25 mars : Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus

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Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus — Gilet bleu uni plié et radio portable sans marque sur une table d’un bureau humanitaire.

Chaque année, le 25 mars, les Nations Unies observent la Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus. Cette commémoration rend hommage aux fonctionnaires internationaux, aux Casques bleus et aux travailleurs humanitaires arrêtés, détenus, enlevés ou disparus dans l’exercice de leurs fonctions. La date n’a rien d’arbitraire : elle marque l’anniversaire de l’enlèvement, le 25 mars 1985 près de l’aéroport de Beyrouth, du journaliste britannique Alec Collett, alors en mission pour l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus — Bureau de coordination humanitaire vide avec dossiers fermés et matériel neutre.

Contrairement à la plupart des journées internationales, celle-ci n’a pas été créée par une résolution de l’Assemblée générale. Elle est née d’une initiative du personnel lui-même, portée par le Syndicat du personnel de l’ONU. Cette particularité en fait une journée de revendication autant que de mémoire.

Élément Information
Nom officiel (français) Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus
Nom officiel (anglais) International Day of Solidarity with Detained and Missing Staff Members
Date 25 mars (date fixe)
Première observance 1986
À l’initiative de Comité permanent pour la sécurité et l’indépendance de la fonction publique internationale, du Syndicat du personnel de l’ONU
Origine de la date Enlèvement d’Alec Collett (UNRWA), le 25 mars 1985
Statut Observance des Nations Unies, sans résolution fondatrice de l’Assemblée générale
Textes juridiques de référence Convention de 1946 sur les privilèges et immunités ; Convention de 1994 (A/RES/49/59) ; Protocole facultatif de 2005 (A/RES/60/42) ; résolution 2730 (2024) du Conseil de sécurité
Thème annuel Aucun

Qu’est-ce que la Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus ?

Il s’agit d’une journée de commémoration et de mobilisation consacrée à une catégorie de victimes rarement visible : les agents des organisations internationales privés de liberté en raison de leur travail. La Journée poursuit trois fonctions simultanées : honorer la mémoire des disparus, exiger la libération des personnes encore détenues, et rappeler aux États leurs obligations juridiques en matière de protection.

Qui sont les personnels concernés ?

Le périmètre est large et dépasse le seul Secrétariat des Nations Unies :

  • Le personnel civil des Nations Unies : agents du Secrétariat, des fonds, programmes et institutions spécialisées (UNRWA, PAM, UNICEF, OMS, PNUD, HCR, UNOPS, etc.), recrutés sur le plan international ou local.
  • Les personnels en uniforme : militaires, policiers et observateurs déployés dans les opérations de maintien de la paix.
  • Le personnel associé : agents d’organisations non gouvernementales, de la société civile ou d’entreprises sous contrat, travaillant aux côtés de l’ONU.
  • Les journalistes : le message annuel associe explicitement les professionnels de la presse à la commémoration, en raison de l’origine du cas Collett.

Détention, enlèvement, disparition : de quoi parle-t-on ?

Le vocabulaire recouvre des situations juridiquement distinctes, que l’ONU distingue dans ses statistiques :

  • L’arrestation et la détention par les autorités d’un État ou une entité de facto, souvent sans motif communiqué à l’Organisation, en violation des immunités reconnues par la Convention de 1946.
  • L’enlèvement et la prise d’otage par des acteurs armés non étatiques, à des fins politiques, de pression ou de rançon.
  • La disparition, lorsque le sort de l’agent reste indéterminé, parfois pendant des décennies.

Cette distinction n’est pas théorique : selon les périodes, l’un ou l’autre phénomène domine, ce qui appelle des réponses diplomatiques et opérationnelles différentes.

Origine et histoire de la Journée du 25 mars

L’enlèvement d’Alec Collett, 25 mars 1985

Ancien journaliste, Alec Collett avait dirigé le Centre d’information des Nations Unies à Accra, au Ghana, avant de travailler pour l’UNRWA au Liban. Le 25 mars 1985, il est enlevé par des hommes armés près de l’aéroport de Beyrouth. L’enlèvement est attribué à l’Organisation Abou Nidal. Une vidéo diffusée l’année suivante laisse penser qu’il a été exécuté, mais son sort demeure officiellement indéterminé pendant près d’un quart de siècle. Ses restes ne sont retrouvés qu’en 2009, dans la plaine de la Bekaa, et rendus à sa famille — sa veuve Elaine Collett étant elle-même agent des Nations Unies.

La création de la Journée en 1986

Dès l’année suivant l’enlèvement, le Comité pour la sécurité et l’indépendance de la fonction publique internationale, organe permanent du Syndicat du personnel de l’ONU, institue une journée annuelle de solidarité au Siège de New York. Le décompte des éditions ultérieures confirme cette date de naissance : l’édition de 2003 était présentée comme la dix-huitième, celle de 2011 comme la vingt-sixième.

La cérémonie originelle était modeste — une prise de parole du président du Comité du personnel dans les locaux de l’Association des correspondants auprès des Nations Unies. Elle s’est progressivement institutionnalisée, jusqu’à figurer au calendrier officiel des célébrations de l’ONU et à donner lieu à un message annuel du Secrétaire général.

Une observance sans résolution fondatrice

C’est le point le plus fréquemment déformé sur les sites d’agrégation de journées mondiales. La page officielle des Nations Unies consacrée à cette Journée ne cite aucune résolution instituant l’observance : elle renvoie, dans une rubrique « Documents », à trois textes juridiques de protection du personnel — dont A/RES/49/59, qui porte adoption de la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, le 9 décembre 1994. Cette résolution est un instrument de droit international, pas un acte de création d’une journée internationale. Attribuer la Journée du 25 mars à A/RES/49/59 relève donc d’une confusion documentaire.

Chronologie de la protection du personnel des Nations Unies

Date Événement
25 mars 1985 Enlèvement d’Alec Collett (UNRWA) près de l’aéroport de Beyrouth
1986 Première Journée de solidarité, à l’initiative du Syndicat du personnel
29 septembre 1993 Première résolution du Conseil de sécurité sur la question : S/RES/868 (1993)
9 décembre 1994 Adoption de la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé (A/RES/49/59)
12 janvier 1995 Signature de la Convention par la France
15 janvier 1999 Entrée en vigueur de la Convention, après 22 ratifications
19 août 2003 Attentat de l’hôtel Canal à Bagdad : 22 morts, dont le diplomate franco-égypto-italien Jean-Sélim Kanaan
8 décembre 2005 Adoption du Protocole facultatif à la Convention (A/RES/60/42)
2009 Découverte des restes d’Alec Collett dans la plaine de la Bekaa
19 août 2010 Entrée en vigueur du Protocole facultatif
24 mai 2024 Résolution 2730 (2024) du Conseil de sécurité sur la protection du personnel humanitaire et onusien

Les objectifs principaux de la Journée

  • Exiger des libérations : obtenir l’élargissement immédiat et inconditionnel des agents détenus arbitrairement.
  • Réclamer justice : lutter contre l’impunité des auteurs d’attaques, d’enlèvements et de détentions arbitraires.
  • Rappeler le droit applicable : faire respecter les immunités de juridiction reconnues au personnel onusien et promouvoir la ratification universelle de la Convention de 1994 et de son Protocole.
  • Rendre visible le personnel local : attirer l’attention sur les agents recrutés sur le plan national, très majoritairement concernés et souvent invisibles dans le débat public.
  • Soutenir les familles : maintenir le lien avec les proches des agents disparus ou détenus, parfois pendant des années.

Un personnel exposé : l’ampleur du phénomène en chiffres

Arrestations, détentions et enlèvements

Les données proviennent des messages annuels du Secrétaire général, des communiqués du Syndicat du personnel et des rapports du Département de la sûreté et de la sécurité (DSS). Elles ne recouvrent pas toujours exactement le même périmètre, ce qui explique certains écarts d’une année à l’autre.

Période de référence Arrestations ou détentions recensées Personnels encore privés de liberté
Mi-1996 — 70 détenus ou disparus
2003 — Au moins 39
2009 39 —
2010 Au moins 28 —
Mars 2014 — 56 détenus par des autorités + 4 en captivité
2015 69 —
2021-2022 142 depuis 2021, dont 15 en 2022 22 (mars 2022)
2024 101 52 (mars 2025)
2025 179 118 (mars 2026)

La progression enregistrée sur les dernières années documentées est nette : le nombre d’agents encore privés de liberté a été multiplié par plus de cinq entre 2022 et 2026.

Les décès en service

Indicateur Valeur
Personnels morts au service de l’ONU depuis 1945 Plus de 3 500
Personnels tués dans des attaques délibérées en 2024 5 (4 militaires, 1 agent de sécurité civil)
Personnels tués dans des attaques délibérées en 2025 21 (12 personnels de maintien de la paix, 9 civils)
Agents de l’UNRWA tués en 2024 Au moins 116
Agents de l’UNRWA tués en 2025 Au moins 119

À ces décomptes s’ajoute le bilan du conflit à Gaza, que le Syndicat du personnel comptabilise séparément au motif que ces agents n’ont pas été délibérément ciblés en tant que personnels onusiens. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), 589 travailleurs humanitaires y avaient été tués depuis octobre 2023 à la date de février 2026, dont 397 agents des Nations Unies. L’UNRWA, de son côté, recensait 392 collègues tués à la mi-juillet 2026 — 310 membres de son personnel et 82 personnes qui l’appuyaient. Il s’agit, de l’aveu même de l’Organisation, de la plus lourde perte de personnel des Nations Unies dans un conflit unique depuis 1945.

Le personnel recruté localement en première ligne

C’est la donnée la plus constante du dossier, et la moins connue. Selon le rapport du Secrétaire général sur la sûreté et la sécurité du personnel publié en 2016 (A/71/395), 94 % des cas d’arrestation et de détention par des autorités concernaient du personnel recruté sur le plan local. Ces agents ne bénéficient d’aucune possibilité d’évacuation, restent exposés après le départ des équipes internationales, et sont souvent ceux dont les cas mettent le plus de temps à être médiatisés.

La diversité des situations à travers le monde

Yémen : la crise de détention la plus lourde

Le Yémen concentre le plus grand nombre de cas contemporains. À la suite de vagues d’arrestations successives menées par les autorités de facto houthistes en 2021, 2023, 2024 et 2025, 73 employés des Nations Unies étaient encore détenus arbitrairement à la mi-2026. Human Rights Watch a documenté l’arrestation d’au moins 69 employés yéménites de l’ONU sur une période de dix-huit mois, sans procédure régulière. Un agent du Programme alimentaire mondial est mort en détention le 11 février 2025. Ces détentions ont conduit à la suspension d’une partie des opérations humanitaires dans un pays qui compte parmi les plus dépendants de l’aide internationale.

Territoire palestinien occupé : pertes sans précédent

Le conflit à Gaza a produit le bilan humain le plus lourd de l’histoire de l’Organisation. Au-delà des décès, des locaux onusiens ont été frappés à de nombreuses reprises et des agents ont été détenus lors d’opérations militaires — notamment deux membres du personnel de l’Organisation mondiale de la santé, lors d’une intervention visant une résidence de personnel à Deir al-Balah en juillet 2025.

Afghanistan : l’entrave plutôt que la détention

La situation afghane illustre une autre forme d’atteinte à l’indépendance de la fonction publique internationale : l’interdiction faite aux agentes nationales d’accéder aux locaux des Nations Unies. En septembre 2025, les forces de sécurité de facto ont empêché des employées afghanes et des prestataires d’entrer dans les enceintes onusiennes à Kaboul.

Autres théâtres

Les enlèvements par des groupes armés restent documentés au Sahel, en République démocratique du Congo, au Soudan et au Soudan du Sud. La nationalité des personnels tués dans des attaques délibérées en 2025 — Bangladesh, Soudan, Afrique du Sud, Soudan du Sud, Uruguay, Tunisie, Ukraine, Bulgarie, État de Palestine, Kenya, Zambie — donne la mesure de la dispersion géographique du risque.

Le cadre juridique de protection et ses limites

Instrument Adoption Entrée en vigueur Apport principal
Convention sur les privilèges et les immunités des Nations Unies 13 février 1946 17 septembre 1946 Immunité de juridiction pour les actes accomplis en qualité officielle
Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé (A/RES/49/59) 9 décembre 1994 15 janvier 1999 Érige en infractions pénales les attaques contre le personnel ; obligation de poursuivre ou d’extrader
Protocole facultatif (A/RES/60/42) 8 décembre 2005 19 août 2010 Étend la Convention aux opérations humanitaires, politiques et de développement
Résolution 2730 (2024) du Conseil de sécurité 24 mai 2024 — Appelle les États à respecter et protéger les personnels humanitaire et onusien

Le principal défaut de la Convention de 1994 tenait à son champ d’application : la protection ne jouait que pour les opérations de maintien ou de rétablissement de la paix, ou lorsqu’un « risque exceptionnel » avait été constaté par l’Assemblée générale ou le Conseil de sécurité. Or aucun de ces deux organes n’a jamais formellement constaté un tel risque. Le Protocole facultatif de 2005 a été conçu pour combler cette faille, mais son adoption sous forme optionnelle en limite mécaniquement la portée : il ne s’applique qu’aux États parties à la Convention qui ont, en outre, choisi d’y adhérer.

Les défis contemporains

L’érosion de la protection

L’appartenance au système des Nations Unies, longtemps perçue comme un facteur de sécurité, n’offre plus la même dissuasion. La multiplication des attaques directes contre des locaux et des véhicules identifiés, pourtant munis des signes distinctifs prévus par la Convention, remet en cause le postulat même sur lequel repose l’action humanitaire.

L’impunité

Les poursuites effectives contre les auteurs d’attaques ou de détentions arbitraires visant du personnel onusien restent exceptionnelles. Le mécanisme d’obligation de poursuivre ou d’extrader prévu par la Convention de 1994 dépend entièrement de la volonté des États parties, et l’Organisation ne dispose d’aucun moyen de contrainte propre.

La détention comme instrument de négociation

L’évolution la plus préoccupante concerne la banalisation de la détention d’agents comme moyen de pression sur l’Organisation ou sur des États tiers. Elle place le Secrétariat devant un dilemme : maintenir le dialogue avec les autorités concernées pour obtenir des libérations, au risque de valider la méthode.

Le coût opérationnel

Chaque vague d’arrestations se traduit par une réduction ou une suspension des programmes. La protection du personnel n’est donc pas une question corporatiste : elle conditionne directement l’accès des populations à l’aide.

Comment participer à la Journée internationale de solidarité du 25 mars

Les manifestations officielles

  • Cérémonies au Siège et dans les bureaux extérieurs, organisées par le Syndicat du personnel et son Comité permanent, avec lecture des noms des collègues détenus ou disparus.
  • Message annuel du Secrétaire général, publié le 25 mars, actualisant les chiffres de détention.
  • Mise en berne du drapeau dans certains lieux, en mémoire des agents morts en service.
  • Communiqué annuel du Syndicat du personnel, généralement publié en janvier, dressant le bilan des personnels tués et détenus l’année écoulée.

Actions accessibles à tous

  • Consulter le mémorial en ligne des Nations Unies, qui recense les personnels morts au service de l’Organisation.
  • Relayer les campagnes de sensibilisation portées par les agences onusiennes et les organisations humanitaires.
  • S’informer sur les cas individuels documentés par les organisations de défense des droits humains.
  • Soutenir les fonds de solidarité destinés aux familles, notamment les dispositifs de bourses pour les enfants des agents tués en service.
  • Interpeller les représentants nationaux sur la ratification et la mise en œuvre effective du Protocole facultatif de 2005.

La France et la protection du personnel des Nations Unies

La France est partie à la Convention de 1994. Elle l’a signée le 12 janvier 1995 ; sa ratification a été autorisée par la loi n° 2000-180 du 3 mars 2000, et le texte a été publié au Journal officiel par le décret n° 2002-52 du 7 janvier 2002. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, elle appelle publiquement à la ratification universelle de la Convention et de son Protocole facultatif, et invite les membres du Conseil à faire preuve d’exemplarité en la matière.

Le lien français avec cette Journée passe aussi par une mémoire concrète. Jean-Sélim Kanaan, diplomate onusien de nationalités française, italienne et égyptienne, figure parmi les vingt-deux personnes tuées dans l’attentat contre l’hôtel Canal, siège des Nations Unies à Bagdad, le 19 août 2003. Ancien coordinateur de secours pour Médecins du Monde en Bosnie, passé par la Somalie, le Kosovo et le Siège de New York, il avait 33 ans et venait d’être père. Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.

La France contribue par ailleurs aux opérations de maintien de la paix et compte des ressortissants dans l’ensemble du système onusien, ce qui la place directement concernée par le régime de protection qu’elle promeut.

Foire aux questions sur la Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus

Pourquoi la Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus est-elle célébrée le 25 mars ?

La Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus est célébrée le 25 mars parce que c’est la date anniversaire de l’enlèvement d’Alec Collett, ancien journaliste travaillant pour l’UNRWA, capturé par des hommes armés près de l’aéroport de Beyrouth le 25 mars 1985. Ses restes n’ont été retrouvés qu’en 2009 dans la plaine de la Bekaa, au Liban.

Quelle résolution a créé la Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus ?

Aucune résolution n’a créé la Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus. Contrairement à la majorité des journées internationales, elle n’est pas issue d’un vote de l’Assemblée générale mais d’une initiative du Comité pour la sécurité et l’indépendance de la fonction publique internationale, organe du Syndicat du personnel de l’ONU, à partir de 1986. La résolution A/RES/49/59, parfois citée à tort, porte adoption de la Convention de 1994 sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé.

Combien de membres du personnel des Nations Unies sont détenus dans le monde ?

Le nombre de membres du personnel des Nations Unies détenus varie selon les périodes et les sources. Selon le message du Secrétaire général de mars 2026, 179 agents ont été arrêtés ou détenus au cours de l’année 2025 et 118 demeuraient privés de liberté à cette date. Le Yémen concentrait à lui seul 73 cas de détention arbitraire à la mi-2026.

Qui était Alec Collett ?

Alec Collett était un journaliste britannique qui avait dirigé le Centre d’information des Nations Unies à Accra, au Ghana, avant de travailler pour l’UNRWA au Liban. Enlevé le 25 mars 1985 près de Beyrouth, son sort est resté indéterminé pendant vingt-quatre ans, jusqu’à la découverte de ses restes dans la plaine de la Bekaa en 2009. Son enlèvement a donné sa date à la Journée du 25 mars.

Quelle protection juridique existe pour le personnel des Nations Unies ?

La protection juridique du personnel des Nations Unies repose sur trois instruments principaux : la Convention de 1946 sur les privilèges et les immunités, qui accorde l’immunité de juridiction pour les actes officiels ; la Convention de 1994 sur la sécurité du personnel, qui érige les attaques en infractions pénales et impose aux États de poursuivre ou d’extrader les auteurs ; et le Protocole facultatif de 2005, entré en vigueur en 2010, qui étend cette protection aux opérations humanitaires et de développement.

Quels personnels sont les plus exposés aux arrestations et détentions ?

Les personnels les plus exposés aux arrestations et détentions sont les agents recrutés sur le plan local. Selon le rapport du Secrétaire général A/71/395, ils représentaient 94 % des cas d’arrestation et de détention par les autorités. Ils ne bénéficient pas des dispositifs d’évacuation applicables au personnel international et demeurent sur place, y compris après le retrait des équipes expatriées.

Aucun collègue oublié

Derrière chaque chiffre de ce dossier, il y a un enseignant, une infirmière, un chauffeur, une logisticienne. Des personnes qui ont choisi de travailler là où les États peinent à protéger leurs propres populations, et qui l’ont payé de leur liberté ou de leur vie. La Journée du 25 mars n’est pas un exercice commémoratif de plus : elle rappelle qu’un principe aussi fondamental que l’inviolabilité des humanitaires n’est jamais définitivement acquis, et qu’il se défend chaque année, dossier par dossier, nom par nom.

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Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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