29 octobre : Journée internationale des soins et de l’assistance

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Journée internationale des soins et de l'assistance — Main d’un adulte tenant celle d’une personne âgée.

Chaque 29 octobre, la Journée internationale des soins et de l’assistance met en lumière une réalité aussi massive qu’invisible : le travail de soin, rémunéré ou non, qui fait tenir debout les familles, les économies et les sociétés. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies en juillet 2023, cette journée rappelle que prendre soin d’autrui — un enfant, un parent âgé, un conjoint malade, une personne en situation de handicap — n’est pas une affaire privée mais un enjeu de politique publique, d’égalité entre les femmes et les hommes et de développement durable.

Journée internationale des soins et de l'assistance — Mains préparant ensemble des légumes dans une cuisine.
Élément Détail
Nom officiel Journée internationale des soins et de l’assistance
Date 29 octobre, chaque année
Instituée par Assemblée générale des Nations unies
Texte fondateur Résolution A/RES/77/317, adoptée le 24 juillet 2023
Première édition 29 octobre 2023
Agences chefs de file ONU Femmes, Organisation internationale du Travail (OIT), Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH)
Objectif de développement durable ODD 8 (travail décent et croissance économique), en lien étroit avec l’ODD 5 (égalité de genre)
Équivalent français Journée nationale des aidants, le 6 octobre

C’est quoi les soins et l’assistance ?

Le terme recouvre l’ensemble des activités par lesquelles une personne répond aux besoins physiques, psychologiques et sociaux d’une autre. L’Organisation internationale du Travail distingue deux grandes familles :

  • Les soins directs : nourrir un nourrisson, faire la toilette d’une personne dépendante, accompagner un proche malade à ses rendez-vous médicaux, veiller sur une personne âgée.
  • Les soins indirects : les tâches domestiques qui rendent les précédentes possibles — cuisine, ménage, lessive, courses, gestion administrative.

Ces activités se répartissent ensuite selon qu’elles sont rémunérées ou non rémunérées. Les prestataires rémunérés forment une main-d’œuvre considérable : infirmiers et infirmières, aides-soignants, auxiliaires de vie, aides à domicile, assistantes maternelles, enseignants, travailleurs domestiques. Les prestataires non rémunérés, eux, sont les proches aidants : conjoints, enfants, parents, voisins, amis qui apportent une aide régulière sans contrepartie financière.

C’est l’articulation de ces quatre cases — direct/indirect, rémunéré/non rémunéré — que l’on nomme aujourd’hui l’économie des soins (ou care economy). Un secteur qui ne figure qu’en partie dans les comptabilités nationales, alors même qu’il conditionne le fonctionnement de tous les autres.

Origine et histoire de la Journée internationale des soins et de l’assistance

Une revendication syndicale devenue journée onusienne

Avant d’être une journée internationale, le 29 octobre était une journée d’action mondiale pour les soins lancée par le mouvement syndical international, sous l’impulsion de la Confédération syndicale internationale (CSI), afin d’accélérer les investissements dans l’économie du soin. La pandémie de Covid-19 a accéléré la prise de conscience : les « travailleurs essentiels » applaudis en 2020 étaient très majoritairement des travailleuses du soin, souvent mal payées et mal protégées.

Le 24 juillet 2023, l’Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution A/RES/77/317, qui proclame le 29 octobre Journée internationale des soins et de l’assistance. Le texte reprend largement les revendications portées par les syndicats et les organisations féministes : création d’emplois de qualité dans le secteur, meilleure rémunération et meilleure représentation des prestataires de soins, lutte contre les stéréotypes de genre associés au care.

Repères chronologiques

Année Étape
2018-2019 L’OIT publie Prendre soin d’autrui : un travail et des emplois pour l’avenir du travail décent, qui chiffre pour la première fois l’ampleur mondiale du travail de soin non rémunéré
2019 Le mouvement syndical international lance la journée d’action mondiale pour les soins, fixée au 29 octobre
2020-2022 La crise sanitaire révèle la dépendance des sociétés au travail de soin ; l’OIT publie en 2022 le rapport Care at Work
24 juillet 2023 Adoption de la résolution A/RES/77/317 par l’Assemblée générale de l’ONU
29 octobre 2023 Première édition de la Journée internationale des soins et de l’assistance
Juin 2024 La Conférence internationale du Travail adopte une résolution sur le travail décent et l’économie du soin
Depuis 2024 Commémorations annuelles organisées par le HCDH, ONU Femmes et l’OIT (New York, Genève, Bruxelles…)

Les objectifs de la journée

  • Rendre visible un travail largement invisible dans les statistiques économiques et les politiques publiques.
  • Faire reconnaître les soins comme un droit humain, à la fois pour ceux qui les reçoivent et pour ceux qui les dispensent.
  • Réduire les inégalités de genre, le travail de soin non rémunéré constituant l’un des principaux freins à l’emploi des femmes.
  • Encourager l’investissement public dans des systèmes de soins et d’assistance solides, résilients et inclusifs.
  • Promouvoir le travail décent dans un secteur marqué par la précarité, l’informalité et les bas salaires.

L’importance des soins et de l’assistance : ce que disent les chiffres

Un géant économique non comptabilisé

Indicateur Valeur Source
Heures consacrées chaque jour au travail de soin non rémunéré dans le monde 16,4 milliards OIT (enquêtes emploi du temps, 64 pays)
Équivalent en emplois 2 milliards de personnes travaillant 8 h/jour sans rémunération OIT
Valorisation au salaire minimum horaire ≈ 11 000 milliards de dollars, soit 9 % du PIB mondial OIT
Part du travail de soin non rémunéré assurée par les femmes 76,2 %, soit 3,2 fois plus que les hommes OIT
Main-d’œuvre du soin rémunéré 249 millions de femmes et 132 millions d’hommes OIT
Personnes ayant besoin de soins attendues en 2030 2,3 milliards OIT
Écart salarial femmes-hommes dans le secteur de la santé et du soin ≈ 24 % en défaveur des femmes OIT

Autrement dit : si le travail de soin non rémunéré était un secteur économique, il pèserait environ deux fois le secteur agricole mondial. Il n’apparaît pourtant dans aucun PIB.

Une dimension d’égalité entre les femmes et les hommes

La répartition du travail de soin est le point de bascule des inégalités professionnelles. Une femme qui assume seule la charge d’un enfant en bas âge ou d’un parent dépendant réduit son temps de travail, refuse une promotion, interrompt sa carrière — avec des conséquences durables sur le salaire, les droits à la retraite et l’autonomie financière. Le secteur du soin rémunéré, lui, reste fortement féminisé et parmi les moins bien payés, malgré la qualification exigée.

Une dimension sociale et démographique

Le vieillissement de la population, l’allongement de la durée de vie avec maladies chroniques et la transformation des structures familiales font mécaniquement augmenter les besoins. L’OIT estime que sans action publique d’ampleur, les manques de services de soins — en quantité comme en qualité — produiront une crise mondiale du soin, aggravant du même coup les inégalités de genre au travail.

Les soins et l’assistance en France : un enjeu de société

La France est l’un des pays qui documente le mieux la question des proches aidants, grâce aux enquêtes de la DREES.

Indicateur Valeur Source
Personnes déclarant aider régulièrement un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie (2021) 9,3 millions (8,8 millions d’adultes, 0,5 million de mineurs de 5 ans ou plus) DREES, enquête Vie quotidienne et santé, 2021
Proportion chez les adultes 1 personne sur 6 DREES
Proportion chez les mineurs 1 sur 20 DREES
Tranche d’âge la plus concernée 55-64 ans : près d’une personne sur quatre DREES
Part des femmes parmi les aidants adultes 56 % DREES
Formes d’aide apportées soutien moral (6,4 M), aide à la vie quotidienne (5,7 M), aide financière (1,3 M d’adultes) DREES
Seniors de 60 ans ou plus en perte d’autonomie (2021) plus de 2 millions Insee / DREES
Projection au début des années 2050 environ 2,8 millions (+ 700 000 par rapport à 2021) Insee / DREES, 2025
Professionnels supplémentaires nécessaires d’ici 2050 environ 800 000 Insee / DREES, 2025

Une étude plus récente de la DREES (juin 2026) mesure une baisse d’environ 6 % du nombre de proches aidants apportant une aide à la vie quotidienne entre 2008 et 2022 — environ 5,3 millions de personnes de 16 ans ou plus en 2022 — mais une intensification de l’aide apportée par chacun. Moins d’aidants, davantage sollicités : la tension est là.

Les dispositifs français de soutien aux aidants

Dispositif Contenu
Congé de proche aidant Durée maximale de 3 mois, renouvelable, sans dépasser 1 an sur l’ensemble de la carrière. Ouvert à tout salarié, sans condition d’ancienneté ; l’employeur ne peut pas le refuser
Allocation journalière du proche aidant (AJPA) 66,64 € par journée et 33,32 € par demi-journée, dans la limite de 22 jours par mois, 66 jours par personne aidée et 264 jours sur la carrière (montants au 15 juin 2026 ; 58,31 € par journée à Mayotte)
Assurance vieillesse des aidants (AVA) Validation de droits à la retraite pendant la période d’aide
Solutions de répit Accueil de jour, hébergement temporaire, relayage à domicile, plateformes d’accompagnement et de répit
Journée nationale des aidants Le 6 octobre, depuis 2010
Stratégies nationales « Agir pour les aidants » 2020-2022, puis stratégie de mobilisation et de soutien pour les aidants 2023-2027

Les défis contemporains de l’économie des soins

Un travail sous-payé et sous-protégé

Dans le monde entier, les métiers du soin cumulent les mêmes fragilités : absence de protection sociale, rémunération insuffisante voire inexistante, horaires fragmentés, exposition à la violence physique et psychologique. Les travailleuses et travailleurs domestiques, à la charnière du soin direct et indirect, restent parmi les plus exposés à l’emploi informel.

La charge invisible des aidants

Assurer une aide régulière à un proche a un coût sanitaire, professionnel et financier. Les enquêtes françaises montrent une santé déclarée moins bonne chez les aidants que dans le reste de la population, imputable à la charge mentale et physique. S’y ajoutent l’isolement, le renoncement aux soins pour soi-même et la difficulté à concilier aide et emploi. Une part importante des aidants ne se reconnaît d’ailleurs pas dans ce terme, ce qui les tient à l’écart des dispositifs existants.

Le mur démographique et le déficit de main-d’œuvre

Les besoins augmentent plus vite que l’offre de professionnels. En France comme ailleurs, le secteur du grand âge et du domicile peine à recruter et à fidéliser. Le défi n’est pas seulement budgétaire : il porte sur l’attractivité des métiers, la formation, la reconnaissance des compétences et les conditions de travail.

La question du financement

Combler les lacunes mondiales en matière de congés liés aux soins, de garde d’enfants et de soins de longue durée supposerait, selon l’OIT, un investissement annuel de l’ordre de 5 400 milliards de dollars d’ici 2035 — soit environ 4,2 % du PIB mondial. En contrepartie, cet investissement pourrait générer jusqu’à 299 millions d’emplois à cet horizon, dont une partie du coût serait compensée par les recettes fiscales supplémentaires.

Journée internationale des soins et de l'assistance — Deux adultes vus de dos dans un salon, dont une personne âgée accompagnée.

Comment participer à la Journée internationale des soins et de l’assistance

Événements institutionnels

  • Commémoration officielle des Nations unies, organisée conjointement par le HCDH, ONU Femmes et l’OIT, généralement à Genève ou New York, réunissant États membres, experts, syndicats et personnes concernées.
  • Tables rondes et rapports publiés par les agences onusiennes et les organisations régionales.
  • Prises de position des confédérations syndicales et des organisations d’employeurs.

Mobilisation associative et locale

  • Forums d’aidants, cafés des aidants, permanences d’information organisés par les associations, les caisses de retraite et les conseils départementaux.
  • Ateliers de formation à destination des proches aidants (gestes techniques, compréhension de la maladie, prévention de l’épuisement).
  • Portes ouvertes des plateformes de répit et des structures d’accueil.

Dans les entreprises

  • Sensibilisation des salariés aidants et information sur leurs droits (congé de proche aidant, aménagement d’horaires, télétravail).
  • Signature d’accords ou de chartes internes reconnaissant le statut de salarié aidant.
  • Identification d’un référent aidants au sein des services de ressources humaines.

À titre individuel

  • Se renseigner sur ses droits si l’on aide un proche : beaucoup d’aidants ignorent l’existence de l’AJPA ou du congé de proche aidant.
  • Nommer la situation : se reconnaître comme aidant est la première condition pour accéder aux dispositifs.
  • Rééquilibrer la charge au sein du foyer, en répartissant plus équitablement les tâches domestiques et de soin.
  • Remercier concrètement un professionnel du soin, ou soutenir une association d’aidants.

Les « 5 R » : la grille de lecture de l’OIT

Pour transformer l’économie des soins, l’OIT propose un cadre en cinq verbes, devenu la référence internationale :

Verbe Signification
Reconnaître Mesurer et rendre visible le travail de soin non rémunéré dans les statistiques et les politiques publiques
Réduire Diminuer la pénibilité et le volume de ce travail par des services publics et des infrastructures adaptées
Redistribuer Répartir plus équitablement la charge entre femmes et hommes, et entre familles, État et marché
Rémunérer Garantir des salaires décents et une protection sociale aux travailleurs du soin
Représenter Assurer la voix collective des prestataires de soins dans le dialogue social

C’est cette grille que reprennent, en substance, la résolution A/RES/77/317 et la résolution adoptée par la Conférence internationale du Travail en juin 2024.

Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 29 octobre.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale des personnes âgées, Journée mondiale des parents.

Foire aux questions sur la Journée internationale des soins et de l’assistance

Quand a lieu la Journée internationale des soins et de l’assistance ?

La Journée internationale des soins et de l’assistance a lieu chaque année le 29 octobre. La date a été fixée par l’Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution du 24 juillet 2023, en reprenant la date du 29 octobre déjà retenue par le mouvement syndical international pour sa journée d’action mondiale pour les soins.

Qui a créé la Journée internationale des soins et de l’assistance ?

La Journée internationale des soins et de l’assistance a été créée par l’Assemblée générale des Nations unies via la résolution A/RES/77/317, adoptée le 24 juillet 2023. Sa mise en œuvre a été confiée à trois entités du système onusien : ONU Femmes, l’Organisation internationale du Travail et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Elle s’inscrit dans le prolongement direct des campagnes syndicales menées depuis 2019.

Quelle est la différence entre les soins et l’assistance ?

La distinction entre les soins et l’assistance recouvre celle que fait l’OIT entre soins directs et soins indirects. Les soins désignent l’aide apportée directement à la personne : toilette, alimentation, accompagnement médical, présence auprès d’un enfant ou d’un malade. L’assistance renvoie plutôt aux tâches qui rendent cette aide possible : travaux domestiques, courses, démarches administratives, organisation du quotidien. Les deux relèvent du même ensemble, l’économie des soins, et sont assurées majoritairement par des femmes.

Combien y a-t-il de proches aidants en France ?

En France, 9,3 millions de personnes déclaraient en 2021 apporter une aide régulière à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie, selon la DREES : 8,8 millions d’adultes, soit un adulte sur six, et 0,5 million de mineurs de 5 ans ou plus. Les 55-64 ans sont les plus concernés, avec près d’une personne sur quatre, et les femmes représentent 56 % des aidants adultes.

Quelles aides existent pour les proches aidants en France ?

Les proches aidants en France disposent principalement du congé de proche aidant, d’une durée maximale de 3 mois renouvelable dans la limite d’un an sur la carrière, et de l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), fixée à 66,64 € par journée et 33,32 € par demi-journée, dans la limite de 66 jours par personne aidée. S’y ajoutent l’assurance vieillesse des aidants, qui préserve les droits à la retraite, ainsi que les solutions de répit : accueil de jour, hébergement temporaire et relayage à domicile. La demande d’AJPA s’effectue auprès de la CAF ou de la MSA.

Quelle différence entre la Journée internationale des soins et de l’assistance et la Journée nationale des aidants ?

La Journée internationale des soins et de l’assistance, le 29 octobre, est une journée onusienne à portée mondiale, qui embrasse l’ensemble de l’économie des soins — travail rémunéré et non rémunéré, systèmes publics, égalité de genre. La Journée nationale des aidants, célébrée en France le 6 octobre depuis 2010, se concentre sur les proches aidants non professionnels et sur les dispositifs français de soutien. Les deux sont complémentaires : l’une pose le cadre international, l’autre mobilise les acteurs de terrain à l’échelle nationale.

Prendre soin, une affaire collective

Personne ne traverse une vie entière sans avoir besoin de soins, et rares sont ceux qui n’en donneront jamais. Le 29 octobre rappelle cette évidence trop rarement énoncée : le soin n’est ni un supplément d’âme, ni une vocation naturellement féminine, ni une charge que les familles devraient assumer seules. C’est une infrastructure sociale, au même titre que l’école ou les transports. La reconnaître comme telle — la financer, la professionnaliser, la partager — reste le chantier des prochaines décennies. En attendant, la journée offre une occasion simple : regarder autour de soi, identifier celles et ceux qui prennent soin, et se demander qui prend soin d’eux.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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