiser leur visibilité.
Dans les parcs zoologiques
Les parcs animaliers européens sont des relais naturels de cette journée : animations pédagogiques devant les enclos, présentations de soigneurs, ateliers sur les programmes d’élevage. C’est souvent la seule occasion, pour un public francophone, d’observer l’animal de près.
Activités communautaires et éducatives
- Ateliers scolaires sur les écosystèmes de montagne et la chaîne alimentaire d’altitude.
- Coloriages et supports jeunesse diffusés par le Partenariat de la montagne, alliance onusienne dédiée aux milieux montagnards.
- Sorties naturalistes transposant la thématique aux ongulés de montagne européens : bouquetin des Alpes, chamois, isard.
Actions numériques
La journée s’accompagne d’une mobilisation en ligne, articulée autour de mots-clés tels que #InternationalDayOfTheMarkhor, #Markhor et #24May. Relayer des contenus produits par des sources primaires — agences onusiennes, groupes de spécialistes de l’UICN, parcs zoologiques — reste le geste le plus utile.
Comment participer à son échelle
- Soutenir une organisation engagée dans la conservation des ongulés de montagne.
- Visiter un parc zoologique impliqué dans le programme d’élevage européen de l’espèce.
- Se documenter sur les mécanismes de conservation communautaire, dont le markhor est le cas d’école le plus discuté.
- Relayer l’information : la notoriété de l’espèce reste très faible en Europe francophone.
Focus France : où voir un markhor et quel cadre juridique ?
Une seule sous-espèce présentée dans les parcs français
Les parcs zoologiques français qui présentent l’espèce élèvent tous le markhor de Boukhara (Capra falconeri heptneri), dans le cadre d’un programme d’élevage européen (EEP) coordonné par l’EAZA, l’association européenne des zoos et aquariums.
| Établissement | Localisation |
|---|---|
| Réserve zoologique de la Haute-Touche (MNHN) | Obterre, Indre |
| Ménagerie, zoo du Jardin des Plantes (MNHN) | Paris |
| Parc zoologique de Paris (MNHN) | Paris |
| Bioparc Zoo de Doué-la-Fontaine | Doué-en-Anjou, Maine-et-Loire |
| Parc animalier d’Auvergne | Ardes-sur-Couze, Puy-de-Dôme |
Les collections évoluant, une vérification auprès de l’établissement reste conseillée avant une visite.
Une contribution française à la reproduction assistée
La Réserve zoologique de la Haute-Touche, site du Muséum national d’Histoire naturelle, mène sur le markhor un programme de procréation médicalement assistée. Le principe : obtenir des embryons par fécondation in vitro, puis les implanter chez des chèvres domestiques porteuses, afin d’augmenter les effectifs captifs en vue d’éventuelles réintroductions. La reproduction du markhor de Boukhara en Europe constitue un enjeu de conservation reconnu, cette sous-espèce comptant parmi les plus fragiles.
Le cadre juridique applicable en France
En droit français, la CITES s’applique par l’intermédiaire du règlement (CE) n° 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996 et de son règlement d’application, le règlement (CE) n° 865/2006. Les espèces de l’annexe I de la CITES relèvent de l’annexe A de ce règlement, la catégorie la plus protectrice : leur utilisation commerciale et leur importation sont interdites, sauf dérogation.
Concrètement, l’importation d’un trophée de markhor suppose à la fois un certificat d’exportation délivré par le pays tiers et un permis d’importation délivré par l’État membre, en France via la plateforme i-CITES du ministère chargé de l’écologie, avec visa des douanes au point d’entrée dans l’Union.
Un débat parlementaire français inabouti
La France est régulièrement citée parmi les principaux importateurs européens de trophées de chasse. Selon les travaux repris par l’Assemblée nationale, 752 trophées appartenant à 36 espèces inscrites à la CITES ont été importés en France entre 2014 et 2018, plaçant le pays au sixième rang européen.
Une proposition de loi visant à interdire l’importation et l’exportation de trophées de chasse d’espèces protégées, portée par la députée Sandra Regol, a été adoptée en commission du développement durable le 24 janvier 2024. Le texte, dont le périmètre avait été recentré sur les annexes A et B du règlement européen — ce qui aurait englobé le markhor —, n’a pas été mené à son terme en séance publique. Le droit français demeure donc aligné sur le cadre européen.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 24 mai.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de la vie sauvage, Journée internationale de la diversité biologique.
Foire aux questions sur la Journée internationale du markhor
Quand a lieu la Journée internationale du markhor ? La Journée internationale du markhor a lieu chaque année le 24 mai. Il s’agit d’une date fixe, qui ne dépend d’aucun calcul calendaire, quel que soit le jour de la semaine.
Qui a créé la Journée internationale du markhor ? La Journée internationale du markhor a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, par la résolution A/RES/78/278 adoptée le 2 mai 2024. Le projet de résolution A/78/L.60 a été présenté par le Tadjikistan et adopté sans vote.
Qu’est-ce qu’un markhor ? Le markhor (Capra falconeri) est la plus grande espèce de chèvre sauvage du monde. Il vit entre 600 et 3 600 mètres d’altitude en Afghanistan, en Inde, au Pakistan, au Tadjikistan, au Turkménistan et en Ouzbékistan, et se reconnaît aux cornes spiralées des mâles, qui peuvent approcher 160 centimètres.
Le markhor est-il une espèce menacée ? Le markhor est classé « quasi menacé » (NT) sur la Liste rouge de l’UICN, après avoir figuré parmi les espèces « en danger » jusqu’en 2015. Il reste inscrit à l’annexe I de la CITES depuis 1992, et chacune de ses trois sous-espèces est considérée séparément comme en danger ou en danger critique d’extinction.
Pourquoi le markhor est-il l’animal national du Pakistan ? Le markhor est l’animal national du Pakistan depuis 1972. Ce choix tient à sa présence historique dans les massifs du nord et de l’ouest du pays, à sa silhouette immédiatement identifiable et à sa valeur de symbole de résistance en milieu hostile. Il figure aujourd’hui dans l’iconographie officielle de l’État.
Peut-on voir un markhor en France ? Il est possible de voir un markhor en France dans plusieurs parcs zoologiques, parmi lesquels la Réserve zoologique de la Haute-Touche, la Ménagerie du Jardin des Plantes, le Parc zoologique de Paris, le Bioparc de Doué-la-Fontaine et le Parc animalier d’Auvergne. Tous présentent la sous-espèce Capra falconeri heptneri, dans le cadre d’un programme d’élevage européen.
Une reconquête à consolider
Le markhor raconte une histoire rare en matière de biodiversité : celle d’une espèce que l’on croyait condamnée dans certaines vallées et dont les effectifs, quatre décennies plus tard, se comptent par milliers. Cette trajectoire ne doit rien au hasard, et tout à des dispositifs de long terme où des communautés de montagne ont trouvé un intérêt tangible à protéger un animal qu’elles chassaient auparavant sans limite.
Rien n’est acquis pour autant. Les sous-espèces restent fragiles, les habitats se réduisent, et le modèle économique qui a permis ce redressement fait l’objet de contestations légitimes. Le 24 mai est l’occasion de regarder ce cas d’école pour ce qu’il est : une réussite partielle, réversible, et riche d’enseignements pour toutes les espèces de montagne — y compris les nôtres.
