Chaque 21 mars, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la trisomie 21 (World Down Syndrome Day). Officiellement proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2011, cette journée est observée dans le monde entier depuis 2012. Elle vise à mieux faire connaître la trisomie 21, à combattre les préjugés et à défendre le droit des personnes concernées à participer pleinement à la vie sociale, scolaire, professionnelle et politique.

La date n’a rien d’arbitraire : le 21e jour du 3e mois évoque la triplication du chromosome 21, à l’origine de cette particularité génétique. Un symbole simple, immédiatement lisible, qui a fait le succès mondial de cette journée née d’une proposition française.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nom officiel | Journée mondiale de la trisomie 21 (World Down Syndrome Day) |
| Date | 21 mars (date fixe) |
| Première célébration | 21 mars 2006 (initiative associative) |
| Reconnaissance ONU | Résolution A/RES/66/149 du 19 décembre 2011 |
| Célébrée sous l’égide de l’ONU depuis | 2012 |
| Initiateurs | AFRT (France), EDSA (Europe), Down Syndrome International |
| Symbole de la journée | Les chaussettes dépareillées (Lots of Socks) |
| Couleurs | Bleu et jaune |
| Hashtags | #WorldDownSyndromeDay #LotsOfSocks #Trisomie21 |
🧬 C’est quoi la trisomie 21 ?
La trisomie 21, également appelée syndrome de Down, est une particularité chromosomique caractérisée par la présence de trois exemplaires du chromosome 21 au lieu de deux. Les cellules de la personne concernée comptent donc 47 chromosomes au lieu de 46.
Les Nations unies la décrivent comme un arrangement chromosomique naturel, présent de tout temps dans l’espèce humaine et dans toutes les régions du monde, dont les conséquences varient fortement d’un individu à l’autre : mode d’apprentissage, caractéristiques physiques, état de santé.
Les différentes formes de trisomie 21
Les généticiens distinguent plusieurs configurations, qui ne se répartissent pas également :
| Forme | Fréquence approximative | Mécanisme |
|---|---|---|
| Libre, complète et homogène | ~95 % des cas | Non-disjonction accidentelle lors de la méiose ; les trois chromosomes 21 sont détachés et l’anomalie touche toutes les cellules |
| Par translocation | ~3 % des cas | Le troisième chromosome 21 est accolé à un autre chromosome (souvent le 14 ou le 22) ; environ la moitié des cas sont hérités d’un parent porteur d’une translocation équilibrée |
| En mosaïque | ~2 % des cas | L’accident survient après la fécondation : l’organisme comporte à la fois des cellules à 46 et à 47 chromosomes |
| Partielle | Très rare | Seul un segment du chromosome 21 est dupliqué |
Dans la grande majorité des cas, la trisomie 21 résulte donc d’un accident de la division cellulaire et n’est pas héréditaire. Le seul facteur de risque clairement identifié est l’âge maternel, en raison du vieillissement des ovocytes.
La trisomie 21 et l’âge maternel
| Âge de la mère | Fréquence à la naissance (ordre de grandeur) |
|---|---|
| 20 ans | environ 0,05 % |
| 30 ans | environ 0,1 % |
| 35 ans | environ 0,25 % |
| 45 ans | environ 3 % |
Une nuance essentielle, souvent oubliée : parce que les femmes de moins de 38 ans mettent au monde l’immense majorité des enfants, la majorité des naissances d’enfants porteurs de trisomie 21 concerne des mères jeunes.
Une réalité médicale, mais pas seulement
La trisomie 21 est la première cause de déficience intellectuelle d’origine génétique et l’anomalie chromosomique la plus fréquente chez l’être humain. Elle s’accompagne fréquemment d’une hypotonie musculaire, d’un développement cognitif ralenti et d’un risque accru de certaines pathologies : malformations cardiaques, troubles de la vision et de l’audition, apnées du sommeil, hypothyroïdie, leucémies de l’enfant.
Mais les associations de personnes concernées rappellent qu’il ne s’agit pas d’une maladie évolutive à guérir : c’est une condition de vie, dont le retentissement dépend largement de la qualité de l’accompagnement médical, éducatif et social. C’est précisément le message porté par la Journée mondiale du 21 mars.
📜 Origine et histoire de la Journée mondiale de la trisomie 21
Une idée née en France
L’histoire de cette journée commence en juin 2005, lors d’une réunion organisée par l’EDSA (European Down Syndrome Association) à Palma de Majorque, en Espagne. C’est là que l’AFRT — l’Association française pour la recherche sur la trisomie 21, créée en 1990 — propose de retenir la date symbolique du 21 mars comme journée internationale dédiée à la trisomie 21.
La proposition est adoptée par les conseils de l’EDSA et de Down Syndrome International (DSi). Les premiers événements ont lieu le 21 mars 2006, à Genève et à Paris. Dans les années qui suivent, l’association Down Syndrome Association Singapore héberge le site internet mondial de la journée pour le compte de DSi, permettant de recenser les initiatives à travers la planète.
De la reconnaissance associative à la consécration onusienne
La montée en puissance est rapide. Le 20 décembre 2007, l’Organisation mondiale de la santé reconnaît la date du 21 mars comme Journée mondiale de la trisomie 21. Quatre ans plus tard, la consécration vient de New York : le 19 décembre 2011, l’Assemblée générale des Nations unies adopte par consensus la résolution A/RES/66/149, portée par le Brésil et coparrainée par des dizaines d’États membres.
Le texte proclame le 21 mars Journée mondiale de la trisomie 21, célébrée chaque année à partir de 2012, et invite les États membres, les organismes du système des Nations unies, les autres organisations internationales ainsi que la société civile — ONG et secteur privé compris — à l’observer de manière appropriée afin de sensibiliser l’opinion publique.
Le 21 mars 2012, à l’occasion de la première célébration officielle, le Secrétaire général Ban Ki-moon rappelle que les personnes porteuses de trisomie 21 ont droit à la jouissance pleine et effective de l’ensemble des droits humains et des libertés fondamentales.
Chronologie de la trisomie 21 et de sa Journée mondiale
| Année | Événement |
|---|---|
| 1866 | Le médecin britannique John Langdon Down publie Observations on an Ethnic Classification of Idiots et décrit le syndrome qui portera son nom |
| 1959 | À Paris, Marthe Gautier, Jérôme Lejeune et Raymond Turpin identifient le chromosome 21 surnuméraire : c’est la première anomalie chromosomique humaine décrite |
| 1961 | Des généticiens réclament dans The Lancet l’abandon du terme « mongolisme » |
| 1965 | L’OMS retient officiellement l’appellation « syndrome de Down » |
| 1990 | Création de l’AFRT en France |
| 2000 | Séquençage complet du chromosome 21 (environ 300 gènes) |
| Juin 2005 | L’AFRT propose la date du 21 mars lors de la réunion EDSA de Palma de Majorque |
| 21 mars 2006 | Premiers événements, à Genève et à Paris |
| 20 décembre 2007 | Reconnaissance de la date par l’OMS |
| 19 décembre 2011 | Résolution A/RES/66/149 de l’Assemblée générale des Nations unies |
| 2012 | Première célébration officielle sous l’égide de l’ONU |
| 2013 | Lancement de la campagne des chaussettes dépareillées (odd socks, puis Lots of Socks) |
Les objectifs de la Journée mondiale de la trisomie 21
- Sensibiliser le grand public : faire connaître ce qu’est réellement la trisomie 21, au-delà des clichés et des représentations datées.
- Faire entendre la voix des personnes concernées : la journée met en avant l’auto-représentation, le principe du « rien pour nous sans nous ».
- Promouvoir l’inclusion effective : école ordinaire, emploi en milieu ordinaire, logement autonome, vie affective, citoyenneté.
- Défendre l’égalité des droits : appliquer concrètement la Convention relative aux droits des personnes handicapées, adoptée par l’ONU en 2006.
- Soutenir la recherche et l’accès aux soins : améliorer le suivi médical tout au long de la vie, y compris à l’âge adulte et lors du vieillissement.
💡 L’importance de la Journée mondiale de la trisomie 21
Une révolution silencieuse : l’espérance de vie
C’est l’un des bouleversements sanitaires les plus spectaculaires du XXe siècle, et pourtant l’un des moins connus du grand public.
| Période | Espérance de vie estimée |
|---|---|
| Fin des années 1920 | moins de 10 ans |
| Années 1960 (France) | environ 9 ans |
| Années 1970 | environ 30 ans |
| Aujourd’hui | plus de 60 ans pour la moitié des personnes concernées |
Cette progression tient à trois facteurs : la chirurgie cardiaque néonatale, le traitement antibiotique des infections et surtout la fin de l’institutionnalisation systématique au profit d’une vie en famille et en milieu ordinaire. En France, l’association Trisomie 21 France estime que plus de la moitié des personnes actuellement en vie dépasseront l’âge de 55 ans.
Ce gain d’espérance de vie déplace le débat : il ne s’agit plus seulement de survie infantile, mais d’accompagnement d’adultes et de personnes âgées sur plusieurs décennies.
Une question de droits humains
La trisomie 21 relève pleinement du champ de la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies. Celle-ci consacre notamment le droit à l’éducation inclusive, au travail, à la capacité juridique, à l’autonomie de vie et à la participation politique.
La Journée mondiale sert de point d’appui annuel pour mesurer l’écart entre le droit proclamé et la réalité vécue : scolarisation partielle, accès restreint à l’emploi ordinaire, sous-estimation systématique des capacités, difficultés d’accès aux soins courants à l’âge adulte.
Une dimension sociale : rompre l’isolement
Les organisations internationales insistent depuis plusieurs années sur un point longtemps sous-estimé : les personnes porteuses de trisomie 21 et d’autres déficiences intellectuelles sont surexposées à la solitude. Être physiquement présent dans une classe, une entreprise ou un quartier ne signifie pas être inclus.
L’isolement n’est pas seulement un ressenti : il constitue un facteur de risque documenté d’anxiété, de dépression et de dégradation de la santé physique. La lutte contre cette solitude structurelle est devenue un axe majeur du plaidoyer international.
Un enjeu économique et professionnel
L’emploi reste le maillon faible de l’inclusion. Les personnes porteuses de trisomie 21 travaillent majoritairement en milieu protégé, alors que de nombreuses expériences démontrent leur capacité à exercer en milieu ordinaire avec un accompagnement adapté (dispositifs d’emploi accompagné, tutorat, aménagement des postes).
Des entreprises et des enseignes ont fait de cette inclusion leur modèle économique, en France comme à l’étranger, démontrant qu’une équipe mixte est viable commercialement — un argument désormais central dans le plaidoyer associatif.
🌍 La trisomie 21 à travers le monde
Des prévalences très inégales
L’ONU estime la prévalence mondiale entre 1 naissance vivante sur 1 000 et 1 sur 1 100. Mais ce chiffre moyen masque des écarts considérables, qui s’expliquent moins par la biologie que par les politiques publiques : organisation du dépistage prénatal, législation sur l’interruption de grossesse, qualité de la prise en charge du handicap, et opinion majoritaire de la population.
Une étude publiée dans l’European Journal of Human Genetics a quantifié ce phénomène à l’échelle européenne pour la période 2011-2015 :
| Indicateur (Europe, 2011-2015) | Valeur |
|---|---|
| Naissances annuelles d’enfants porteurs de trisomie 21 | environ 8 000 |
| Naissances attendues en l’absence d’interruption médicale de grossesse | environ 17 300 |
| Réduction moyenne européenne | environ 54 % |
| Malte | 0 % |
| France | environ 68 % |
| Italie | environ 71 % |
| Espagne | environ 83 % |
| Personnes vivant avec une trisomie 21 en Europe (2015) | environ 417 000 |
Des situations contrastées selon les régions
- Europe et Amérique du Nord : dépistage prénatal généralisé, espérance de vie élevée, débats éthiques nourris sur le sens de ce dépistage systématique.
- Pays à revenu faible ou intermédiaire : dépistage rare ou inexistant, mais aussi accès limité à la chirurgie cardiaque néonatale et à la rééducation, avec une mortalité infantile qui reste élevée.
- Certains pays (Malte notamment) : absence d’interruption de grossesse pour ce motif et prévalence à la naissance nettement supérieure à la moyenne européenne.
Cette géographie très contrastée explique que la Journée mondiale ne porte pas partout le même message : sensibilisation au regard social ici, accès aux soins de base ailleurs.
⚖️ Les défis contemporains
Le vieillissement et la maladie d’Alzheimer
C’est le défi émergent le plus lourd. Le gène APP, impliqué dans la maladie d’Alzheimer, est porté par le chromosome 21 : sa présence en triple exemplaire entraîne un risque très élevé de pathologie neurodégénérative précoce. Selon l’Inserm, environ 77 % des personnes porteuses de trisomie 21 développent en vieillissant des symptômes proches de ceux de la maladie d’Alzheimer.
Le vieillissement est également plus précoce et plus rapide sur d’autres plans : vision, audition, fatigabilité, apnées du sommeil, avec des premiers signes parfois observés dès 40 ou 50 ans. Les structures d’accueil et les parcours de soins, pensés pour des enfants et de jeunes adultes, sont encore mal adaptés à cette réalité.
L’accès aux soins courants
Paradoxe fréquemment dénoncé : des adultes suivis de près pendant l’enfance se retrouvent, une fois sortis des dispositifs pédiatriques, sans médecin référent formé à leurs spécificités. Douleurs mal repérées, symptômes attribués à tort au handicap, examens de dépistage courants non réalisés — le phénomène est documenté sous le terme de « surhandicap ».
Le débat éthique autour du dépistage prénatal
Dans les pays où le dépistage est généralisé, la question fait l’objet d’un débat public récurrent : celui de la conciliation entre le droit des femmes à une information médicale complète et à la liberté de décision, et le message adressé aux personnes vivant avec une trisomie 21 sur la valeur de leur existence. Les associations, y compris celles favorables au dépistage, s’accordent au moins sur un point : l’information délivrée aux parents doit être équilibrée, et présenter la réalité contemporaine de la vie avec une trisomie 21, et non les représentations des années 1960.
L’école et l’emploi ordinaires
Malgré les cadres juridiques inclusifs, les ruptures de parcours restent nombreuses : scolarisation à temps partiel faute d’accompagnant, orientation en établissement spécialisé par défaut, sortie du système scolaire précoce, accès très minoritaire à l’emploi en milieu ordinaire. La Journée mondiale sert chaque année de rappel public sur ces écarts.

🧦 Comment célébrer la Journée mondiale de la trisomie 21
Porter des chaussettes dépareillées
C’est devenu le geste emblématique du 21 mars. Lancée en 2013 par Down Syndrome International sous le nom d’odd socks, puis largement diffusée sous le nom de Lots of Socks, la campagne joue sur une idée simple : les chromosomes, sur un caryotype, ressemblent à des chaussettes — et le chromosome surnuméraire, c’est la chaussette en trop.
L’ONU relaie l’invitation : porter des chaussettes vives, longues, imprimées, dépareillées, voire trois chaussettes pour trois chromosomes — à la maison, à la crèche, à l’école, à l’université, au travail, en voyage. Le but n’est pas décoratif : une chaussette voyante suscite une question, et la question ouvre la conversation.
Les événements officiels
- La Conférence mondiale sur le syndrome de Down, organisée chaque année par Down Syndrome International au Siège des Nations unies à New York, avec des intervenants porteurs de trisomie 21 qui prennent eux-mêmes la parole.
- Des sessions à l’Office des Nations unies à Genève, généralement organisées autour du 21 mars.
- Les illuminations de monuments en bleu et jaune, couleurs de la journée, dans de nombreuses villes du monde.
Les initiatives locales et associatives
- Portes ouvertes d’établissements et de structures d’accompagnement.
- Interventions de sensibilisation dans les écoles, les collèges et les lycées.
- Conférences scientifiques et colloques de recherche.
- Événements sportifs et culturels mixtes réunissant personnes en situation de handicap et valides.
- Opérations en entreprise : petits-déjeuners, ateliers, journées de duo salarié / personne en situation de handicap.
Participer en ligne
- Publier une photo de ses chaussettes avec les mots-clés #LotsOfSocks, #WorldDownSyndromeDay, #Trisomie21.
- Relayer des contenus produits par des personnes porteuses de trisomie 21, et non seulement à leur sujet.
- Soutenir une association de recherche ou d’accompagnement.
- Vérifier son propre vocabulaire : préférer « personne porteuse de trisomie 21 » à « un trisomique », et bannir les usages insultants du mot « mongol ».
🇫🇷 La trisomie 21 en France : chiffres et actualité
Combien de personnes concernées ?
Les estimations varient selon les sources, faute de registre national exhaustif :
| Source | Estimation |
|---|---|
| Réponse ministérielle à l’Assemblée nationale (2015) | plus de 65 000 personnes ; incidence annuelle proche de 1/1 000 |
| Académie nationale de médecine | environ 70 000 personnes |
| Fondation Jérôme Lejeune | environ 50 000 personnes, pour environ 500 naissances par an |
L’Académie nationale de médecine souligne un point contre-intuitif : la prévalence augmente, non pas parce qu’il naît davantage d’enfants concernés, mais parce que l’espérance de vie s’allonge.
Un dépistage prénatal parmi les plus systématiques d’Europe
La France a structuré son dépistage en plusieurs étages : échographie du premier trimestre et marqueurs sériques maternels, puis DPNI (dépistage prénatal non invasif par analyse de l’ADN fœtal circulant dans le sang maternel) en cas de risque intermédiaire, et enfin caryotype fœtal pour poser le diagnostic. Le DPNI est remboursé par l’Assurance maladie depuis 2019.
| Indicateur (données Agence de la biomédecine) | Valeur |
|---|---|
| Femmes dépistées par marqueurs sériques (2022) | 618 027, soit environ 85,5 % des naissances |
| DPNI réalisés (2022) | 129 804 |
| DPNI réalisés (2023) | environ 125 000, soit 18,4 % des naissances |
| Caryotypes fœtaux analysés (2022) | 13 804 |
| Trisomies 21 fœtales diagnostiquées (2022) | 1 971 |
Le cadre juridique
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées constitue le socle français : elle pose le principe de la scolarisation en milieu ordinaire, crée les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et fonde le droit à compensation. Les dispositifs concrets qui en découlent — accompagnants d’élèves en situation de handicap, unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS), instituts médico-éducatifs (IME), établissements et services d’accompagnement par le travail (ESAT) — structurent aujourd’hui les parcours.
Des visages qui ont changé le regard
- Éléonore Laloux, agent administratif hospitalier à Arras, est devenue en mars 2020 la première conseillère municipale française porteuse d’une trisomie 21, avec une délégation à la transition inclusive et au bonheur. Décorée de l’ordre national du Mérite en octobre 2021, elle a célébré un mariage en juillet 2023 — une première pour une élue porteuse de trisomie 21 — et a été choisie en 2023 par Mattel comme ambassadrice de la première poupée Barbie porteuse de trisomie 21. Elle a été réélue en mars 2026.
- Mélanie Ségard, 21 ans à l’époque, a présenté le bulletin météo du 20 heures de France 2 le 14 mars 2017, après une campagne sur les réseaux sociaux soutenue par l’Unapei qui avait rassemblé plus de 200 000 soutiens en dix jours. Plus de cinq millions de téléspectateurs ont suivi ce bulletin en direct.
- Le clip « Chère future maman », diffusé en 2014 à l’occasion de la Journée mondiale et primé au Festival international de la créativité de Cannes, a donné lieu à une longue controverse juridique en France : après un avis défavorable du CSA, les recours ont été rejetés par le Conseil d’État le 10 novembre 2016, puis déclarés irrecevables par la Cour européenne des droits de l’homme le 1er septembre 2022.
La recherche française
La France occupe une place historique dans ce domaine depuis la découverte de 1959. Les travaux actuels portent notamment sur le gène DYRK1A, porté par le chromosome 21 et impliqué dans le développement cérébral, sur les récepteurs cannabinoïdes CB1, et sur des pistes hormonales — une étude pilote franco-suisse menée avec l’Inserm a exploré l’effet d’injections pulsées de GnRH sur les fonctions cognitives. Plusieurs essais cliniques sont en cours en France, portés par des laboratoires académiques et des sociétés de biotechnologie.
❓ Foire aux questions sur la Journée mondiale de la trisomie 21
Pourquoi la Journée mondiale de la trisomie 21 a-t-elle lieu le 21 mars ?
La Journée mondiale de la trisomie 21 a lieu le 21 mars parce que cette date est un symbole génétique : le 21e jour du 3e mois (21/3) renvoie à la présence de trois exemplaires du chromosome 21, cause de la trisomie 21. La date a été proposée en juin 2005 par l’association française AFRT lors d’une réunion de l’EDSA à Palma de Majorque, puis adoptée par Down Syndrome International avant d’être consacrée par l’ONU en 2011.
Pourquoi porte-t-on des chaussettes dépareillées le 21 mars ?
On porte des chaussettes dépareillées le 21 mars parce que les chromosomes, lorsqu’on les observe sur un caryotype, ressemblent à des paires de chaussettes — et que les personnes porteuses de trisomie 21 ont une « chaussette » supplémentaire. Lancée en 2013 par Down Syndrome International, la campagne Lots of Socks invite à porter des chaussettes vives, longues ou dépareillées, voire trois chaussettes, pour attirer l’attention et engager la conversation sur la trisomie 21.
Qui a créé la Journée mondiale de la trisomie 21 ?
La Journée mondiale de la trisomie 21 a été créée à l’initiative du milieu associatif. La proposition vient de l’AFRT (Association française pour la recherche sur la trisomie 21) en juin 2005 ; elle est reprise par l’EDSA et Down Syndrome International, qui organisent les premiers événements le 21 mars 2006 à Genève et à Paris. L’OMS reconnaît la date le 20 décembre 2007, et l’Assemblée générale des Nations unies la proclame officiellement par la résolution A/RES/66/149 du 19 décembre 2011, sur une proposition portée par le Brésil.
Combien de personnes vivent avec une trisomie 21 en France ?
Le nombre de personnes vivant avec une trisomie 21 en France est estimé entre 50 000 et 70 000 selon les sources, en l’absence de registre national exhaustif. Une réponse ministérielle publiée à l’Assemblée nationale en 2015 évoquait plus de 65 000 personnes, et l’Académie nationale de médecine avance le chiffre d’environ 70 000. Cette population augmente principalement en raison de l’allongement de l’espérance de vie.
Quelle est l’espérance de vie d’une personne porteuse de trisomie 21 ?
L’espérance de vie d’une personne porteuse de trisomie 21 dépasse aujourd’hui 60 ans pour la moitié des personnes concernées, contre environ 9 ans en France dans les années 1960. Cette progression spectaculaire s’explique par la chirurgie cardiaque néonatale, le traitement des infections et la fin de l’institutionnalisation systématique. Elle reste toutefois inférieure à celle de la population générale, en raison notamment d’un vieillissement précoce et d’un risque élevé de pathologie neurodégénérative.
Faut-il dire « trisomie 21 » ou « syndrome de Down » ?
Les deux termes sont corrects et désignent la même réalité : « trisomie 21 » est l’usage majoritaire en français et décrit le mécanisme génétique, tandis que « syndrome de Down », dominant dans le monde anglophone, renvoie au médecin John Langdon Down qui décrivit le tableau clinique en 1866. En revanche, le terme « mongolisme », abandonné par l’OMS en 1965, est aujourd’hui considéré comme offensant. Les associations recommandent également de dire « une personne porteuse de trisomie 21 » plutôt que « un trisomique ».
Une chaussette qui ouvre la conversation
Une chaussette dépareillée ne change pas une loi, ne finance pas un essai clinique et n’ouvre pas une place à l’école. Mais elle fait quelque chose que les rapports institutionnels ne parviennent pas à faire : elle provoque une question, dans un couloir de bureau, une salle de classe ou une file d’attente. Et cette question est exactement le point de départ que réclament, depuis 2006, les personnes porteuses de trisomie 21 elles-mêmes.
Le 21 mars, sortez la paire la plus improbable de votre tiroir. Puis, le 22, posez-vous la vraie question : dans votre école, votre entreprise, votre commune, qui est présent sans être vraiment inclus ?
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