Chaque 25 mars, les Nations Unies rendent hommage aux millions d’Africaines et d’Africains déportés, exploités et déshumanisés par la traite transatlantique, du XVIᵉ au XIXᵉ siècle. Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2007, la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves poursuit un double objectif : honorer la mémoire des victimes et de celles et ceux qui ont résisté, et éclairer les racines historiques du racisme contemporain. La date n’a rien d’arbitraire : elle renvoie au 25 mars 1807, jour de l’adoption au Royaume-Uni de l’Abolition of the Slave Trade Act.

| Élément | Détail |
|---|---|
| Date | 25 mars (date fixe) |
| Nom officiel | Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Résolution fondatrice | A/RES/62/122, adoptée sans vote le 17 décembre 2007 |
| Première édition | 2008 |
| Résolution préparatoire | A/RES/61/19 du 28 novembre 2006 (bicentenaire de l’abolition de la traite) |
| Origine de la date | Adoption de l’Abolition of the Slave Trade Act britannique, le 25 mars 1807 |
| Mémorial associé | L’Arche du retour, siège de l’ONU à New York, inaugurée le 25 mars 2015 |
| Programme onusien | Programme d’action éducative sur la traite transatlantique des esclaves et l’esclavage |
C’est quoi la traite transatlantique des esclaves ?
La traite transatlantique désigne la déportation forcée, organisée et commerciale, de populations africaines vers les Amériques et les Caraïbes, du début du XVIᵉ siècle au milieu du XIXᵉ siècle. Elle repose sur un système économique intégré, souvent appelé « commerce triangulaire » : des navires européens chargent en Europe des textiles, des armes et de l’alcool, les échangent contre des captifs sur les côtes africaines, traversent l’Atlantique — c’est le « passage du milieu » —, vendent les survivants dans les colonies, puis rentrent chargés de sucre, de café, de coton ou d’indigo.
Trois traits distinguent la traite atlantique des formes d’esclavage antérieures :
- L’échelle industrielle : des dizaines de milliers d’expéditions maritimes, financées par des compagnies royales et des capitaux privés, protégées par les États.
- Le caractère héréditaire : le statut d’esclave se transmet par la mère, faisant de l’asservissement une condition permanente et transgénérationnelle.
- La racialisation : une idéologie hiérarchisant les êtres humains selon la couleur de peau est construite pour justifier le système — idéologie qui survivra à l’abolition et nourrira le racisme moderne.
Le code juridique français de cette organisation, l’édit de mars 1685 dit « Code noir », définit les personnes réduites en esclavage comme des biens meubles, transmissibles et saisissables.
Origine et histoire de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage
Création de la journée
L’initiative revient aux États caribéens. En 2006, à la demande de Sainte-Lucie, l’Assemblée générale inscrit à son ordre du jour la commémoration du bicentenaire de l’abolition de la traite transatlantique. La résolution A/RES/61/19, adoptée sans vote le 28 novembre 2006, reconnaît que la traite et l’esclavage comptent parmi les violations des droits humains les plus graves de l’histoire, et désigne le 25 mars 2007 comme journée de commémoration du bicentenaire.
L’année suivante, la résolution A/RES/62/122, adoptée sans vote le 17 décembre 2007, transforme cette commémoration ponctuelle en rendez-vous annuel : le 25 mars devient la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, observée à partir de 2008. Le même texte demande au Secrétaire général d’établir, en collaboration avec l’UNESCO, un programme d’action éducative, et acte le principe d’un mémorial permanent au siège de l’ONU.
Pourquoi le 25 mars ?
Le 25 mars 1807, le Parlement britannique adopte l’Abolition of the Slave Trade Act, qui interdit le commerce d’êtres humains dans l’Empire britannique. La portée du texte est limitée : il abolit le trafic, pas l’esclavage lui-même, qui perdurera plusieurs décennies dans les colonies britanniques et bien plus longtemps ailleurs. Les Nations Unies rappellent par ailleurs que cette abolition n’est pas seulement le fruit du combat des abolitionnistes européens : elle fait suite à des résistances continues des populations asservies, au premier rang desquelles la révolution haïtienne, qui aboutit en 1804 à la naissance de la première république née d’une insurrection d’esclaves.
Repères chronologiques
| Année | Étape |
|---|---|
| 1501-1866 | Période couverte par les archives de la traite transatlantique documentée |
| 1685 | Édit dit « Code noir » réglementant l’esclavage dans les colonies françaises |
| 1791 | Insurrection de Saint-Domingue, dans la nuit du 22 au 23 août |
| 1804 | Indépendance d’Haïti |
| 1807 | Abolition of the Slave Trade Act au Royaume-Uni (25 mars) |
| 1994 | Lancement du programme UNESCO « La Route de l’esclave » |
| 2001 | Conférence mondiale de Durban contre le racisme |
| 2006 | Résolution A/RES/61/19 : journée du bicentenaire (25 mars 2007) |
| 2007 | Résolution A/RES/62/122 : création de la Journée annuelle et du programme éducatif |
| 2008 | Première édition de la Journée internationale |
| 2015 | Inauguration de l’Arche du retour au siège de l’ONU (25 mars) |
| 2015-2024 | Première Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine |
| 2022 | Le programme UNESCO devient « Les Routes des personnes mises en esclavage » |
| 2025-2034 | Deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (A/RES/79/193) |
| 2026 | Résolution A/RES/80/250 qualifiant la traite de « plus grave crime contre l’humanité » |
Objectifs principaux de la Journée du 25 mars
- Honorer les victimes : rendre leur dignité aux millions de personnes mortes en captivité, pendant la traversée ou sous le régime esclavagiste.
- Reconnaître les résistances : révoltes, marronnage, sabotage, insurrections — l’abolition doit autant aux asservis qu’aux abolitionnistes.
- Éduquer : combler l’ignorance persistante sur quatre siècles d’histoire, via le Programme d’action éducative des Nations Unies et les programmes scolaires nationaux.
- Combattre le racisme contemporain : établir le lien entre l’idéologie esclavagiste et les discriminations actuelles envers les personnes d’ascendance africaine.
- Documenter et transmettre : soutenir la recherche historique, les archives et les lieux de mémoire.
L’ampleur et l’impact de la traite transatlantique
Des chiffres établis par la recherche
La base de données universitaire SlaveVoyages, référence internationale, recense près de 36 000 expéditions négrières transatlantiques documentées et permet d’estimer, par extrapolation, l’ampleur globale du phénomène.
| Indicateur | Estimation |
|---|---|
| Captifs embarqués en Afrique | ≈ 12,5 millions |
| Captifs débarqués vivants aux Amériques | ≈ 10,7 millions |
| Décès durant le passage du milieu | ≈ 1,8 million |
| Expéditions transatlantiques documentées | ≈ 36 000 |
| Période couverte | 1501-1866 |
La responsabilité des puissances européennes
Les estimations de captifs embarqués se répartissent très inégalement entre les pavillons européens et américains.
| Pavillon | Captifs embarqués (estimation) |
|---|---|
| Portugal / Brésil | ≈ 5 848 000 |
| Grande-Bretagne | ≈ 3 259 000 |
| France | ≈ 1 381 000 |
| Espagne | ≈ 1 062 000 |
| Provinces-Unies (Pays-Bas) | ≈ 554 000 |
| États-Unis | ≈ 305 000 |
| Danemark | ≈ 111 000 |
Un impact durable sur trois continents
En Afrique, la ponction démographique frappe majoritairement des adultes en âge de travailler, sur des régions entières — golfe du Bénin, golfe du Biafra, Afrique centrale occidentale fournissent environ les trois quarts des débarqués. Elle déstabilise les structures politiques, militarise les échanges et réoriente des économies entières vers la capture d’êtres humains.
Aux Amériques, la traite fonde l’économie de plantation — sucre, café, coton, tabac — et façonne la démographie de sociétés entières. Elle donne aussi naissance à des cultures nouvelles : créoles linguistiques, musiques afro-atlantiques, spiritualités syncrétiques, traditions culinaires.
En Europe, elle enrichit des ports, des familles d’armateurs et des systèmes financiers, et alimente une industrialisation dont l’historiographie mesure encore la part exacte.
La mémoire de l’esclavage à travers le monde
Amériques et Caraïbes
Les États caribéens sont à l’origine de la Journée du 25 mars et restent moteurs sur le terrain mémoriel. La CARICOM a créé en 2013 une Commission des réparations, qui dévoile en 2014 un « Plan en dix points pour la justice réparatrice » : excuses officielles, restitution de biens culturels, investissements dans la santé et l’éducation, transfert de technologies, effacement de dette. Le Brésil, premier pays d’arrivée des captifs, et les États-Unis ont développé leurs propres lieux et récits mémoriels.
Afrique
Des sites comme l’île de Gorée au Sénégal, le fort de Cape Coast au Ghana ou la Porte du non-retour de Ouidah au Bénin sont devenus des lieux de pèlerinage mémoriel. L’Union africaine a fait de la justice réparatrice l’un de ses axes diplomatiques majeurs et coordonne désormais ses positions avec la CARICOM.
Europe
Le traitement de la mémoire y est plus hétérogène : musées à Nantes, Bordeaux, Liverpool ou Amsterdam, débats sur les statues et les noms de rues, excuses formulées par certaines institutions — monarchies, Églises, entreprises, municipalités — mais rarement par les États eux-mêmes.
Un réseau international : les Routes des personnes mises en esclavage
Lancé par l’UNESCO en 1994 sous le nom de « La Route de l’esclave » et rebaptisé en 2022 « Les Routes des personnes mises en esclavage : résistance, liberté, héritage », ce programme produit de la connaissance scientifique, structure des réseaux de chercheurs et soutient les initiatives mémorielles dans le monde entier.
Défis et enjeux contemporains
L’esclavage n’a pas disparu
Les formes contemporaines d’asservissement concernent des dizaines de millions de personnes.
| Indicateur (estimations 2021) | Nombre |
|---|---|
| Personnes en situation d’esclavage moderne | 50 millions |
| Dont travail forcé | 28 millions |
| Dont mariage forcé | 22 millions |
| Progression depuis 2016 | + 10 millions |
Ces estimations, publiées conjointement par l’Organisation internationale du Travail, l’Organisation internationale pour les migrations et l’ONG Walk Free, rappellent que plus de la moitié des cas de travail forcé se situent dans des pays à revenu élevé ou intermédiaire supérieur.
La question des réparations
Le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution A/RES/80/250, portée par le Ghana au nom du Groupe des États d’Afrique, qui qualifie la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé de « plus graves crimes contre l’humanité » et appelle à des mesures de réparation : excuses officielles, restitution, indemnisation, garanties de non-répétition. Le texte, non contraignant, a été adopté par 123 voix pour, 3 contre (Argentine, États-Unis, Israël) et 52 abstentions, dont celle de la France et de plusieurs États européens. Les débats juridiques portent notamment sur l’application rétroactive du droit international à des faits antérieurs à sa codification.
La transmission et l’ignorance
L’Assemblée générale relevait dès 2007 le peu de connaissances disponibles sur quatre siècles de traite et sur les contributions des personnes asservies aux sociétés qui les exploitaient. La place accordée à ce chapitre dans les programmes scolaires, la formation des enseignants et la culture populaire reste un enjeu central de la Journée du 25 mars.

Comment participer à la Journée internationale du 25 mars
Événements institutionnels
- Séance plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, avec interventions d’États membres, de survivants de l’histoire mémorielle et d’artistes.
- Cérémonies devant l’Arche du retour, mémorial permanent inauguré le 25 mars 2015. Conçu par l’architecte américano-haïtien Rodney Leon, retenu parmi 310 propositions venues de 83 pays, il occupe l’esplanade des visiteurs du siège de l’ONU.
- Expositions, conférences et projections organisées par les centres d’information des Nations Unies, l’UNESCO et les musées partenaires.
Actions éducatives
- Séquences pédagogiques appuyées sur les ressources du Programme d’action éducative des Nations Unies.
- Travail en archives : registres portuaires, actes notariés, listes d’affranchissement.
- Rencontres avec des historiens et des associations mémorielles.
Participation individuelle
- Visiter un lieu de mémoire : musée d’histoire de Nantes, Mémorial de l’abolition de l’esclavage, Mémorial ACTe en Guadeloupe, Maison des esclaves de Gorée.
- Lire des travaux d’historiens et des récits d’esclaves affranchis plutôt que des synthèses de seconde main.
- Consulter les bases de données publiques comme SlaveVoyages ou les fichiers de « nouveaux libres » de 1848.
- Relayer les contenus des institutions de référence sur les réseaux sociaux.
La France face à la mémoire de la traite et de l’esclavage
Une puissance négrière de premier plan
Les navires français ont déporté environ 1,38 million de captifs africains. La France a organisé au moins 4 220 expéditions négrières, dont une part écrasante partie d’un seul port.
| Port | Expéditions négrières (estimation) |
|---|---|
| Nantes | ≈ 1 700 à 1 750 (soit ≈ 42-43 % du total français) |
| Le Havre (avec Honfleur) | ≈ 450 à 500 |
| La Rochelle | ≈ 447 |
| Bordeaux | ≈ 419 |
Une analyse portant sur 1 684 expéditions nantaises situe la moyenne à 316 captifs par navire, pour une mortalité moyenne de 13,8 % durant la traversée. Nantes reste le premier port négrier français jusqu’en 1831, terme de la traite illégale française.
Abolitions, rétablissement, reconnaissance
| Date | Événement |
|---|---|
| 4 février 1794 | Première abolition de l’esclavage par la Convention nationale (16 pluviôse an II) |
| 1802 | Rétablissement de l’esclavage sous le Consulat |
| 1815-1817 | Interdiction progressive de la traite, largement contournée |
| 1831 | Fin effective de la traite française |
| 27 avril 1848 | Décret d’abolition définitive de l’esclavage dans les colonies françaises |
| 23 mai 1848 | Application du décret en Martinique, premières libérations officielles |
| 30 juin 1983 | Loi instituant les commémorations de l’abolition outre-mer |
| 21 mai 2001 | Loi Taubira : la France reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité |
| 31 mars 2006 | Décret fixant au 10 mai la journée nationale des mémoires |
| 28 février 2017 | Loi instaurant le 23 mai comme journée nationale d’hommage aux victimes de l’esclavage colonial |
| 2019 | Création de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage |
La loi n° 2001-434 du 21 mai 2001, dite loi Taubira, fait de la France le premier État à qualifier la traite négrière transatlantique, la traite dans l’océan Indien et l’esclavage de crime contre l’humanité. Elle prescrit également l’enseignement de cette histoire et le soutien à la recherche. En 2017, l’article 217 de la loi relative à l’égalité et à la citoyenneté a explicitement abrogé la loi du 30 avril 1849, qui avait indemnisé les anciens colons pour la perte de leur « propriété ».
Un calendrier mémoriel à quatre dates
Le 25 mars ne doit pas être confondu avec les autres rendez-vous mémoriels observés en France :
- 25 mars : Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves (ONU).
- 10 mai : Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, en référence à l’adoption définitive de la loi Taubira par le Sénat le 10 mai 2001.
- 23 mai : Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial, en référence au 23 mai 1848 et à la marche silencieuse de 40 000 personnes à Paris le 23 mai 1998.
- 23 août : Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (UNESCO), en référence à l’insurrection de Saint-Domingue de 1791.
Le Mémorial national des victimes de l’esclavage
Annoncé en 2018, d’abord envisagé au jardin des Tuileries, le Mémorial national des victimes de l’esclavage est finalement implanté dans les jardins du Trocadéro, à Paris. Conçu par le paysagiste Michel Desvigne et l’architecte Philippe Prost, il prend la forme d’un jardin mémoriel d’environ 4 000 m². Son cœur : l’inscription, sur des blocs de lave, des quelque 215 000 noms attribués aux personnes affranchies en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Saint-Martin après le décret du 27 avril 1848, identifiés par plus de trente ans de recherches menées par des associations mémorielles bénévoles. L’inauguration est annoncée pour 2027.
Foire aux questions sur la Journée internationale du 25 mars
Quelle est la date de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves ? La Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves est fixée au 25 mars de chaque année. C’est une date fixe, observée depuis 2008 en application de la résolution A/RES/62/122 des Nations Unies.
Pourquoi la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage est-elle fixée au 25 mars ? La Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage est fixée au 25 mars en référence à l’adoption, le 25 mars 1807, de l’Abolition of the Slave Trade Act par le Parlement britannique. Ce texte interdit le commerce d’êtres humains dans l’Empire britannique, sans abolir l’esclavage lui-même.
Combien de personnes ont été déportées par la traite transatlantique des esclaves ? La traite transatlantique des esclaves a entraîné l’embarquement d’environ 12,5 millions d’Africains entre 1501 et 1866, dont environ 10,7 millions ont survécu à la traversée. Près de 1,8 million de personnes sont mortes durant le passage du milieu. Ces estimations proviennent de la base universitaire SlaveVoyages.
Quelle différence entre le 25 mars, le 10 mai, le 23 mai et le 23 août ? Le 25 mars est la journée internationale des Nations Unies dédiée aux victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Le 10 mai est la journée nationale française des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Le 23 mai rend hommage aux victimes de l’esclavage colonial. Le 23 août est la journée internationale de l’UNESCO consacrée au souvenir de la traite négrière et de son abolition.
Qu’est-ce que l’Arche du retour ? L’Arche du retour est le mémorial permanent érigé au siège des Nations Unies à New York en l’honneur des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Œuvre de l’architecte américano-haïtien Rodney Leon, sélectionnée parmi 310 propositions issues de 83 pays, elle a été inaugurée le 25 mars 2015 sur l’esplanade des visiteurs.
L’ONU a-t-elle reconnu la traite transatlantique comme un crime contre l’humanité ? Oui : le 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution A/RES/80/250 qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé de « plus graves crimes contre l’humanité », par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions. Ce texte n’est pas juridiquement contraignant. La France avait, dès la loi du 21 mai 2001, reconnu la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité dans son droit interne.
Se souvenir pour comprendre le présent
Commémorer le 25 mars, ce n’est pas seulement se recueillir sur un crime vieux de plusieurs siècles. C’est reconnaître que ses effets structurent encore les sociétés contemporaines — dans la répartition des richesses, dans la persistance du racisme, dans les silences des récits nationaux. C’est aussi rendre aux personnes déportées ce que le système leur avait ôté : un nom, une histoire, une place dans la mémoire collective. Lire, visiter, transmettre : les gestes les plus simples sont ceux qui font vivre cette journée bien au-delà du 25 mars.
Pour prolonger la lecture, découvrez aussi Journée internationale pour le droit à la vérité en ce qui concerne les violations flagrantes des droits de l'homme et pour la dignité des victimes, Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale.
Retrouvez les événements, anniversaires et fêtes de cette date dans l’éphéméride du 25 mars.
