Chaque année, au cours de la dernière semaine d’avril, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires célèbrent la Semaine mondiale de la vaccination. Approuvée par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2012 par la résolution WHA65.18, cette campagne mondiale rappelle une réalité que les chiffres imposent : depuis 1974, la vaccination a permis de sauver au moins 154 millions de vies, soit l’équivalent de six vies chaque minute pendant cinquante ans.
La Semaine mondiale de la vaccination met l’accent sur la nécessité d’une action collective pour protéger les populations contre les maladies à prévention vaccinale. Son objectif est simple à énoncer et exigeant à atteindre : que chaque enfant et chaque adulte, partout, bénéficie des vaccins qui peuvent leur sauver la vie.
La Semaine mondiale de la vaccination en bref
| Élément | Détail |
|---|---|
| Dates | Dernière semaine d’avril (l’OMS retient dans la pratique les 24-30 avril) |
| Organisme | Organisation mondiale de la Santé (OMS) |
| Texte fondateur | Résolution WHA65.18 de l’Assemblée mondiale de la Santé (mai 2012) |
| Première édition mondiale | Avril 2012, dans plus de 180 États membres |
| Partenaires principaux | UNICEF, Gavi (l’Alliance du vaccin), Fondation Bill & Melinda Gates, Rotary International |
| Portée | Les six régions de l’OMS ; déclinaisons régionales (Semaine européenne, Semaine africaine, Semaine de la vaccination dans les Amériques) |
| Déclinaison française | Semaine européenne de la vaccination (SEV), coordonnée par le ministère chargé de la Santé et Santé publique France |
C’est quoi la vaccination ?
La vaccination consiste à administrer un agent — virus ou bactérie inactivé ou atténué, fragment d’agent pathogène, protéine, ou instruction génétique permettant à l’organisme de fabriquer cette protéine — afin d’entraîner le système immunitaire à reconnaître une maladie sans avoir à la subir. En cas de rencontre ultérieure avec l’agent réel, la réponse immunitaire est rapide et la maladie évitée ou fortement atténuée.
Deux niveaux de protection coexistent :
- La protection individuelle : la personne vaccinée est protégée contre la maladie, ou contre ses formes graves.
- L’immunité collective : au-delà d’un certain seuil de couverture vaccinale, la circulation de l’agent pathogène est freinée, ce qui protège indirectement les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées — nouveau-nés trop jeunes, personnes immunodéprimées, patients sous traitement anticancéreux ou greffés. Ce seuil varie selon la contagiosité de la maladie : il est d’environ 95 % pour la rougeole, l’une des maladies infectieuses les plus contagieuses connues.
C’est cette dimension collective qui explique qu’un déficit de couverture, même limité à quelques points, se traduise par des flambées épidémiques et par des décès chez des personnes vulnérables qui n’auraient jamais pu se protéger elles-mêmes.
Un peu d’histoire : de Jenner à l’ARN messager
L’histoire de la vaccination commence en 1796, lorsque le médecin britannique Edward Jenner inocule à un enfant du pus de vaccine — la variole de la vache — et démontre qu’il devient réfractaire à la variole humaine. Le mot « vaccin » vient de là.
C’est Louis Pasteur qui donne à la démarche son socle scientifique. Le 6 juillet 1885, il administre à Joseph Meister, un jeune garçon alsacien mordu par un chien enragé, le premier vaccin antirabique. L’enfant survit. Pasteur généralise alors le terme de « vaccin » à l’ensemble des préparations immunisantes, en hommage à Jenner.
Depuis, l’arsenal n’a cessé de s’élargir : vaccins vivants atténués, vaccins inactivés, vaccins sous-unitaires, vaccins conjugués, et plus récemment vaccins à ARN messager, développés à grande échelle lors de la pandémie de Covid-19.
Origine et histoire de la Semaine mondiale de la vaccination
Des semaines régionales à une campagne mondiale
La Semaine mondiale de la vaccination n’est pas née d’un seul texte : elle résulte de la convergence progressive d’initiatives régionales.
La première est lancée en 2003 dans les Amériques, à l’initiative de l’Organisation panaméricaine de la Santé, sous le nom de Semaine de la vaccination dans les Amériques. La Région européenne de l’OMS suit en 2005 avec la Semaine européenne de la vaccination. D’autres régions adoptent ensuite le même principe.
En avril 2012, pour la première fois, les six régions de l’OMS célèbrent simultanément une semaine de la vaccination : plus de 180 États membres y participent. Quelques semaines plus tard, en mai 2012, la 65ᵉ Assemblée mondiale de la Santé consacre l’événement par la résolution WHA65.18, qui demande au Directeur général de soutenir les États membres dans la mobilisation des ressources nécessaires à l’instauration durable de la Semaine mondiale de la vaccination, et d’encourager la société civile à s’y associer. La même Assemblée approuve le Plan d’action mondial pour les vaccins.
Repères chronologiques
| Année | Étape |
|---|---|
| 1796 | Edward Jenner démontre l’efficacité de l’inoculation de la vaccine contre la variole |
| 1885 | Louis Pasteur administre le premier vaccin antirabique à Joseph Meister |
| 1974 | L’Assemblée mondiale de la Santé crée le Programme élargi de vaccination (PEV) |
| 1980 | L’OMS déclare la variole éradiquée — seule maladie humaine éradiquée à ce jour |
| 1988 | Lancement de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (125 pays endémiques) |
| 2000 | Création de Gavi, l’Alliance du vaccin |
| 2003 | Première Semaine de la vaccination dans les Amériques (OPS) |
| 2005 | Première Semaine européenne de la vaccination (OMS Europe) |
| 2012 | Première célébration simultanée dans les six régions de l’OMS ; résolution WHA65.18 |
| 2020 | Adoption du Programme pour la vaccination à l’horizon 2030 (IA2030) |
| 2024 | 50 ans du PEV : une étude publiée dans The Lancet établit le bilan de 154 millions de vies sauvées |
Objectifs principaux de la Semaine mondiale de la vaccination
- Protéger davantage d’enfants et d’adultes contre les maladies à prévention vaccinale, dans toutes les tranches d’âge.
- Rappeler la nécessité d’une action collective : la vaccination n’est efficace à l’échelle d’une population que si la couverture est suffisante et équitablement répartie.
- Atteindre les enfants « zéro dose », ceux qui n’ont reçu aucun vaccin de la vaccination systématique, concentrés dans les zones de conflit, les communautés marginalisées et les pays fragiles.
- Soutenir les systèmes de santé : la vaccination est souvent le premier contact d’un enfant avec le système de soins, et donc une porte d’entrée vers l’ensemble des services de santé.
- Répondre à la désinformation et maintenir la confiance du public dans des outils dont l’efficacité est documentée depuis un demi-siècle.
Importance et impact : ce que la vaccination a changé
Un impact sanitaire mesuré
Publiée en 2024 dans The Lancet à l’occasion du cinquantenaire du Programme élargi de vaccination, l’analyse dirigée par l’OMS constitue l’évaluation la plus complète de l’impact sanitaire mondial de la vaccination systématique. Elle porte sur 14 maladies : diphtérie, Haemophilus influenzae de type b, hépatite B, encéphalite japonaise, rougeole, méningite A, coqueluche, infections invasives à pneumocoques, poliomyélite, rotavirus, rubéole, tétanos, tuberculose et fièvre jaune.
| Indicateur | Résultat (1974-2024) |
|---|---|
| Vies sauvées | Au moins 154 millions |
| Dont nourrissons | 101 millions |
| Vies sauvées par les vaccins à valence rougeole | Près de 94 millions |
| Années de vie préservées | Plus de 9 milliards |
| Accès aux 14 vaccins concernés | De 5 % à 84 % des nourrissons dans le monde |
| Équivalent | Environ six vies sauvées par minute |
Pour la seule Région africaine de l’OMS, le bilan est de 51,2 millions de vies sauvées sur la même période, avec près de 60 années de vie préservées pour chaque vie de nourrisson sauvée.
Deux maladies au bord de la disparition
La variole reste à ce jour la seule maladie humaine éradiquée : sa disparition a été déclarée en 1980, après une campagne de vaccination mondiale.
La poliomyélite s’en approche. Le nombre de pays où le poliovirus sauvage circule de façon endémique est passé de 125 en 1988 à deux aujourd’hui : l’Afghanistan et le Pakistan. Le poliovirus sauvage de type 2 a été déclaré éradiqué en 2015, le type 3 en 2019. La circulation de poliovirus dérivés de souches vaccinales dans plusieurs pays constitue le second front de cette éradication inachevée.
Une couverture vaccinale mondiale qui plafonne
Les estimations annuelles OMS/UNICEF de la couverture vaccinale nationale, publiées chaque été, donnent la mesure des progrès et des blocages.
| Indicateur (données 2025) | Valeur |
|---|---|
| Nourrissons ayant reçu au moins une dose de DTC | 90 % (environ 116 millions) |
| Nourrissons ayant reçu les trois doses de DTC (DTC3) | 85 % (environ 110 millions) |
| Écart avec le niveau de 2019 | −1 point |
| Enfants « zéro dose » | 13,5 millions (soit environ 750 000 de moins qu’un an plus tôt) |
| Nourrissons ayant reçu la 1ʳᵉ dose du vaccin antirougeoleux (MCV1) | 84 % |
| Nourrissons ayant reçu la 2ᵉ dose (MCV2) | 77 % |
| Seuil nécessaire pour prévenir les épidémies de rougeole | 95 % |
| Pays ayant connu une flambée de rougeole importante ou perturbatrice | 57 |
Le constat central est celui d’un plateau : la couverture mondiale progresse d’un point par an, reste inférieure aux niveaux d’avant la pandémie de Covid-19, et stagne globalement depuis 2009. Les abandons en cours de schéma vaccinal — 7,3 millions de nourrissons ayant reçu la première dose de DTC mais pas celle contre la rougeole — compensent en partie les gains obtenus sur les enfants « zéro dose ».
La vaccination à travers le monde : des réalités très inégales
Les pays fragiles concentrent les enfants non protégés
Les moyennes mondiales masquent des écarts considérables. Dans les pays touchés par les conflits, les déplacements de population et l’extrême pauvreté, le nombre d’enfants n’ayant reçu aucun vaccin a fortement augmenté : de 3,6 millions en 2019 à 5,4 millions en 2024 dans la moitié de ces pays. La vaccination y relève désormais autant de l’action humanitaire que de la santé publique de routine.
Dans la Région de la Méditerranée orientale, 90 % des enfants « zéro dose » sont concentrés dans cinq pays seulement — une illustration nette du caractère géographiquement circonscrit du problème.
Des progrès notables dans les pays soutenus par Gavi
Créée en 2000, Gavi fournit aujourd’hui des vaccins contre une vingtaine de maladies infectieuses dans 57 pays à faible revenu. Dans la Région africaine de l’OMS, la couverture DTC3 est revenue en 2024 à son niveau d’avant la pandémie (76 %), malgré une population en croissance qui impose de vacciner chaque année davantage d’enfants pour maintenir le même taux.
L’introduction du MenAfriVac contre le méningocoque A, à partir de 2010, illustre ce que peut produire un vaccin adapté et abordable : avant son déploiement, ce sérogroupe causait 80 % des épidémies de méningite dans la ceinture africaine ; fin 2024, 410 millions de personnes avaient été vaccinées.
Des vaccins encore trop peu déployés
Certains vaccins restent nettement en retrait des cibles fixées :
- Papillomavirus humains (HPV) : la couverture mondiale de la première dose chez les filles est passée de 27 % en 2023 à 31 % en 2024 — une progression réelle, mais très loin de l’objectif d’élimination du cancer du col de l’utérus.
- Fièvre jaune : 52 % de couverture dans les pays à risque, contre 80 % recommandés.
Les défis contemporains de la vaccination
Le retour de la rougeole
La rougeole est l’indicateur le plus sensible d’une faille de couverture vaccinale. Sa contagiosité exceptionnelle fait qu’un fléchissement de quelques points suffit à relancer la transmission. En 2025, 57 pays ont connu une flambée importante ou perturbatrice, et la couverture mondiale de la deuxième dose (77 %) reste très en deçà des 95 % nécessaires.
L’Europe n’est pas épargnée : les cas y augmentent de manière continue depuis 2023, et la France s’inscrit dans cette dynamique.
La désinformation et l’érosion de la confiance
L’OMS et l’UNICEF identifient explicitement la désinformation comme une menace pour la couverture vaccinale, au même titre que les conflits et la pauvreté. La difficulté est particulière : les maladies évitées par la vaccination ayant disparu de l’expérience de plusieurs générations, le bénéfice devient invisible tandis que les effets indésirables, même rares, restent visibles.
Le financement
La réduction de l’aide internationale au développement pèse directement sur les programmes de vaccination des pays les plus dépendants de financements extérieurs. La vaccination est pourtant l’une des interventions de santé publique dont le rapport coût-efficacité est le mieux documenté.
Atteindre les derniers non-vaccinés
Les enfants « zéro dose » ne sont pas répartis au hasard : ils vivent majoritairement dans des zones de conflit, des bidonvilles, des communautés nomades ou isolées. Les atteindre coûte plus cher, par enfant, que de vacciner les 85 % déjà couverts — et suppose des stratégies « d’aller vers » plutôt que l’attente passive dans les structures de soins.
Comment participer à la Semaine mondiale de la vaccination
Vérifier et mettre à jour son carnet de vaccination
C’est le geste le plus direct et le plus utile. La Semaine mondiale de la vaccination est l’occasion de :
- Ressortir son carnet de santé ou son carnet de vaccination et vérifier les rappels échus.
- Contrôler le statut vaccinal des adolescents et jeunes adultes, tranche d’âge où les rattrapages sont les plus souvent négligés.
- Vérifier la vaccination ROR pour les personnes nées après 1980 : deux doses sont recommandées.
- Consulter son médecin traitant, son pharmacien, sa sage-femme ou un centre de vaccination : les compétences vaccinales de ces professionnels ont été élargies ces dernières années.
S’informer à des sources fiables
- Le site de référence français vaccination-info-service.fr, géré par Santé publique France.
- Les pages campagne de l’OMS et les données de couverture vaccinale OMS/UNICEF.
- Le calendrier vaccinal en vigueur, publié chaque année par le ministère chargé de la Santé.
Relayer et mobiliser
- Les agences régionales de santé, les collectivités, les associations et les établissements scolaires organisent chaque année des actions locales : séances de vaccination sans rendez-vous, stands d’information, expositions.
- Les professionnels de santé et structures de prévention peuvent commander gratuitement les outils de campagne mis à disposition par Santé publique France.
- Sur les réseaux sociaux, les campagnes s’appuient sur des mots-dièse coordonnés par l’OMS et ses partenaires.
Focus France : où en est la couverture vaccinale ?
Une obligation vaccinale élargie
La France a profondément modifié son cadre réglementaire au 1ᵉʳ janvier 2018 : le nombre de vaccinations obligatoires chez le nourrisson est passé de trois (diphtérie, tétanos, poliomyélite) à onze, pour les enfants nés à compter de cette date.
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, ce socle a été renforcé face à l’augmentation des infections invasives à méningocoque : la vaccination contre les méningocoques ACWY remplace celle contre le seul méningocoque C, et la vaccination contre le méningocoque B, jusque-là fortement recommandée, devient obligatoire. L’Assurance Maladie recense désormais 13 vaccins obligatoires chez le nourrisson.
Des couvertures élevées chez le nourrisson
| Indicateur France (données 2025) | Couverture |
|---|---|
| Diphtérie, tétanos, poliomyélite, Hib, hépatite B, pneumocoque (24 mois) | Plus de 95 % |
| Méningocoque B, 1ʳᵉ dose | 96,8 % |
| Méningocoques ACWY, 1ʳᵉ dose à 8 mois | 88,2 % |
| ROR, 1ʳᵉ dose à 24 mois | 95,5 % (+4,6 points depuis 2018) |
| ROR, 2 doses | Inférieure à 95 % |
Le point de vigilance est identifié : la couverture à deux doses du ROR n’atteint pas le seuil de 95 %, quelle que soit la source de données utilisée — alors que ce seuil conditionne l’interruption de la circulation du virus.
Les angles morts : adolescents, jeunes adultes et seniors
| Indicateur France | Couverture |
|---|---|
| HPV, 1ʳᵉ dose, jeunes filles de 15 ans (2025) | 61,6 % (58,4 % en 2024) |
| HPV, 1ʳᵉ dose, jeunes garçons de 15 ans (2025) | 46,0 % (36,9 % en 2024) |
| Objectif national HPV à l’horizon 2030 | 80 % |
| Méningocoques ACWY, 11-14 ans (2025) | 17,1 % |
| Méningocoques ACWY, 15-24 ans (2025) | 7,9 % |
| Rappel DTP à 65 ans (données 2024) | 50 % |
| Rappel DTP à 75 ans (données 2024) | 44 % |
| Rappel DTP à 85 ans (données 2024) | 34 % |
La vaccination contre les papillomavirus progresse nettement depuis le lancement des campagnes en collège, particulièrement chez les garçons. À l’inverse, la couverture contre les méningocoques chez les adolescents et les jeunes adultes reste très faible, et les rappels DTP de l’adulte âgé sont insuffisamment réalisés.
La rougeole en France
La circulation du virus rougeoleux s’est réactivée à partir de 2024. Selon le bilan publié par Santé publique France en mai 2026, 873 cas ont été déclarés en 2025 contre 484 en 2024, soit une hausse d’environ 80 %. Plusieurs centaines de patients ont été hospitalisés et sept décès ont été rapportés.
Le profil des cas s’est déplacé : l’âge médian des cas déclarés en 2025 approche 17 ans. Les adolescents et jeunes adultes, ainsi que les adultes de 40 ans et plus, représentent une part importante des contaminations — or les formes graves sont plus fréquentes à l’âge adulte. Parmi les cas ciblés par la vaccination dont le statut était connu, environ deux tiers n’étaient pas ou incomplètement vaccinés.
La Semaine européenne de la vaccination, déclinaison française
En France, l’événement prend la forme de la Semaine européenne de la vaccination (SEV), créée en 2005 par le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe et organisée aujourd’hui dans près de 200 pays. Elle est coordonnée au niveau national par le ministère chargé de la Santé et Santé publique France, et pilotée en région par les agences régionales de santé (ARS).
Ses dates sont fixées par l’OMS et se situent généralement dans la dernière semaine d’avril, sans coïncider systématiquement avec les 24-30 avril retenus pour la Semaine mondiale : selon les années, la SEV peut déborder sur les premiers jours de mai. Un thème national est retenu chaque année, et les ARS peuvent y ajouter des priorités régionales.
L’adhésion vaccinale des Français
L’enquête du Baromètre de Santé publique France menée en 2024 montre un maintien de l’adhésion à un niveau élevé : plus de 80 % des adultes de 18 à 79 ans se déclarent favorables à la vaccination. L’adhésion est plus forte chez les jeunes et chez les seniors, ainsi que parmi les personnes les plus favorisées socio-économiquement. Chez les personnes défavorables, les réticences se concentrent sur le vaccin contre la Covid-19 (25 %), loin devant celui contre la grippe (7 %).
Foire aux questions sur la Semaine mondiale de la vaccination
Quand a lieu la Semaine mondiale de la vaccination ?
La Semaine mondiale de la vaccination a lieu chaque année au cours de la dernière semaine d’avril. Dans la pratique, l’OMS retient les dates du 24 au 30 avril pour ses éditions successives. En France, la déclinaison de l’événement — la Semaine européenne de la vaccination — se tient à des dates fixées par le Bureau européen de l’OMS, généralement la dernière semaine d’avril, parfois avec un débordement sur les premiers jours de mai.
Qui a créé la Semaine mondiale de la vaccination ?
La Semaine mondiale de la vaccination a été créée par l’Organisation mondiale de la Santé, qui l’a fait approuver par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2012 au moyen de la résolution WHA65.18. Elle prolonge des initiatives régionales antérieures : la Semaine de la vaccination dans les Amériques, lancée en 2003 par l’Organisation panaméricaine de la Santé, et la Semaine européenne de la vaccination, créée en 2005. Avril 2012 marque la première célébration simultanée dans les six régions de l’OMS, avec plus de 180 États membres participants.
Quelle est la différence entre la Semaine mondiale et la Semaine européenne de la vaccination ?
La différence entre la Semaine mondiale et la Semaine européenne de la vaccination tient à leur périmètre et à leur pilotage. La Semaine mondiale est portée par l’OMS à l’échelle des six régions et fait l’objet d’un thème global. La Semaine européenne, créée en 2005 par le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe, en est la déclinaison régionale ; c’est sous ce nom que la campagne est organisée en France, coordonnée par le ministère chargé de la Santé et Santé publique France et relayée en région par les ARS, avec un thème national propre. Les deux événements se déroulent à des dates voisines, sans toujours se superposer exactement.
Combien de vies la vaccination a-t-elle sauvées ?
La vaccination a sauvé au moins 154 millions de vies entre 1974 et 2024, selon l’analyse dirigée par l’OMS et publiée dans The Lancet en 2024 — soit l’équivalent de six vies par minute sur cinquante ans. Sur ce total, 101 millions étaient des nourrissons, et près de 94 millions de vies ont été sauvées grâce aux seuls vaccins à valence rougeole. L’étude, portant sur 14 maladies, estime également à plus de 9 milliards le nombre d’années de vie préservées.
Quels vaccins sont obligatoires en France ?
Les vaccins obligatoires en France concernent les nourrissons nés à compter du 1ᵉʳ janvier 2018 : diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, Haemophilus influenzae de type b, hépatite B, pneumocoque, méningocoque, rougeole, oreillons et rubéole. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques ACWY remplace celle contre le seul méningocoque C et la vaccination contre le méningocoque B est devenue obligatoire, portant à 13 le nombre de vaccins obligatoires recensés par l’Assurance Maladie. La vaccination contre la fièvre jaune est par ailleurs obligatoire pour les résidents de Guyane française, et certaines vaccinations le sont en milieu professionnel.
Qu’est-ce qu’un enfant « zéro dose » ?
Un enfant « zéro dose » est un enfant qui n’a reçu aucun vaccin de la vaccination systématique au cours de sa première année de vie. Opérationnellement, l’OMS et l’UNICEF le définissent comme un enfant n’ayant pas reçu la première dose du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC1). On en comptait environ 13,5 millions dans le monde en 2025. Ces enfants sont concentrés dans les zones de conflit, les communautés marginalisées et les pays fragiles, ce qui en fait à la fois l’indicateur le plus révélateur des inégalités d’accès aux soins et la cible prioritaire des programmes internationaux.
Un carnet à ouvrir
La Semaine mondiale de la vaccination ne demande pas grand-chose : ouvrir un carnet, vérifier une date, prendre un rendez-vous. C’est peu au regard de ce que ce geste a produit — 154 millions de vies sauvées en cinquante ans — et de ce qu’il continue de protéger, y compris chez ceux qui ne peuvent pas se protéger eux-mêmes.
Les 13,5 millions d’enfants qui n’ont encore reçu aucun vaccin rappellent que rien n’est acquis, pas plus que le retour de la rougeole en France et en Europe. La dernière semaine d’avril est le moment choisi pour s’en souvenir. Et pour vérifier ses rappels.
Sources
- Organisation mondiale de la Santé — Semaine mondiale de la vaccination (page de campagne)
- Résolution WHA65.18 de l’Assemblée mondiale de la Santé (mai 2012)
- OMS/UNICEF — Estimations annuelles de la couverture vaccinale nationale, publiées le 15 juillet 2026 (données 2025)
- OMS — Aide-mémoire « Couverture vaccinale »
- OMS — « Les actions mondiales en faveur de la vaccination ont permis de sauver au moins 154 millions de vies au cours des 50 dernières années » (24 avril 2024), et étude associée publiée dans The Lancet
- OMS Afrique — Bilan régional du Programme élargi de vaccination
- Santé publique France — Vaccination des enfants, adolescents et jeunes adultes en France. Bilan de la couverture vaccinale en 2025 (27 avril 2026)
- Santé publique France — Vaccination en France. Bilan de la couverture vaccinale en 2024 (28 avril 2025)
- Santé publique France — Bulletins et bilans rougeole ; page Semaine européenne de la vaccination ; Baromètre 2024 (adhésion vaccinale)
- Santé publique France — Données poliomyélite
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Les vaccins obligatoires chez le nourrisson
- Gavi, l’Alliance du vaccin — Estimations de couverture vaccinale et bilan du cinquantenaire du PEV
- UNICEF — Communiqués conjoints OMS/UNICEF sur la couverture vaccinale
Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 24 avril. La semaine se déroule chaque année du 24 au 30 avril.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de la santé, Journée mondiale de lutte contre la tuberculose.
