Chaque 21 mars, la Journée mondiale de la poésie célèbre l’une des formes d’expression les plus anciennes et les plus universelles de l’humanité. Proclamée par la Conférence générale de l’UNESCO réunie à Paris en 1999, cette journée internationale poursuit un objectif précis : soutenir la diversité linguistique par l’expression poétique et donner aux langues menacées une chance de se faire entendre. Derrière la célébration d’un art se joue donc un enjeu patrimonial majeur, à l’heure où des milliers de langues et de traditions orales sont en voie d’extinction.

De la récitation en classe primaire aux joutes poétiques improvisées de Méditerranée orientale, du haïku japonais aux épopées d’Asie centrale, le 21 mars rassemble une pratique dont la vitalité contraste avec la fragilité économique de son édition. En France, la journée s’inscrit dans un mois de mars entièrement dédié aux mots, entre Semaine de la langue française, Journée internationale de la Francophonie et Printemps des Poètes.
L’essentiel sur la Journée mondiale de la poésie
| Élément | Information |
|---|---|
| Date | 21 mars (date fixe, chaque année) |
| Nom officiel | Journée mondiale de la poésie |
| Institution fondatrice | UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) |
| Texte de référence | Résolution 29 de la 30ᵉ session de la Conférence générale (30 C/Résolution 29) |
| Lieu et date d’adoption | Paris, 30ᵉ session de la Conférence générale (26 octobre – 17 novembre 1999) |
| Première célébration internationale | 21 mars 2000 |
| Objectif principal | Soutenir la diversité linguistique par l’expression poétique |
| Objectifs associés | Promouvoir la lecture, l’écriture, l’édition et l’enseignement de la poésie |
| Portée | Mondiale, tous États membres de l’UNESCO |
| Thème annuel | Pas de thème imposé systématiquement (voir FAQ) |
| Événement français associé | Le Printemps des Poètes (mars), Le Marché de la poésie (juin) |
C’est quoi la Journée mondiale de la poésie ?
Une journée internationale portée par l’UNESCO
La Journée mondiale de la poésie est une journée internationale officielle, c’est-à-dire une date inscrite au calendrier des Nations unies et de ses agences spécialisées. Elle n’est pas une fête légale : aucun pays ne chôme le 21 mars à ce titre. Il s’agit d’un cadre de mobilisation, que les États, les institutions culturelles, les écoles, les bibliothèques et les associations sont invités à investir librement.
Sa particularité tient à son rattachement à l’UNESCO plutôt qu’à l’Assemblée générale de l’ONU. La plupart des journées internationales sont proclamées par une résolution onusienne ; celle-ci procède de la Conférence générale de l’UNESCO, l’organe souverain de l’organisation où siègent tous les États membres et qui se réunit tous les deux ans. Ce rattachement explique l’orientation du texte fondateur : culture, langues, éducation, patrimoine.
Qu’est-ce que la poésie ?
La poésie désigne un mode d’expression qui travaille la langue pour elle-même : rythme, sonorité, image, condensation du sens. Elle ne se réduit ni au vers, ni à la rime, ni à l’écrit. L’UNESCO la définit d’ailleurs de manière volontairement large, en rappelant qu’elle est pratiquée à travers l’histoire, dans toutes les cultures et sur tous les continents, et qu’elle est souvent accompagnée de musique et interprétée lors d’occasions particulières.
Cette définition ouverte est essentielle pour comprendre la journée. Elle englobe :
- La poésie écrite : recueils, revues, anthologies, poésie visuelle et numérique.
- La poésie orale : récitals, contes versifiés, joutes improvisées, épopées chantées.
- La poésie chantée : formes où le texte poétique est indissociable de la musique.
- La poésie du quotidien : proverbes, comptines, berceuses, formules rituelles.
Dans la classification du patrimoine culturel immatériel adoptée par l’UNESCO en 2003, ces formes relèvent pour l’essentiel du domaine des traditions et expressions orales, qui recouvre les proverbes, les devinettes, les contes, les comptines, les légendes, les mythes, les chants et poèmes épiques, les prières et les représentations dramatiques.
Origine et histoire de la Journée mondiale de la poésie
Avant 1999 : un 15 octobre venu des États-Unis
L’idée d’une journée consacrée à la poésie est bien antérieure à l’UNESCO. Au XXᵉ siècle, une grande partie du monde littéraire célébrait une « journée de la poésie » le 15 octobre.
Cette tradition naît aux États-Unis. En 1937, Tessa Sweesy Webb organise la première Poetry Day dans l’Ohio, le troisième vendredi d’octobre, sur proclamation de la législature de l’État. En 1947, Lucia Trent fixe la date au 15 octobre en hommage à son époux, le poète Ralph Cheyney, à la date anniversaire de sa disparition ; la fête est célébrée cette année-là au Texas sous le nom de Texas Poets Day. Le mouvement s’étend : New York, l’Idaho et la Pennsylvanie en 1948, 42 États américains en 1955.
C’est en 1955, sous l’impulsion de la poétesse philadelphienne Mary O’Connor, que la manifestation devient World Poetry Day et franchit les frontières américaines, Chypre et les Philippines étant les premiers pays à l’adopter. En 1960, 32 pays la célèbrent. En 1966, Frances Clark Handler crée en Floride le World Poetry Day Committee, association à but non lucratif chargée de plaider l’adoption officielle de la journée par les gouvernements.
Cette tradition d’octobre n’a pas disparu avec la proclamation de 1999. Le Royaume-Uni maintient sa National Poetry Day au premier jeudi d’octobre, et plusieurs pays conservent une date automnale.
La proclamation de 1999 par l’UNESCO
La 30ᵉ session de la Conférence générale de l’UNESCO, réunie à Paris du 26 octobre au 17 novembre 1999, adopte la résolution 29 qui proclame le 21 mars Journée mondiale de la poésie. Le texte fondateur assigne à la journée l’objectif de donner une reconnaissance et une impulsion nouvelles aux mouvements poétiques nationaux, régionaux et internationaux.
L’UNESCO résume ainsi l’intention : soutenir la diversité linguistique à travers l’expression poétique et augmenter les chances des langues en danger d’être entendues. La première célébration internationale a lieu le 21 mars 2000.
Pourquoi le 21 mars ?
L’UNESCO n’a pas publié de justification officielle du choix de la date. Les éléments disponibles convergent vers une origine grecque : Vassilis Vassilikos, alors ambassadeur de Grèce auprès de l’UNESCO, aurait proposé que le 21 mars devienne Journée mondiale de la poésie, la date — au lendemain de l’équinoxe de mars — ayant été suggérée par la poétesse grecque Lydia Stefanou. Une première célébration grecque de la Journée de la poésie s’est tenue le 21 mars 1998 à Athènes, soit un an avant la proclamation.
Une seconde revendication existe : le poète turc Tarık Günersel avait proposé une Journée mondiale de la poésie à PEN International lors du congrès d’Édimbourg en 1997, et PEN International revendique également la paternité de l’initiative.
Le symbolisme de la date reste évident : le 21 mars marque le renouveau printanier dans l’hémisphère nord, métaphore commode pour un art de la renaissance et de la parole. Il place aussi la poésie au lendemain de la Journée internationale de la Francophonie (20 mars) et à proximité de la Journée internationale de la langue maternelle (21 février), constituant un ensemble cohérent autour de la langue.
Chronologie de la Journée mondiale de la poésie
| Année | Événement |
|---|---|
| 1937 | Première Poetry Day organisée dans l’Ohio par Tessa Sweesy Webb |
| 1947 | La date du 15 octobre est fixée en hommage au poète Ralph Cheyney |
| 1955 | La manifestation devient World Poetry Day et s’internationalise |
| 1960 | 32 pays célèbrent la journée d’octobre |
| 1966 | Création du World Poetry Day Committee en Floride |
| 1997 | Proposition d’une Journée mondiale de la poésie à PEN International (Édimbourg) |
| 1998 | Première célébration grecque du 21 mars, à Athènes |
| 1999 | La 30ᵉ Conférence générale de l’UNESCO proclame le 21 mars (résolution 29) |
| 1999 | Première édition du Printemps des Poètes en France, du 21 au 28 mars |
| 2000 | Première célébration internationale du 21 mars |
| 2003 | Adoption de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel |
Les objectifs principaux de la Journée mondiale de la poésie
L’UNESCO assigne à la journée cinq finalités explicites :
- Soutenir la diversité linguistique : offrir aux langues en danger un espace d’expression et de transmission.
- Honorer les poètes : reconnaître le travail des auteurs, des traducteurs et des éditeurs de poésie.
- Faire revivre la tradition orale : redonner sa place au récital, à la lecture publique et à la parole dite.
- Favoriser la convergence entre les arts : encourager le dialogue de la poésie avec le théâtre, la danse, la musique et la peinture.
- Accroître la visibilité de la poésie dans les médias : sortir le genre de la marginalité éditoriale et médiatique.
Importance et impact : ce que défend la Journée mondiale de la poésie
Une dimension linguistique : les langues menacées
L’articulation entre poésie et langues en danger constitue le cœur du mandat de la journée. La poésie est en effet le premier lieu où une langue se conserve : formules mémorisées, rythmes, structures métriques transmises oralement de génération en génération.
Les données de l’Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde, dans son édition de référence publiée en 2010, donnent la mesure de l’enjeu.
| Statut de vitalité | Nombre de langues recensées |
|---|---|
| Vulnérables | 607 |
| En danger | 632 |
| Sérieusement en danger | 502 |
| En situation critique | 538 |
| Éteintes depuis 1950 | 230 |
| Total recensé dans l’Atlas | environ 2 500 |
L’Atlas relève par ailleurs que 199 langues comptent moins de dix locuteurs et 178 autres entre dix et cinquante locuteurs. En Afrique subsaharienne, où environ 2 000 langues sont parlées, soit près d’un tiers du total mondial, au moins 10 % d’entre elles disparaîtront probablement au cours du siècle.
Quand une langue s’éteint, ce n’est pas seulement un lexique qui disparaît : ce sont des systèmes métriques, des répertoires d’images, des façons d’articuler le monde. C’est précisément ce que la Journée mondiale de la poésie entend rendre visible.
Une dimension patrimoniale : la poésie inscrite au patrimoine de l’humanité
La Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a permis l’inscription de nombreuses pratiques poétiques sur ses listes. Ces inscriptions illustrent la présence de la poésie sur tous les continents.
| Élément | Pays | Liste et année |
|---|---|---|
| Les Tsiattista, joutes poétiques | Chypre | Liste représentative, 2011 |
| Al-Taghrooda, poésie chantée traditionnelle des Bédouins | Émirats arabes unis | Liste représentative, 2012 |
| Al-Zajal, poésie déclamée ou chantée | Liban | Liste représentative, 2014 |
| Chants cosaques de la région de Dnipropetrovsk | Ukraine | Sauvegarde urgente, 2016 |
| Le pasillo, chant et poésie | Équateur | Liste représentative, 2021 |
Une dimension économique : un marché minuscule, un capital symbolique immense
En France, la poésie occupe une place éditoriale qui contraste violemment avec son prestige culturel. Les données consolidées pour 2025 donnent l’ordre de grandeur.
| Indicateur (France, 2025) | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d’affaires de la poésie | 18,3 millions d’euros |
| Exemplaires vendus | 1,53 million |
| Part dans le chiffre d’affaires de l’édition française | 0,47 % |
| Chiffre d’affaires total du marché du livre de référence | 3,9 milliards d’euros |
Source : NielsenIQ BookData, données publiées par Livres Hebdo en mars 2026.
Longtemps, la poésie n’a même pas été mesurée pour elle-même : le rapport statistique annuel du Syndicat national de l’édition regroupait les segments « théâtre » et « poésie » dans une catégorie unique représentant environ 0,3 % du chiffre d’affaires de l’édition. C’est à l’initiative d’éditeurs de poésie que la séparation des deux segments a été engagée, afin d’obtenir enfin des données propres au genre.
Ce paradoxe — un art omniprésent dans l’enseignement, les commémorations et l’imaginaire national, mais qui pèse moins d’un demi-pour-cent du marché du livre — est l’un des arguments les plus fréquemment mobilisés le 21 mars.
Une dimension éducative et sociale
La poésie reste l’un des rares genres littéraires que l’ensemble d’une population traverse obligatoirement, par l’école. Récitation, apprentissage par cœur, analyse de texte : elle structure le rapport à la langue dès le primaire.
L’opération française « Un livre pour les vacances » illustre cette centralité. Lancée en 2017 à titre expérimental dans trois académies auprès de 150 000 élèves, généralisée dès 2018 à l’ensemble du territoire, elle offre chaque année à tous les élèves de CM2 un ouvrage du patrimoine littéraire. Pendant plusieurs années, ce fut un recueil des Fables de Jean de La Fontaine, illustré par un artiste contemporain différent à chaque édition. En 2025, les élèves ont reçu L’Odyssée d’Homère, épopée transmise oralement avant d’être fixée par l’écriture il y a environ 2 800 ans.
Socialement, la poésie fonctionne aussi comme ressource face à l’épreuve. Une enquête menée par l’UNESCO à la lumière de la pandémie de COVID-19 a montré que les traditions orales, poésie comprise, avaient permis aux populations d’échapper temporairement à leurs peurs et de retrouver du réconfort auprès de leurs proches.
La diversité de la poésie à travers le monde
Les joutes poétiques : l’improvisation comme sport de l’esprit
Plusieurs cultures ont fait de la poésie une compétition publique. À Chypre, les Tsiattista opposent des poètes-chanteurs qui doivent improviser un distique rimé sur un thème donné, dans des contraintes de temps très strictes, et répliquer immédiatement à leur adversaire. La forme métrique la plus courante est le vers iambique de quinze syllabes, mais les poètes peuvent recourir à des vers de huit, six ou neuf syllabes. L’exercice se pratique avec accompagnement de violon ou de luth, lors des noces, des foires et des célébrations publiques.
Cette logique de joute se retrouve, sous d’autres formes, dans les tournois de slam contemporains, où la performance orale, le chronomètre et le jugement du public rejouent des mécanismes très anciens.
Les poésies du désert et de la route
Al-Taghrooda, poésie chantée improvisée des Bédouins, est née dans le désert, les régions montagneuses et les villages ruraux de la péninsule Arabique. Ces vers scandés se sont développés comme un moyen de passer le temps lors des longues traversées, les cavaliers estimant que le chant incitait les chameaux à marcher au même rythme et permettait même d’accélérer leur cadence.
Al-Zajal libanais, inscrit en 2014, relève d’une tradition de poésie déclamée ou chantée en dialecte, pratiquée lors de rassemblements où plusieurs poètes se répondent devant un public.
La poésie chantée d’Amérique latine
Le pasillo équatorien, inscrit en 2021, est né au XIXᵉ siècle durant les guerres d’indépendance sud-américaines. Fusion d’éléments de musique autochtone comme le yaraví et de genres importés — valse, menuet, boléro —, il est décrit par l’UNESCO comme un poème musical dont les paroles évoquent l’amour et les chagrins d’amour. Accompagné à la guitare et au requinto, il constitue pour les Équatoriens un marqueur d’identité nationale.
Formes brèves, formes longues
La géographie poétique mondiale se lit aussi dans ses formats. Aux formes brèves et condensées — haïku japonais, quatrain persan, distique improvisé — répondent les grandes épopées orales d’Asie centrale, d’Afrique de l’Ouest ou de Méditerranée, qui peuvent représenter des dizaines de milliers de vers mémorisés. Entre les deux, toutes les traditions de chants de travail, de berceuses, de lamentations funèbres et de chants de mariage.
Cette amplitude est exactement ce que la Journée mondiale de la poésie cherche à rendre visible : une pratique qui ne se laisse enfermer ni dans un support, ni dans une langue, ni dans une classe sociale.
Les défis contemporains de la poésie
Une économie éditoriale sous tension
Le premier défi est structurel. Avec 0,47 % du chiffre d’affaires de l’édition française, la poésie repose sur un écosystème de petites maisons, de revues et de collections dont l’équilibre est précaire. Les tirages sont faibles, la rotation en librairie difficile, la visibilité en table de nouveautés rare.
Les rendez-vous spécialisés jouent dans ce contexte un rôle vital : pour certains éditeurs présents au Marché de la poésie de Paris, les cinq jours de la manifestation peuvent représenter une part significative du chiffre d’affaires annuel.
L’érosion linguistique
Le deuxième défi est celui-là même qui a motivé la création de la journée. La disparition accélérée des langues emporte avec elle des répertoires poétiques entiers, souvent non transcrits, dont la transmission repose sur quelques locuteurs âgés. Les listes de sauvegarde urgente de l’UNESCO, où figurent notamment les chants cosaques de la région de Dnipropetrovsk, recensent des pratiques dont la survie n’est pas assurée à l’échelle d’une génération.
Réseaux sociaux : relais ou appauvrissement ?
Le troisième défi est plus récent et plus disputé. Les plateformes sociales ont réintroduit la poésie auprès d’un public jeune, avec des formats courts, visuels, immédiatement partageables. Le marché français en porte la trace : la croissance du rayon poésie se situe clairement du côté de la jeunesse, portée par des autrices et auteurs venus des réseaux sociaux, tandis que le catalogue classique reste stable.
Ce mouvement suscite un débat récurrent. Il élargit incontestablement le lectorat et fait entrer en librairie des acheteurs qui n’y venaient pas. Il concentre en revanche l’attention sur des formes brèves et sur des mécanismes de notoriété extérieurs au champ littéraire, ce qui alimente une controverse sur la qualité et la profondeur de ce renouveau. Les deux lectures coexistent dans la profession et aucune donnée ne permet aujourd’hui de trancher.
La place du poème à l’école
Enfin, la question de la transmission scolaire revient régulièrement : quelle place pour la mémorisation, pour la poésie contemporaine face au patrimoine, pour l’oralisation face à l’analyse écrite ? Le 21 mars sert souvent de point d’appui à ces discussions dans les établissements.

Comment participer à la Journée mondiale de la poésie ?
Dans les écoles et les établissements
Le milieu scolaire est le principal relais du 21 mars. Les activités les plus courantes :
- Lectures à voix haute en classe, dans la cour ou en assemblée.
- Ateliers d’écriture guidés par une contrainte formelle simple (acrostiche, cadavre exquis, calligramme).
- Concours de récitation ou de déclamation entre classes.
- Affichage de poèmes dans les couloirs, les cantines, les vitrines.
- Correspondance poétique entre établissements ou entre pays.
- Travail sur les langues parlées à la maison par les élèves, en écho direct au mandat de l’UNESCO.
Dans les bibliothèques, librairies et lieux culturels
- Récitals et lectures publiques, avec ou sans poète invité.
- Rencontres avec des éditeurs de poésie et présentation de catalogues souvent invisibles le reste de l’année.
- Tables de sélection dédiées au genre, en librairie comme en médiathèque.
- Spectacles pluridisciplinaires associant poésie, musique, danse ou arts plastiques, conformément à l’un des objectifs explicites de la journée.
- Distributions de poèmes dans l’espace public : marque-pages, affiches, distributeurs automatiques.
Actions numériques
- Partage d’un poème sur les réseaux sociaux, en citant l’auteur et l’éditeur.
- Enregistrements audio ou vidéo de lectures, particulièrement pertinents pour les langues régionales et minoritaires.
- Traduction collaborative d’un poème vers ou depuis une langue peu diffusée.
- Valorisation de fonds numérisés par les bibliothèques patrimoniales.
Dix idées pour célébrer le 21 mars à titre personnel
- Lire un poème à voix haute, seul ou à quelqu’un.
- Apprendre par cœur un texte court.
- Copier un poème à la main et l’offrir.
- Découvrir un poète d’une langue que vous ne parlez pas, en édition bilingue.
- Acheter un recueil chez un libraire indépendant.
- S’abonner à une revue de poésie.
- Écrire un texte sous contrainte : sonnet, haïku, tautogramme.
- Assister à une lecture publique ou à une scène slam.
- Enregistrer un aîné récitant un texte, un dicton ou une comptine dans sa langue.
- Placer un poème dans un lieu inattendu : boîte aux lettres, ascenseur, salle de pause.
La Journée mondiale de la poésie en France
Un mois de mars entièrement consacré à la langue
La France offre au 21 mars un environnement particulièrement favorable. La date s’inscrit dans une séquence dense :
| Date | Événement |
|---|---|
| 21 février | Journée internationale de la langue maternelle (UNESCO) |
| Mi-mars | Semaine de la langue française et de la Francophonie |
| 20 mars | Journée internationale de la Francophonie |
| 21 mars | Journée mondiale de la poésie |
| Mars | Le Printemps des Poètes |
Le Printemps des Poètes
Le Printemps des Poètes est la principale manifestation française consacrée à la poésie. Imaginé à l’initiative de Jack Lang — alors qu’il porte encore le nom de « La France en poésie » dans une lettre de janvier 1998 — il est créé à Paris par Emmanuel Hoog et André Velter et se tient pour la première fois du 21 au 28 mars 1999, la même année que la proclamation de l’UNESCO.
Le modèle revendiqué est celui de la Fête de la musique : faire descendre un art dans l’espace public et inciter le plus grand nombre à le pratiquer, quelle que soit sa forme d’expression. Depuis 2001, chaque édition est placée sous un mot-thème.
Le Printemps des Poètes s’appuie sur un réseau d’écoles, d’établissements d’enseignement supérieur, de collectivités, de librairies, de bibliothèques, de maisons d’édition, de théâtres, de maisons de la poésie, de musées, de monuments nationaux, d’associations et de centres culturels, en France et à l’international.
Le Marché de la poésie
Créé en 1983 par l’éditeur Jean-Michel Place et Arlette Albert-Birot, le Marché de la poésie se tient chaque année place Saint-Sulpice, à Paris, dans le cadre de la Foire Saint-Sulpice. Sur cinq jours, il réunit près de 500 éditeurs et revues de poésie et de création littéraire, venus de France, d’Europe et de pays francophones d’autres continents. C’est le plus grand rassemblement de poètes et de maisons d’édition de poésie en France.
Depuis 2004, la manifestation s’accompagne d’une Périphérie : des dizaines d’événements décentralisés en Île-de-France, en régions et à l’étranger, associant chaque année un grand nombre de poètes. Un pays étranger est invité d’honneur à chaque édition.
La poésie dans l’école française
Au-delà de « Un livre pour les vacances », la poésie occupe une place structurelle dans les programmes français : mémorisation et récitation dès le cycle 2, étude des formes poétiques au collège, œuvres intégrales au lycée. L’inscription de recueils contemporains au programme du baccalauréat de français a d’ailleurs un effet mesurable sur les ventes du genre, l’un des rares leviers capables de faire bouger significativement un marché de cette taille.
Foire aux questions sur la Journée mondiale de la poésie
Quand a lieu la Journée mondiale de la poésie ?
La Journée mondiale de la poésie a lieu le 21 mars de chaque année. Il s’agit d’une date fixe, qui ne varie pas selon les années ni selon les pays. Certains pays conservent toutefois, en parallèle, une journée nationale de la poésie à une autre date : le Royaume-Uni célèbre par exemple sa National Poetry Day le premier jeudi d’octobre.
Qui a créé la Journée mondiale de la poésie ?
La Journée mondiale de la poésie a été créée par l’UNESCO, lors de la 30ᵉ session de sa Conférence générale réunie à Paris du 26 octobre au 17 novembre 1999, par la résolution 29. Une journée mondiale de la poésie existait cependant bien avant cette date, célébrée le 15 octobre à partir d’une initiative américaine des années 1930 et 1940, devenue internationale en 1955.
Pourquoi la Journée mondiale de la poésie est-elle célébrée le 21 mars ?
La Journée mondiale de la poésie est célébrée le 21 mars sans que l’UNESCO ait publié de justification officielle du choix. Les sources disponibles attribuent la proposition à l’ambassadeur de Grèce auprès de l’UNESCO, Vassilis Vassilikos, sur une suggestion de date de la poétesse grecque Lydia Stefanou : le 21 mars suit immédiatement l’équinoxe de mars et marque le renouveau printanier dans l’hémisphère nord. Une première célébration grecque avait eu lieu le 21 mars 1998, un an avant la proclamation.
Y a-t-il un thème pour la Journée mondiale de la poésie ?
Il n’y a pas de thème annuel systématique pour la Journée mondiale de la poésie, contrairement à de nombreuses autres journées internationales des Nations unies. Certaines éditions ont été placées sous une formule ou dédiées à l’hommage d’un poète, mais il ne s’agit pas d’une règle constante. En France, en revanche, le Printemps des Poètes retient un mot-thème pour chacune de ses éditions.
Quelle est la différence entre la Journée mondiale de la poésie et le Printemps des Poètes ?
La différence entre la Journée mondiale de la poésie et le Printemps des Poètes tient à leur nature et à leur portée. La Journée mondiale de la poésie est une journée internationale unique, fixée au 21 mars et proclamée par l’UNESCO en 1999. Le Printemps des Poètes est une manifestation nationale française, créée la même année, qui se déploie sur plusieurs semaines au mois de mars, avec une programmation, un thème et un réseau d’organisateurs propres. Les deux se recoupent dans le calendrier sans se confondre.
Comment participer à la Journée mondiale de la poésie ?
Pour participer à la Journée mondiale de la poésie, aucune inscription n’est nécessaire : la journée fonctionne comme un cadre ouvert. Il est possible de lire un poème à voix haute, d’organiser une lecture publique, d’animer un atelier d’écriture, d’acheter un recueil chez un libraire, de partager un texte en ligne en citant son auteur, ou d’enregistrer une récitation dans une langue régionale ou minoritaire — cette dernière action rejoignant directement l’objectif fondateur de la journée.
Un poème suffit
Il n’existe pas de manière officielle de célébrer le 21 mars, et c’est probablement la meilleure chose qui pouvait arriver à cette journée. Là où d’autres commémorations exigent des dispositifs, des budgets et des tribunes, la poésie ne demande qu’une voix et quelqu’un pour l’entendre. Un poème lu à voix haute dans une salle de classe, un texte recopié sur un carnet, une comptine enregistrée dans une langue que plus personne n’apprend : chacun de ces gestes accomplit très exactement ce que l’UNESCO a proclamé en 1999.
Le 21 mars, lisez un poème. Puis lisez-le à quelqu’un.
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