29 avril : Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre

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Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre — Fleurs blanches posées sur des pierres près d’un mur fissuré.

Chaque 29 avril, la communauté internationale observe la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2025, cette journée honore les millions de personnes qui ont perdu la vie ou tout perdu lors d’un séisme, et rappelle une vérité simple : on ne peut pas empêcher la terre de trembler, mais on peut empêcher les bâtiments de s’effondrer.

Portée par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), cette observance s’inscrit dans le prolongement du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe. Elle articule deux dimensions indissociables : le souvenir des victimes et l’action préventive.

Élément Détail
Date 29 avril, chaque année
Intitulé officiel Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre
Résolution A/RES/79/285, adoptée le 29 avril 2025
Projet de résolution A/79/L.76, présenté par le Chili, l’Ouzbékistan et les Philippines
Organisme facilitateur UNDRR (Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe)
Première édition 29 avril 2026
Cadre de référence Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030
Hashtags #EarthquakeDay, #BuildingResilience

C’est quoi un tremblement de terre ?

Un tremblement de terre, ou séisme, est une libération brutale d’énergie accumulée dans la croûte terrestre. Sous l’effet du déplacement lent des plaques tectoniques, les roches se déforment jusqu’à rompre le long d’une faille. La rupture propage des ondes élastiques qui font vibrer le sol en surface.

Le point de rupture en profondeur s’appelle le foyer (ou hypocentre) ; sa projection verticale à la surface est l’épicentre. Plus le foyer est superficiel, plus les dégâts en surface sont concentrés et sévères — c’est ce qui explique qu’un séisme de magnitude modérée puisse être dévastateur.

Magnitude et intensité : deux notions distinctes

La confusion entre ces deux grandeurs est fréquente, alors qu’elles ne mesurent pas la même chose.

Notion Ce qu’elle mesure Échelle Nature
Magnitude L’énergie libérée au foyer Magnitude de moment (Mw), échelle de Richter historiquement Une seule valeur par séisme
Intensité Les effets ressentis et les dégâts observés en un lieu donné EMS-98 en Europe (degrés I à XII) Variable selon la distance et le sol

Un même séisme a donc une magnitude mais autant d’intensités que de localités touchées. C’est l’intensité, et non la magnitude, qui décrit le vécu des populations.

Les effets en cascade

Les séismes ne se limitent pas à l’ébranlement du sol. Ils peuvent déclencher des tsunamis, des glissements de terrain, des incendies et des liquéfactions de sol. Ils endommagent durablement le logement, la santé, l’éducation et les moyens de subsistance des populations touchées, bien au-delà des secondes de secousse.


Origine et histoire de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre

Création de la journée

Le 29 avril 2025, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution A/RES/79/285, proclamant le 29 avril « Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre », célébrée chaque année.

Le projet de résolution (A/79/L.76, daté du 11 avril 2025) avait été présenté par trois États particulièrement exposés au risque sismique : le Chili, l’Ouzbékistan et les Philippines. La démarche a été portée de longue date par l’Ouzbékistan, dont la capitale Tachkent fut ravagée par le séisme du 26 avril 1966.

La résolution invite le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR) à faciliter la célébration de la journée, et précise que toutes les activités qui en découlent sont financées par des contributions volontaires.

Le choix de la date

Le texte de la résolution n’énonce pas explicitement les raisons du choix du 29 avril : la date correspond au jour de l’adoption du texte par l’Assemblée générale. Elle se situe par ailleurs à quelques jours de l’anniversaire du séisme de Tachkent de 1966, événement fondateur de l’engagement ouzbek sur ce dossier. Les premières commémorations officielles ont d’ailleurs associé une cérémonie au Monument du Courage de Tachkent, érigé en mémoire de cette catastrophe.

Une filiation onusienne ancienne

La résolution de 2025 rappelle explicitement que la résolution 1753 (XVII) du 5 octobre 1962 constitue la toute première résolution de l’Assemblée générale marquant la solidarité internationale, puisqu’elle prévoyait des mesures pratiques d’assistance internationale aux victimes de séismes. La Journée internationale s’inscrit donc dans une continuité de plus de soixante ans.

Année Étape
1962 Résolution 1753 (XVII) : première résolution de l’AG consacrée à l’assistance aux victimes de séismes
1966 Séisme de Tachkent (Ouzbékistan, alors URSS), 26 avril
1991 Résolution 46/182 sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence
2002 Résolution 57/150 sur le renforcement de l’efficacité des opérations internationales de recherche et de sauvetage en milieu urbain
2015 Adoption du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030) et du Programme 2030
11 avril 2025 Dépôt du projet de résolution A/79/L.76 (Chili, Ouzbékistan, Philippines)
29 avril 2025 Adoption de la résolution A/RES/79/285
29 avril 2026 Première célébration de la Journée internationale

Objectifs principaux de la journée

  • Honorer la mémoire des victimes : rendre hommage aux personnes disparues et soutenir les rescapés et les communautés endeuillées.
  • Comprendre le risque : diffuser la connaissance de l’aléa sismique, de l’exposition et de la vulnérabilité, conformément à la première priorité du Cadre de Sendai.
  • Renforcer la prévention : promouvoir des codes de construction robustes, leur application effective et le confortement du bâti existant.
  • Améliorer la préparation : développer les systèmes d’alerte, les exercices d’évacuation en milieu scolaire et professionnel, et les capacités de recherche et de sauvetage.
  • Reconstruire en mieux : intégrer la réduction des risques dans les phases de relèvement, de remise en état et de reconstruction, sans laisser personne de côté.

Importance et impact : pourquoi cette journée compte

Un bilan humain considérable

Les tremblements de terre figurent parmi les aléas naturels les plus meurtriers. Ils frappent le plus souvent sans avertissement, de nuit comme de jour, et provoquent des pertes humaines massives en quelques dizaines de secondes.

Selon les Nations unies, depuis 1900, au moins douze séismes majeurs ont fait chacun plus de 50 000 morts. À l’échelle de l’histoire documentée, les bilans les plus lourds atteignent des ordres de grandeur difficiles à concevoir.

Séisme Date Bilan estimé
Shaanxi (Chine) 23 janvier 1556 Environ 830 000 morts (estimation incluant les effets indirects)
Tangshan (Chine) 28 juillet 1976 242 000 morts (bilan officiel), estimations supérieures selon les historiens
Sumatra-Andaman et tsunami de l’océan Indien 26 décembre 2004 Plus de 220 000 morts dans une dizaine de pays
Haïti 12 janvier 2010 Plus de 200 000 morts (estimations très variables selon les sources)
Turquie et Syrie 6 février 2023 Près de 60 000 morts (53 537 en Turquie, environ 6 000 en Syrie)
Birmanie (Myanmar) 28 mars 2025 Plusieurs milliers de morts, bilans provisoires successifs
Afghanistan (province de Kounar) 31 août 2025 Environ 2 200 morts (bilan provisoire du 4 septembre 2025)

Ces chiffres appellent une lecture prudente : les bilans de séismes historiques reposent sur des estimations, et ceux des catastrophes récentes ont fait l’objet de révisions successives.

Un poids économique majeur

Les séismes représentent plus d’un quart des pertes mondiales liées aux catastrophes et ont causé des milliers de milliards de dollars de dégâts au cours des dernières décennies, selon les Nations unies. Ces pertes touchent en priorité les pays en développement, où la reconstruction absorbe des ressources qui auraient pu financer le développement.

L’argument économique en faveur de la prévention est pourtant robuste. Les Nations unies rappellent l’estimation de la Banque mondiale selon laquelle rendre les infrastructures plus résilientes coûte environ 3 % de plus à la construction, mais rapporte 4 dollars pour chaque dollar investi grâce aux dommages et interruptions évités.

Une dimension sociale et psychologique durable

La résolution A/RES/79/285 insiste sur un point souvent négligé : les séismes ont des répercussions à long terme sur les rescapés et les populations touchées. Un soutien psychosocial, une planification inclusive du relèvement et des efforts de reconstruction durables sont jugés essentiels au bien-être des personnes les plus affectées.

Les déplacements de population constituent l’autre conséquence lourde. Le texte onusien appelle explicitement à des politiques et des investissements « tenant compte des risques » afin de réduire les risques de déplacement consécutifs aux séismes.


Un risque inégalement réparti à travers le monde

Les grandes zones sismiques

L’activité sismique n’est pas répartie au hasard : elle se concentre le long des frontières de plaques tectoniques.

  • La ceinture de feu du Pacifique : de la Nouvelle-Zélande au Chili en passant par le Japon, les Philippines, l’Indonésie, l’Alaska et la côte ouest des Amériques. Elle concentre l’essentiel des séismes de forte magnitude.
  • La ceinture alpine-himalayenne : du bassin méditerranéen à l’Asie du Sud-Est, via la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan et l’Himalaya. C’est la zone qui affecte l’Europe méridionale.
  • Les dorsales océaniques : sismicité fréquente mais généralement modérée et éloignée des populations.
  • Les zones de subduction insulaires, comme l’arc des Petites Antilles, où la plaque atlantique plonge sous la plaque caraïbe.

Des vulnérabilités très différentes

À magnitude comparable, les conséquences varient énormément d’un pays à l’autre. Les Nations unies identifient les facteurs qui aggravent le risque : urbanisation rapide en zone sismique, infrastructures vieillissantes ou fragiles, pauvreté et inégalités, et surtout application défaillante des règles de construction parasismique.

C’est la raison pour laquelle un séisme de magnitude 7 peut faire quelques dizaines de victimes dans un pays doté d’un bâti conforme et des centaines de milliers ailleurs. La catastrophe n’est jamais purement naturelle : elle résulte de la rencontre entre un aléa et une vulnérabilité construite.


Les défis contemporains de la prévention sismique

L’impossibilité de la prédiction

Aucune méthode scientifique ne permet aujourd’hui de prévoir le jour et l’heure d’un séisme. Les sismologues savent identifier les zones à risque et estimer des probabilités d’occurrence sur plusieurs décennies, mais pas annoncer un événement à court terme. Cette incertitude irréductible déplace tout l’effort vers la préparation permanente plutôt que vers l’alerte.

Les systèmes d’alerte précoce sismique existants ne prédisent pas les séismes : ils détectent les premières ondes et transmettent l’information quelques secondes avant l’arrivée des ondes destructrices, ce qui suffit à stopper des trains, fermer des vannes ou déclencher un réflexe de mise à l’abri.

Le poids du bâti existant

Construire parasismique est relativement accessible ; renforcer l’existant l’est beaucoup moins. Le confortement d’un bâtiment ancien coûte cher, immobilise le bâtiment et se heurte à des questions de propriété, de financement et parfois de patrimoine. Or, c’est l’immense majorité du parc immobilier mondial qui a été bâtie avant l’entrée en vigueur des normes actuelles.

L’oubli entre deux catastrophes

Un séisme majeur mobilise l’attention et les budgets pendant quelques mois. Puis la mémoire du risque s’estompe, alors que la période de retour d’un événement destructeur peut dépasser plusieurs générations dans certaines régions. Entretenir une culture du risque durable, y compris là où rien ne s’est produit depuis un siècle, constitue l’un des défis centraux que la Journée internationale entend précisément relever.

Le risque NaTech

Un séisme survenant à proximité d’un site industriel dangereux peut déclencher un accident technologique en cascade — incendie, fuite toxique, pollution. Ce couplage naturel-technologique, dit NaTech, complique considérablement la gestion de crise et impose une prise en compte du risque sismique dans la conception même des installations à risque.


Comment participer à la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre

Actions institutionnelles et officielles

  • Cérémonies commémoratives et dépôts de gerbe sur les lieux de mémoire des grandes catastrophes.
  • Exercices d’évacuation et de mise à l’abri organisés dans les administrations, les écoles et les entreprises.
  • Colloques scientifiques et rencontres entre ingénieurs, sismologues, urbanistes et gestionnaires de crise.
  • Annonces d’engagements financiers en faveur du confortement des infrastructures critiques.

Actions dans les établissements scolaires

  • Ateliers pédagogiques sur la tectonique des plaques et la mesure des séismes.
  • Apprentissage et répétition du geste réflexe : se baisser, s’abriter, s’agripper.
  • Localisation, avec les élèves, des points de rassemblement et des issues de l’établissement.
  • Travail sur les récits de rescapés et sur la mémoire des catastrophes passées.

Actions individuelles et familiales

  • Vérifier la zone de sismicité de sa commune et les consignes locales applicables.
  • Constituer ou renouveler un kit d’urgence : eau, aliments non périssables, lampe, radio à piles, trousse de secours, copies des papiers, chargeur.
  • Fixer au mur les meubles hauts, sécuriser les objets lourds en hauteur et les chauffe-eau.
  • Définir un point de ralliement familial et un contact hors zone à joindre en cas de séparation.

Actions numériques

Les partenaires de l’UNDRR relaient chaque année des messages autour du mot d’ordre « Remember. Protect. Build Disaster Resilience. » (Se souvenir, protéger, construire la résilience), avec les mots-clés #EarthquakeDay et #BuildingResilience. L’objectif affiché est de garder le risque visible même lorsque la catastrophe paraît lointaine.


La France face au risque sismique

Contrairement à une idée reçue, la France n’est pas à l’abri des tremblements de terre. Comparée à la Turquie, à la Grèce, à l’Italie, à la Roumanie ou à l’Algérie, la France métropolitaine est soumise à un risque sismique modéré, mais réel — et ses territoires antillais figurent parmi les plus exposés d’Europe.

Le zonage sismique français

Depuis le 1er mai 2011, à la suite des décrets n° 2010-1254 et n° 2010-1255 et de l’arrêté du 22 octobre 2010, le territoire français est découpé en cinq zones de sismicité, sur une base probabiliste harmonisée avec les règles européennes (Eurocode 8).

Zone de sismicité Communes Population Part de la population
1 — Très faible 14 746 26 784 649 40,1 %
2 — Faible 11 175 22 120 876 33,1 %
3 — Modérée 7 022 13 310 551 19,9 %
4 — Moyenne 1 951 3 804 191 5,7 %
5 — Forte 68 808 142 1,2 %

Sources : zonage sismique 2011 ; Insee 2019 ; traitements SDES. Champ : France, y compris Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Les zones de sismicité moyenne (4) concernent le massif alpin, les Pyrénées et le fossé rhénan — Nice, Gap, Lourdes ou Mulhouse comptent parmi les villes métropolitaines les plus exposées. Trois départements rassemblent plus de la moitié des habitants en zone 4 : la Haute-Savoie (près de 20 %), les Alpes-Maritimes et l’Isère (un peu moins de 18 % chacun). Les bassins parisien et aquitain sont quasiment exempts de risque sismique.

Les séismes les plus destructeurs recensés en France

Date Lieu Bilan et effets
11 janvier 1839 Martinique 261 victimes, Fort-de-France détruite
8 février 1843 Guadeloupe Plus de 3 000 victimes, Pointe-à-Pitre détruite
11 juin 1909 Lambesc (Bouches-du-Rhône) 46 morts, 250 blessés, 1 500 constructions effondrées
11 novembre 2019 Le Teil (Ardèche) Magnitude de moment 4,8, 17 blessés, 3 000 sinistrés, 41 communes en catastrophe naturelle
16 juin 2023 La Laigne (Charente-Maritime) Magnitude de moment 4,8 à 4,9, intensité épicentrale VII

Le séisme de Lambesc, en 1909, reste le plus meurtrier survenu en France métropolitaine au XXe siècle. Celui du Teil, en 2019, est le plus destructeur des cinquante dernières années : foyer extrêmement superficiel (moins de 1 à 2 km de profondeur), environ 12 M€ de dommages sur les biens communaux et 200 M€ sur les biens privés, 850 arrêtés d’interdiction d’accès à des bâtiments privés, deux mois de gestion de crise. Fait notable, Le Teil se situe en zone de sismicité modérée (3).

Ce que disent les statistiques

Entre 1962 et 2020, un peu plus de 47 800 séismes ont été enregistrés en France métropolitaine. Leur magnitude est inférieure à 3 pour 98,8 % d’entre eux ; seuls 36 séismes ont dépassé la magnitude 4. Un seul séisme de magnitude 6 a été enregistré, en 1963, en mer Méditerranée.

L’inventaire de sismicité historique recense 5 866 séismes ressentis entre 801 et 2007, dont 5 731 en France métropolitaine, 111 aux Antilles et 24 à La Réunion. Parmi les séismes métropolitains d’intensité renseignée, moins de 0,3 % dépassent l’intensité VIII, et presque tous sont survenus dans les régions frontalières.

Entre 1982 et 2022, 782 arrêtés de catastrophe naturelle de type « secousse sismique » ou « séisme » ont été reconnus, portant sur 668 communes. Sur la période 1995-2019, les indemnisations versées au titre des dommages assurés liés aux séismes s’élèvent à 560 M€ (valeur 2022), dont 403 M€ en métropole et 157 M€ outre-mer.

Les Antilles, seul territoire français en zone de sismicité forte

La Guadeloupe et la Martinique, ainsi que Saint-Martin et Saint-Barthélemy, sont les seuls territoires français classés intégralement en zone 5 (aléa fort) : 68 communes, un peu plus de 800 000 habitants. Leur position à la frontière entre les plaques nord-américaine, sud-américaine et caraïbe, et le phénomène de subduction sous l’arc des Petites Antilles, y rendent possibles des séismes de forte magnitude.

Entre 2014 et 2019, le territoire antillais a enregistré près de 4 600 séismes, soit 40 % de l’ensemble des séismes de la zone Caraïbe sur cette période. Leur magnitude reste inférieure à 3 dans 99,7 % des cas.

Lancé en 2007, le Plan séisme Antilles (PSA) vise à réduire la vulnérabilité du bâti et des populations. Sa troisième phase (PSA3, 2021-2027) a été adoptée le 22 avril 2021. Elle prévoit au moins 1 milliard d’euros d’opérations sur le bâti public, dont 600 millions déjà financés, notamment via le fonds Barnier (fonds de prévention des risques naturels majeurs). Le coût de mise en sécurité du bâti privé est, lui, estimé entre 5 et 6 milliards d’euros. Les ménages et les entreprises de moins de vingt salariés peuvent bénéficier d’un financement à hauteur de 80 % des travaux de réduction de la vulnérabilité. Objectif affiché pour fin 2027 : environ 60 % des élèves scolarisés dans des écoles confortées et 80 % des logements sociaux renforcés.

Surveillance et acteurs français

  • BCSF-RéNaSS (Bureau central sismologique français et Réseau national de surveillance sismique), basé à Strasbourg : localisation des séismes métropolitains et collecte des témoignages d’intensité macrosismique.
  • CEA/LDG : détection et alerte sismique en temps réel.
  • Épos-France (anciennement Résif) : infrastructure de recherche mutualisant les réseaux d’observation.
  • IPGP et ses observatoires volcanologiques et sismologiques : OVSG en Guadeloupe, OVSM en Martinique, observatoire du Piton de la Fournaise à La Réunion.
  • BRGM : cartographie de l’aléa, base SisFrance de sismicité historique.
  • AFPS (Association française du génie parasismique) : expertise en construction parasismique.
  • Géorisques (portail du ministère de la Transition écologique) : consultation du classement sismique commune par commune.

Le zonage sismique figure obligatoirement dans l’état des risques annexé à toute vente ou location immobilière. En zone 1, aucune règle parasismique n’est imposée ; en zone 2, les maisons individuelles et petits bâtiments en sont dispensés ; les zones 3 à 5 imposent des dispositions constructives croissantes selon la catégorie d’importance du bâtiment.

Les bons réflexes en cas de séisme

Pendant la secousse : – À l’intérieur, se mettre au sol sous une table solide, se protéger la tête et s’agripper. Ne pas sortir pendant les secousses. – À l’extérieur, s’éloigner des bâtiments, des façades, des lignes électriques et des arbres. – En voiture, s’arrêter à distance des ponts et des ouvrages, rester dans le véhicule.

Après la secousse : – Évacuer calmement dès que possible, sans utiliser les ascenseurs. – Couper le gaz et l’électricité si l’on soupçonne une fuite ou un dommage. – Se méfier des répliques, souvent nombreuses dans les heures et les jours qui suivent. – Ne pas encombrer les réseaux téléphoniques ; privilégier les SMS et écouter la radio. – Ne pas retourner dans un bâtiment endommagé avant l’autorisation des autorités.


Foire aux questions

Pourquoi la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre a-t-elle lieu le 29 avril ?

La Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre a lieu le 29 avril parce que c’est ce jour, en 2025, que l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution A/RES/79/285 la proclamant. La résolution elle-même ne motive pas explicitement le choix du calendrier. La date se situe par ailleurs à quelques jours de l’anniversaire du séisme de Tachkent du 26 avril 1966, catastrophe fondatrice de l’engagement de l’Ouzbékistan, l’un des trois États à l’origine du texte avec le Chili et les Philippines.

Qui a créé la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre ?

La Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies. Le projet de résolution A/79/L.76 a été déposé le 11 avril 2025 par le Chili, l’Ouzbékistan et les Philippines, trois pays fortement exposés au risque sismique, avant son adoption le 29 avril 2025 sous la référence A/RES/79/285. La résolution confie au Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR) le soin de faciliter la célébration de cette journée.

La France est-elle concernée par le risque sismique ?

Oui, la France est concernée par le risque sismique, à des degrés très variables selon les territoires. Le zonage réglementaire entré en vigueur le 1er mai 2011 classe le territoire en cinq zones : environ 5,7 % de la population vit en zone d’aléa moyen (Alpes, Pyrénées, fossé rhénan) et 1,2 % en zone d’aléa fort, exclusivement aux Antilles. Le séisme du Teil, en Ardèche, le 11 novembre 2019, est venu rappeler qu’une zone classée en aléa seulement modéré pouvait subir des dommages considérables.

Quel est le séisme le plus meurtrier de l’histoire ?

Le séisme le plus meurtrier de l’histoire documentée est celui du Shaanxi, en Chine, survenu le 23 janvier 1556, avec un bilan estimé autour de 830 000 morts en incluant les glissements de terrain, les incendies et les famines qui l’ont suivi. Au XXe siècle, le séisme de Tangshan (Chine, 28 juillet 1976) affiche un bilan officiel de 242 000 morts, que plusieurs historiens estiment sensiblement supérieur. Ces chiffres restent des estimations, la reconstitution des bilans anciens étant par nature incertaine.

Peut-on prévoir un tremblement de terre ?

Non, on ne peut pas prévoir un tremblement de terre. Les sismologues savent délimiter les zones à risque et calculer des probabilités d’occurrence sur des échelles de plusieurs décennies, mais aucune méthode ne permet d’annoncer la date, l’heure et la magnitude d’un séisme à venir. C’est précisément cette impossibilité qui justifie l’effort permanent de prévention : construire parasismique, conforter le bâti existant et entraîner les populations. Les systèmes d’alerte précoce, eux, ne prédisent rien : ils exploitent le délai de quelques secondes entre les premières ondes détectées et l’arrivée des ondes destructrices.

Que faire pendant un tremblement de terre ?

Pendant un tremblement de terre, la consigne internationale est de se baisser, s’abriter et s’agripper : se mettre au sol sous un meuble solide, protéger sa tête et sa nuque, et s’accrocher jusqu’à la fin des secousses. Il ne faut pas tenter de sortir pendant la secousse ni utiliser les ascenseurs. À l’extérieur, il convient de s’éloigner des façades, des lignes électriques et des arbres. Une fois la secousse terminée, on évacue calmement, on coupe le gaz en cas de doute, et on reste vigilant face aux répliques.


Se souvenir, protéger, construire

Les tremblements de terre ne se négocient pas. Ils ne préviennent pas, ne se prédisent pas et ne connaissent ni frontières ni statut social. Mais ce qu’ils détruisent, ce sont des bâtiments que des humains ont conçus, des villes que des humains ont planifiées, des normes que des humains ont écrites — ou négligé d’appliquer. C’est là, exactement, que se joue la différence entre une secousse et une catastrophe.

Le 29 avril, la mémoire des victimes n’est pas une simple commémoration : elle est un argument. Chaque nom rappelle qu’un mur mal ferraillé, un plancher mal ancré, une école non confortée ont un coût mesurable en vies humaines. Et que trois pour cent de plus à la construction valent quatre fois leur prix.

Vérifiez la zone sismique de votre commune. Fixez vos meubles. Préparez votre kit. Parlez-en autour de vous. Se souvenir des victimes des tremblements de terre, c’est d’abord faire en sorte qu’il y en ait moins demain.

Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 29 avril.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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