Chaque 15 novembre, les Nations Unies consacrent une journée entière à l’une des menaces les plus insaisissables du monde contemporain : la criminalité transnationale organisée. Drogues, armes, êtres humains, espèces protégées, biens culturels, médicaments falsifiés, fraudes en ligne, blanchiment de capitaux — les réseaux criminels traversent les frontières bien plus vite que les procédures judiciaires censées les arrêter.

Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 21 mars 2024, cette Journée internationale vise à sensibiliser aux menaces que représentent toutes les formes de criminalité transnationale organisée et à renforcer la coopération internationale en la matière. Le choix du 15 novembre n’a rien d’arbitraire : c’est la date anniversaire de l’adoption, en 2000, de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, dite « Convention de Palerme ».
| Données clés | Détail |
|---|---|
| Date | 15 novembre, chaque année |
| Intitulé officiel | Journée internationale de la prévention de toutes les formes de criminalité transnationale organisée et de la lutte contre ce fléau |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/78/267 de l’Assemblée générale des Nations Unies |
| Date d’adoption | 21 mars 2024 (63ᵉ séance plénière, projet A/78/L.45) |
| Première célébration | 15 novembre 2024 |
| Organisme chef de file | Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), siège à Vienne |
| Convention de référence | Convention de Palerme, adoptée le 15 novembre 2000 (résolution 55/25) |
| États parties à la Convention | 192 |
| Financement des activités | Contributions volontaires |
| Mot-dièse | #StopOrganizedCrime |
C’est quoi la criminalité transnationale organisée ?
La criminalité transnationale organisée désigne les activités illicites graves commises par des groupes structurés dont l’action déborde les frontières d’un seul État. La Convention de Palerme retient une définition volontairement large : un groupe criminel organisé compte au moins trois personnes, agit de concert dans la durée et cherche à en tirer un avantage financier ou matériel. Le caractère transnational est établi dès lors que l’infraction est commise dans plusieurs États, ou préparée, planifiée, dirigée depuis un autre État, ou encore qu’elle produit des effets substantiels au-delà des frontières.
Les grands marchés criminels
Contrairement aux textes antérieurs qui ciblaient une activité précise (stupéfiants, blanchiment), la Convention appréhende le phénomène dans son ensemble. Les principaux marchés couverts sont :
- Le trafic de stupéfiants : cocaïne, cannabis, héroïne, drogues de synthèse.
- La traite des êtres humains : exploitation sexuelle, travail forcé, criminalité forcée.
- Le trafic illicite de migrants par terre, mer et air.
- Le trafic d’armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions.
- Les trafics d’espèces protégées, de biens culturels et de produits médicaux falsifiés.
- La criminalité financière : blanchiment du produit du crime, fraudes, escroqueries en ligne.
- La corruption et l’entrave à la justice, qui protègent l’ensemble de l’édifice.
Une mutation profonde des organisations
Le modèle mafieux territorial, hiérarchique et ancré dans un quartier ou une région, n’a pas disparu, mais il a été largement complété — parfois remplacé — par des réseaux plus petits, plus souples, disposant de ramifications dans plusieurs juridictions. Résultat : les auteurs, les témoins, les victimes et les produits du crime peuvent se trouver dans des pays différents, ce qui rend illusoire toute réponse strictement nationale.
Ces groupes se distinguent par une capacité d’adaptation redoutable. Ils exploitent systématiquement les vulnérabilités et les crises — pandémie, récession, catastrophe naturelle, conflit armé — pour étendre leurs marchés. Et à mesure que leurs activités intègrent une dimension numérique, y compris l’usage d’actifs virtuels, leur portée et leur capacité de nuisance augmentent.
Origine et histoire de la Journée internationale contre la criminalité transnationale organisée
De Palerme à New York : la genèse d’une date
Le 15 novembre 2000, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte, par sa résolution 55/25, la Convention contre la criminalité transnationale organisée ainsi que deux de ses protocoles additionnels. Le texte est ouvert à la signature lors d’une conférence politique de haut niveau tenue à Palerme, en Sicile, du 12 au 15 décembre 2000 — un choix hautement symbolique, en hommage aux magistrats italiens tombés dans la lutte antimafia. La Convention entre en vigueur le 29 septembre 2003.
Vingt-quatre ans après cette adoption, l’Assemblée générale décide de faire du 15 novembre une journée internationale à part entière. La résolution A/RES/78/267, adoptée le 21 mars 2024 sans renvoi à une grande commission, proclame la Journée et invite l’ONUDC à en faciliter la célébration.
| Année | Étape |
|---|---|
| 15 novembre 2000 | Adoption de la Convention de Palerme et de deux protocoles (résolution 55/25) |
| 12-15 décembre 2000 | Ouverture à la signature à Palerme ; la France signe le 12 décembre |
| 31 mai 2001 | Adoption du Protocole sur les armes à feu (résolution 55/255) |
| 6 août 2002 | Loi française autorisant la ratification de la Convention |
| 29 octobre 2002 | Dépôt par la France de ses instruments de ratification |
| 29 septembre 2003 | Entrée en vigueur de la Convention |
| 16 octobre 2020 | Résolution 10/4 de la Conférence des Parties pour le 20ᵉ anniversaire |
| 21 mars 2024 | Proclamation de la Journée internationale (résolution 78/267) |
| 15 novembre 2024 | Première célébration mondiale |
Un hommage explicite aux victimes
La résolution fondatrice comporte une dimension mémorielle rare dans ce type de texte. L’Assemblée générale y commémore toutes les victimes de la criminalité organisée, y compris celles qui ont perdu la vie en la combattant, en particulier les personnels des services répressifs et judiciaires. Elle rend un hommage nommément appuyé au juge italien Giovanni Falcone, dont le travail et le sacrifice ont ouvert la voie à l’adoption de la Convention, et affirme que cet héritage se perpétue à travers l’engagement mondial contre le crime organisé.
Objectifs principaux de la Journée
- Sensibiliser : faire connaître au grand public l’ampleur et la diversité des menaces posées par toutes les formes de criminalité transnationale organisée.
- Renforcer la coopération internationale : promouvoir la Convention de Palerme comme base juridique pour l’extradition, l’entraide judiciaire et la coopération policière.
- Protéger les victimes : rappeler que la répression n’a de sens que si elle s’accompagne d’une prise en charge des personnes exploitées.
- Relier crime et développement : souligner l’importance de la lutte pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.
- Mobiliser au-delà des États : associer société civile, secteur privé, monde universitaire et médias, dont la résolution reconnaît explicitement le rôle.
Importance et impact de la lutte contre la criminalité organisée
Un poids économique vertigineux
L’économie criminelle n’est pas un phénomène marginal : c’est un secteur financier parallèle. L’ONUDC estime que 800 à 2 000 milliards de dollars sont blanchis chaque année dans le monde, soit 2 à 5 % du PIB mondial. Plus inquiétant encore : moins de 1 % de ces flux financiers illicites font l’objet d’une saisie ou d’un gel.
| Indicateur | Estimation | Source |
|---|---|---|
| Montants blanchis chaque année | 800 à 2 000 milliards USD (2 à 5 % du PIB mondial) | ONUDC |
| Part des flux illicites interceptés | Moins de 1 % | ONUDC |
| Pertes dues aux escroqueries en ligne en Asie-Pacifique (2025) | 88,3 à 114,1 milliards USD | ONUDC, juillet 2026 |
| Comparaison 2023 pour la même zone | 18 à 37 milliards USD | ONUDC |
L’explosion des centres d’escroquerie en ligne illustre le basculement en cours : en deux ans, les pertes subies par les victimes en Asie de l’Est, en Asie du Sud-Est, en Australie et en Nouvelle-Zélande ont plus que triplé. Ces plateformes combinent fraude aux faux investissements en cryptomonnaies, arnaques sentimentales, traite des êtres humains et blanchiment en actifs numériques.
Une atteinte directe à l’État de droit
Le crime organisé prospère partout et affecte la gouvernance et les processus politiques en affaiblissant l’avancement de l’État de droit. C’est le constat qui ouvre la présentation onusienne de la Journée. Le troisième Global Organized Crime Index, publié par la Global Initiative Against Transnational Organized Crime en novembre 2025, le documente chiffres à l’appui.
| Constat de l’Index 2025 | Donnée |
|---|---|
| Pays à forte criminalité et faible résilience | 66 pays sur 193 (34 %), contre 57 en 2023 |
| Pays où des acteurs infiltrés dans l’État exercent une influence sévère | 80 sur 193 |
| Marché criminel le plus répandu au monde | La criminalité financière |
| Régions où la cybercriminalité s’est aggravée depuis 2023 | 18 sur 22 |
| Influence significative à sévère des drogues de synthèse | Environ 40 % des pays |
Le rapport formule un diagnostic net : la criminalité progresse pendant que la résilience des États plafonne, ouvrant un écart dangereux dans lequel les réseaux prospèrent. Il souligne aussi que la trajectoire n’est pas fatale — renforcer certains piliers de résilience, notamment le système judiciaire, la prévention et le soutien aux victimes et aux témoins, réduit de façon mesurable l’influence des acteurs criminels infiltrés dans l’appareil d’État.
Un coût humain irréductible aux statistiques
Derrière chaque marché criminel, il y a des personnes. Le Rapport mondial 2024 de l’ONUDC sur la traite des êtres humains, qui couvre 156 pays, fait état d’une augmentation de 25 % du nombre de victimes détectées en 2022 par rapport à 2019.
- +47 % de victimes détectées de traite à des fins de travail forcé entre 2019 et 2022.
- +31 % d’enfants victimes détectés sur la même période, avec une hausse de 38 % pour les filles.
- 61 % des victimes détectées en 2022 étaient des femmes et des filles.
- De 1 % à 8 % : la part de la traite à des fins de criminalité forcée, notamment pour alimenter les escroqueries en ligne, entre 2016 et 2022.
- 162 nationalités de victimes recensées vers 128 pays de destination en 2022.
Le contexte mondial et français de la criminalité transnationale organisée
En Europe : des réseaux devenus « entreprises mondiales »
Europol a publié le 26 juin 2026 la deuxième édition de son rapport consacré aux réseaux criminels les plus menaçants de l’Union européenne. L’agence y recense 731 réseaux actifs, regroupant plus de 400 000 membres de 118 nationalités différentes. Le nombre de réseaux est en baisse par rapport aux 821 identifiés en 2024, mais l’agence met en garde contre toute lecture triomphaliste : 76 % des réseaux de 2024 ont disparu de la liste — démantèlement, restructuration ou baisse du niveau de menace — tandis que 533 nouveaux réseaux ont été identifiés et qu’un noyau dur de 198 réseaux a résisté.
| Europol – réseaux criminels les plus menaçants | 2024 | 2026 |
|---|---|---|
| Nombre de réseaux identifiés | 821 | 731 |
| Réseaux persistants d’une édition à l’autre | — | 198 |
| Nouveaux réseaux identifiés | — | 533 |
| Nationalités représentées | 112 | 118 |
L’activité dominante reste le trafic de stupéfiants, suivi par la fraude, la fraude en ligne, la criminalité organisée contre les biens et la traite des êtres humains. Europol insiste sur un point : ces réseaux ne fonctionnent plus en vase clos mais s’inscrivent dans un écosystème criminel fluide, où la logistique, le blanchiment ou la fourniture de matériel se mutualisent selon un modèle de « criminalité comme service ».
En France : une réponse institutionnelle refondée
La France est partie à la Convention de Palerme depuis 2002. Mais c’est la décennie 2015-2025 qui a fait basculer la question du narcotrafic et de la criminalité organisée au premier rang de l’agenda politique national. Une commission d’enquête sénatoriale rend ses conclusions en mai 2024 ; l’attaque du péage d’Incarville et l’évasion d’un narcotrafiquant, la même année, coûtent la vie à deux agents pénitentiaires. Le législateur réagit avec la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic.
Son dispositif institutionnel entre en vigueur le 5 janvier 2026 avec l’installation, au tribunal judiciaire de Paris, du Parquet national anticriminalité organisée (PNACO) — troisième parquet national après le parquet national financier et le parquet national antiterroriste. Dirigé par Vanessa Perrée, il se substitue à la JUNALCO et dispose d’une compétence nationale sur le haut du spectre de la criminalité organisée, y compris économique et financière, avec une coordination des huit juridictions interrégionales spécialisées (JIRS).
| Indicateur français | Donnée |
|---|---|
| Cocaïne saisie en 2025 | 84,3 tonnes (contre 53,5 tonnes en 2024, +58 %) |
| Cannabis saisi en 2025 | 127,3 tonnes (contre 101 tonnes en 2024, +21 %) |
| Total des stupéfiants saisis en 2025 | Environ 210 tonnes |
| Avoirs criminels saisis | 146 M€ en 2025, contre 113 M€ en 2024 |
| Chiffre d’affaires estimé du marché de la drogue | Environ 6,8 à 7 milliards d’euros |
| Assassinats et tentatives liés au narcotrafic (2024) | 367 selon l’OFAST |
| Effectifs du PNACO à l’installation | 16 magistrats, montée en puissance prévue à 30 |
Ces chiffres appellent une lecture prudente : une hausse des saisies traduit à la fois une intensification de l’action répressive et une augmentation des volumes en circulation. Le premier bilan public du PNACO, communiqué en juin 2026, faisait état de 212 dossiers suivis, près de 990 millions d’euros de saisies et 600 personnes mises en examen.
Les défis contemporains de la lutte contre la criminalité transnationale organisée
Le basculement numérique
La criminalité organisée devient de moins en moins physique. Les fraudes en ligne, les rançongiciels, les places de marché du dark web et le blanchiment en cryptomonnaies permettent d’opérer à distance, à grande échelle, depuis des juridictions difficilement atteignables. Le Global Organized Crime Index 2025 relève une aggravation de la cybercriminalité dans 18 des 22 régions du monde et souligne la montée de formes de criminalité relativement « invisibles » — contrefaçon, fraude financière — dont les victimes ne s’identifient pas toujours comme telles.
La corruption et la porosité des institutions
Aucun grand réseau ne prospère durablement sans complicités. La corruption d’agents publics, de personnels portuaires, douaniers ou judiciaires constitue le point faible structurel des dispositifs de lutte. L’Index 2025 identifie 80 pays où des acteurs intégrés à l’appareil d’État exercent une influence sévère sur les économies illicites — un phénomène qui déplace le problème de la sécurité vers la gouvernance.
La question patrimoniale : suivre l’argent
Le talon d’Achille des enquêtes reste le volet financier. Avec moins de 1 % des flux illicites saisis ou gelés à l’échelle mondiale, la rentabilité du crime organisé demeure quasi intacte, même lorsque des individus sont arrêtés. C’est précisément l’axe retenu par la campagne onusienne de 2025, « Suivez l’argent. Mettez fin au crime organisé. », qui met l’accent sur la traçabilité des flux financiers illicites, la confiscation des avoirs et leur restitution aux communautés spoliées.
La logistique légale détournée
Ports, plateformes logistiques, sociétés-écrans, transporteurs : les réseaux s’appuient massivement sur les infrastructures de l’économie légale. Europol plaide pour une stratégie de « résilience par conception », c’est-à-dire un renforcement structurel des maillons logistiques, financiers et numériques plutôt qu’une approche centrée sur les seuls individus.

Comment participer à la Journée internationale du 15 novembre
La résolution 78/267 invite États membres, entités du système des Nations Unies, organisations régionales, société civile, secteur privé, universités et médias à célébrer la Journée, notamment par des activités éducatives et de sensibilisation, et à partager les bonnes pratiques.
Événements institutionnels
- Manifestations de haut niveau organisées à Vienne, siège de l’ONUDC, autour du 15 novembre.
- Sessions de sensibilisation dans les ministères de la justice et de l’intérieur, les écoles de magistrature et de police.
- Publications et rapports d’organisations internationales calés sur cette date.
Actions de sensibilisation et actions numériques
- Relayer la campagne annuelle de l’ONUDC et le mot-dièse #StopOrganizedCrime.
- Diffuser des contenus pédagogiques sur les signaux d’alerte de la traite des êtres humains et des escroqueries en ligne.
- Faire connaître les dispositifs nationaux de signalement et d’accompagnement des victimes.
Ce que chacun peut faire
- S’informer sur les mécanismes des fraudes en ligne, premier marché criminel en expansion.
- Vérifier ses achats : les produits contrefaits, notamment les médicaments, alimentent directement des réseaux criminels et présentent des risques sanitaires majeurs.
- Signaler les situations d’exploitation suspectées auprès des autorités ou des associations spécialisées.
- Soutenir les organisations qui accompagnent les victimes de traite et de travail forcé.
Giovanni Falcone et l’esprit de Palerme
Il est rare qu’une résolution des Nations Unies cite un magistrat par son nom. La résolution 78/267 le fait pour Giovanni Falcone, juge italien assassiné avec son épouse et trois policiers de son escorte, dont le travail sur le lien entre mafia et circuits financiers a durablement transformé les méthodes d’enquête antimafia.
C’est en hommage à Falcone et à ses collègues que la conférence d’ouverture à la signature de la Convention s’est tenue à Palerme en décembre 2000, donnant au texte son nom usuel. Cette filiation n’est pas seulement mémorielle : elle traduit une doctrine. Traquer les organisations criminelles par leurs flux d’argent plutôt que par leurs seuls exécutants, coopérer par-delà les frontières, protéger les repentis et les témoins — autant de principes issus de l’expérience italienne que l’on retrouve, sous des formes adaptées, dans la Convention de Palerme comme dans la loi française du 13 juin 2025, qui a notamment introduit un statut du « repenti » élargi.
Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 15 novembre.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de lutte contre le terrorisme.
Foire aux questions sur la Journée internationale du 15 novembre
Quand a lieu la Journée internationale de la prévention de toutes les formes de criminalité transnationale organisée ?
La Journée internationale de la prévention de toutes les formes de criminalité transnationale organisée et de la lutte contre ce fléau a lieu chaque année le 15 novembre. Cette date a été fixée par la résolution A/RES/78/267 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 21 mars 2024. La première célébration mondiale s’est tenue le 15 novembre 2024.
Pourquoi le 15 novembre a-t-il été choisi pour cette Journée internationale ?
Le 15 novembre a été choisi parce qu’il correspond à l’anniversaire de l’adoption, le 15 novembre 2000, de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée par la résolution 55/25 de l’Assemblée générale. Ce traité, connu sous le nom de Convention de Palerme, demeure le principal instrument juridique mondial pour prévenir et combattre la criminalité organisée sous toutes ses formes.
Qu’est-ce que la Convention de Palerme ?
La Convention de Palerme est le nom usuel de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, adoptée le 15 novembre 2000 et ouverte à la signature à Palerme, en Sicile, du 12 au 15 décembre 2000. Entrée en vigueur le 29 septembre 2003, elle compte 192 États parties, ce qui en fait l’un des traités les plus largement ratifiés au monde. Elle est complétée par trois protocoles portant sur la traite des personnes, le trafic illicite de migrants et le trafic d’armes à feu, et sert de base juridique à l’extradition et à l’entraide judiciaire entre États.
Qu’est-ce que la criminalité transnationale organisée exactement ?
La criminalité transnationale organisée recouvre les infractions graves commises par des groupes structurés d’au moins trois personnes agissant de concert dans un but lucratif, lorsque ces infractions franchissent les frontières d’un État ou sont préparées, dirigées ou contrôlées depuis un autre pays. Elle englobe le trafic de stupéfiants, la traite des êtres humains, le trafic illicite de migrants, le trafic d’armes, d’espèces protégées, de biens culturels et de produits médicaux falsifiés, ainsi que le blanchiment du produit du crime, la corruption et l’entrave à la justice.
Quel organisme des Nations Unies pilote la lutte contre la criminalité transnationale organisée ?
L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), créé en 1997 et basé à Vienne, pilote la lutte contre la criminalité transnationale organisée au sein du système onusien. Il assure le secrétariat de la Convention de Palerme et la résolution 78/267 l’invite explicitement à faciliter la célébration de la Journée internationale, en collaboration avec les autres entités compétentes.
Comment participer à la Journée internationale contre la criminalité transnationale organisée ?
Participer à la Journée internationale contre la criminalité transnationale organisée passe par des gestes accessibles à tous : relayer la campagne annuelle de l’ONUDC et le mot-dièse #StopOrganizedCrime, s’informer sur les mécanismes des escroqueries en ligne et de la traite des êtres humains, refuser les produits contrefaits, signaler les situations d’exploitation aux autorités compétentes et soutenir les associations d’accompagnement des victimes. La résolution fondatrice invite également les établissements scolaires, les universités, les entreprises et les médias à organiser des activités éducatives et de sensibilisation.
Le crime organisé n’est plus une affaire de territoires marqués et de figures folkloriques : c’est une industrie mondialisée qui exploite les mêmes infrastructures logistiques, financières et numériques que l’économie légale. Le 15 novembre rappelle qu’aucun État ne peut le combattre seul, et que derrière chaque saisie record il y a des victimes, des enquêteurs et des magistrats. Suivre l’argent, coopérer par-delà les frontières, protéger ceux qui témoignent : trois principes hérités de Palerme, aussi actuels aujourd’hui qu’en 2000.
