Chaque 12 mai, la Journée internationale de la santé des végétaux rappelle une évidence trop souvent oubliée : sans plantes en bonne santé, il n’y a ni alimentation, ni oxygène, ni forêts, ni paysages. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies et pilotée par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) en lien avec le Secrétariat de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), cette journée met en lumière un enjeu discret mais vital : protéger les végétaux des organismes nuisibles et des maladies qui détruisent chaque année une part considérable des récoltes mondiales.

Derrière ce sujet technique se cachent des chiffres vertigineux. Les végétaux fournissent 80 % des aliments que nous consommons et 98 % de l’oxygène que nous respirons — mais jusqu’à 40 % des cultures vivrières mondiales sont perdues chaque année à cause des ravageurs et des maladies. La Journée internationale de la santé des végétaux existe pour rendre visible ce combat permanent.
L’essentiel sur la Journée internationale de la santé des végétaux
| Élément | Information |
|---|---|
| Date | 12 mai, chaque année (date fixe) |
| Nom officiel | Journée internationale de la santé des végétaux |
| Sigle international | IDPH (International Day of Plant Health) |
| Instaurée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Résolution | A/RES/76/256, adoptée le 29 mars 2022 |
| Projet de résolution | A/76/L.42 |
| Portée par | La Zambie, avec la Bolivie, la Finlande, le Pakistan, les Philippines et la Tanzanie |
| Organisme chef de file | FAO, avec le Secrétariat de la CIPV |
| Première édition | 12 mai 2022 |
| Origine | Héritage de l’Année internationale de la santé des végétaux (2020-2021) |
| Hashtags | #JournéeDeLaSantéDesVégétaux, #ProtectOurPlants, #PlantHealth4Life |
C’est quoi la santé des végétaux ?
La santé des végétaux désigne l’état sanitaire des plantes cultivées, forestières, ornementales et sauvages, ainsi que l’ensemble des dispositifs mis en place pour les protéger des organismes qui les attaquent. On parle aussi de santé phytosanitaire ou de protection des végétaux.
Les agresseurs des plantes
Les végétaux sont vulnérables à une grande variété d’organismes nuisibles :
- Les insectes et acariens : criquets, coléoptères, pucerons, mouches des fruits, cochenilles, longicornes.
- Les champignons et oomycètes : mildiou, rouilles, fusarioses, chalarose.
- Les bactéries : Xylella fastidiosa, feu bactérien, chancres.
- Les virus et phytoplasmes : mosaïques, jaunisses, flavescence dorée.
- Les nématodes : vers microscopiques du sol, comme le nématode du pin.
- Les plantes envahissantes : adventices exotiques qui concurrencent les cultures.
La biosécurité végétale, le bouclier des cultures
Le concept clé promu par la FAO est celui de biosécurité végétale. Il s’agit de l’équivalent, pour les plantes, du contrôle aux frontières et des règles d’hygiène appliqués à la santé humaine : vérifier, protéger et intervenir pour empêcher les organismes nuisibles dangereux d’endommager les cultures et de perturber leur commerce.
Cette biosécurité repose sur trois piliers :
- La prévention : contrôles à l’importation, certificats phytosanitaires, quarantaine des végétaux entrants.
- La surveillance : réseaux d’épidémiosurveillance, détection précoce, systèmes d’alerte rapide.
- La lutte : mesures d’éradication ou d’enrayement lorsqu’un foyer est confirmé.
Un chiffre résume l’enjeu commercial : la valeur annuelle du commerce des produits agricoles atteint aujourd’hui environ 1 700 milliards de dollars, un montant qui a presque triplé en une décennie. Sans normes phytosanitaires harmonisées, ces échanges deviendraient autant d’autoroutes pour les ravageurs.
Origine et histoire de la Journée internationale de la santé des végétaux
Une longue construction internationale
La coopération phytosanitaire mondiale n’est pas née en 2022. Elle remonte au début des années 1950, avec deux textes fondateurs adoptés la même année.
En avril 1951, quinze pays européens signent à Paris la convention créant l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP), née de la nécessité de lutter contre l’expansion du doryphore. En décembre 1951, la Conférence de la FAO approuve la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), entrée en vigueur en avril 1952. C’est aujourd’hui le seul traité international entièrement consacré à l’établissement de normes phytosanitaires.
De l’Année internationale à la Journée internationale
Le chemin vers la Journée du 12 mai passe par une année entière de mobilisation. En décembre 2018, l’Assemblée générale des Nations Unies proclame 2020 Année internationale de la santé des végétaux. Prolongée jusqu’en 2021 en raison de la pandémie, cette année de sensibilisation laisse derrière elle une conviction partagée : la santé des végétaux mérite un rendez-vous annuel permanent.
La FAO transmet un projet de résolution à l’Assemblée générale, portée diplomatiquement par la Zambie. Le 29 mars 2022, la résolution A/RES/76/256 est adoptée à l’unanimité. La première Journée internationale de la santé des végétaux est célébrée quelques semaines plus tard, le 12 mai 2022, au siège de la FAO à Rome.
Chronologie de la santé des végétaux
| Année | Événement |
|---|---|
| Avril 1951 | Signature à Paris de la convention créant l’OEPP |
| Décembre 1951 | Adoption de la CIPV par la Conférence de la FAO |
| Avril 1952 | Entrée en vigueur de la CIPV |
| 1997 | Révision majeure du texte de la CIPV |
| Décembre 2018 | L’ONU proclame 2020 Année internationale de la santé des végétaux (A/RES/73/252) |
| 2020-2021 | Année internationale de la santé des végétaux |
| 29 mars 2022 | Adoption de la résolution A/RES/76/256 instaurant la Journée du 12 mai |
| 12 mai 2022 | Première édition de la Journée internationale de la santé des végétaux |
Les cinq objectifs de la Journée internationale de la santé des végétaux
La FAO assigne cinq finalités précises à cette journée :
- Sensibiliser à l’importance de la santé des végétaux pour atteindre les Objectifs de développement durable, en particulier l’ODD 2 « Faim zéro ».
- Réduire les risques de propagation liés au commerce et aux voyages, en encourageant le respect des normes internationales pour les mesures phytosanitaires.
- Renforcer les systèmes de surveillance et d’alerte rapide destinés à protéger les végétaux.
- Promouvoir une gestion durable des organismes nuisibles et des pesticides, protectrice de l’environnement.
- Encourager l’investissement dans l’innovation, la recherche, le renforcement des capacités et la sensibilisation.
Pourquoi la santé des végétaux est un enjeu majeur 🌱
Une question de sécurité alimentaire
Le chiffre le plus frappant est aussi le plus simple : jusqu’à 40 % des cultures vivrières mondiales sont détruites chaque année par les organismes nuisibles et les maladies. Cette perte survient dans un contexte de tension démographique. Selon les estimations de la FAO citées à l’occasion de cette journée, il faudrait accroître la production agricole d’environ 60 % d’ici 2050 pour nourrir une population plus nombreuse et globalement plus aisée.
Un coût économique colossal
| Poste | Estimation annuelle |
|---|---|
| Coût des maladies des végétaux pour l’économie mondiale | Plus de 220 milliards USD |
| Coût des insectes envahissants | Au moins 70 milliards USD |
| Valeur du commerce mondial des produits agricoles | Environ 1 700 milliards USD |
Ces montants n’intègrent ni les pertes après récolte, ni le gaspillage alimentaire. Ils illustrent une règle constante en phytosanitaire : prévenir coûte infiniment moins cher que guérir. Une fois installé, un organisme nuisible est rarement éradicable ; il faut alors le contenir durablement, année après année, sur une zone donnée.
Un enjeu environnemental et de biodiversité
Protéger les végétaux, ce n’est pas seulement protéger les champs. Les organismes nuisibles menacent aussi les forêts, les milieux naturels et les espèces sauvages. Un ravageur exotique qui s’installe dans un écosystème dépourvu de ses prédateurs naturels peut y provoquer des dégâts irréversibles.
À l’inverse, une santé des végétaux mieux maîtrisée permet de réduire le recours aux produits phytopharmaceutiques, en misant sur la détection précoce, la lutte biologique et les variétés résistantes plutôt que sur les traitements curatifs massifs.
Une dimension « Une seule santé »
La santé des végétaux s’inscrit pleinement dans l’approche One Health (« Une seule santé »), qui relie santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes. Des plantes malades produisent moins, produisent moins bien sur le plan nutritionnel, et fragilisent les revenus des agriculteurs comme la qualité de l’alimentation.
La santé des végétaux à travers le monde
Des menaces qui voyagent
La mondialisation des échanges et la multiplication des déplacements ont transformé la géographie des ravageurs. Un insecte discret dans un emballage en bois, une bouture achetée en ligne, un fruit oublié dans un bagage : les vecteurs d’introduction sont souvent banals.
Quelques exemples emblématiques par région :
- Afrique et Asie du Sud : le criquet pèlerin, dont un adulte consomme chaque jour l’équivalent de son poids (environ 2 grammes). Un essaim d’un kilomètre carré, composé d’environ 40 millions d’individus, peut consommer autant de nourriture que quelque 35 000 personnes.
- Amérique du Sud : la chlorose variéguée des agrumes, causée par Xylella fastidiosa, qui frappe les agrumes brésiliens depuis la fin des années 1980.
- Amérique du Nord : la maladie de Pierce, provoquée elle aussi par Xylella fastidiosa, qui a durement touché les vignobles californiens dès la fin du XIXᵉ siècle.
- Europe méditerranéenne : le dessèchement rapide de l’olivier dans les Pouilles italiennes, identifié en 2013.
- Zones tropicales et insulaires : la fusariose du bananier (race tropicale 4), la maladie du dragon jaune des agrumes, le jaunissement mortel du palmier.
Des organisations régionales relais
La CIPV, ratifiée par 185 parties contractantes, s’appuie sur un réseau d’organisations régionales de la protection des végétaux (ORPV). Pour la région européenne et méditerranéenne, c’est l’OEPP, basée à Paris, qui joue ce rôle et fédère aujourd’hui 52 pays membres. Chaque pays dispose par ailleurs d’une organisation nationale de la protection des végétaux (ONPV), interlocuteur officiel pour les signalements et les certificats.
Les défis contemporains de la santé des végétaux
Le changement climatique redistribue les cartes
C’est le défi structurant des prochaines décennies. Avec la hausse des températures, davantage d’organismes nuisibles et de maladies apparaissent plus tôt dans la saison et dans des zones où ils n’étaient pas présents auparavant. Le réchauffement ne réduit pas seulement les rendements : il peut aussi altérer la valeur nutritive des récoltes.
Le commerce et le voyage comme vecteurs
L’intensification des échanges internationaux multiplie mécaniquement les occasions d’introduction. Le scarabée japonais (Popillia japonica) illustre parfaitement le phénomène : ce coléoptère surnommé « insecte autostoppeur » se déplace sur de longues distances en empruntant camions, trains et véhicules particuliers.
La difficulté du diagnostic précoce
Beaucoup de maladies présentent des symptômes peu spécifiques. Une plante contaminée par Xylella fastidiosa peut rester asymptomatique, tandis qu’une plante en apparence malade souffre en réalité de stress hydrique ou de carence. Cette ambiguïté rend la détection tardive — et donc la lutte plus coûteuse.
La perte de résilience des systèmes agricoles
Des décennies d’intensification et d’homogénéisation génétique des cultures ont réduit la capacité des systèmes de production à absorber un choc sanitaire. Une monoculture de variétés génétiquement proches offre à un ravageur un terrain d’expansion idéal.

Comment participer à la Journée internationale de la santé des végétaux
Les gestes essentiels pour tous
La FAO résume les bons réflexes en trois recommandations :
- En voyage, ne transportez pas de végétaux, légumes, fruits, tubercules, semences ou terre : ils peuvent abriter des organismes nuisibles invisibles à l’œil nu.
- Soyez vigilant lors des achats en ligne de végétaux : vérifiez la provenance du produit et la nécessité éventuelle d’un certificat phytosanitaire.
- Signalez tout organisme nuisible ou symptôme suspect à votre organisation nationale de la protection des végétaux.
Pour les jardiniers amateurs
- Inspectez les plants achetés dès leur réception, avant plantation.
- Nettoyez et désinfectez les outils de taille entre deux végétaux.
- Privilégiez des végétaux d’origine locale et tracée.
- Photographiez et signalez tout symptôme inhabituel (dessèchement brutal, brûlures foliaires, galeries dans le bois).
Pour les professionnels
- Respecter la réglementation phytosanitaire en vigueur et les obligations liées au passeport phytosanitaire.
- Mettre en place une surveillance régulière des points sensibles du système de production.
- Former le personnel à la reconnaissance des symptômes.
- Alerter immédiatement les services régionaux en cas de suspicion d’organisme de quarantaine.
Événements et mobilisation numérique
Chaque 12 mai, la FAO organise une cérémonie mondiale à Rome, relayée en webcast, et met à disposition un guide multilingue permettant à chacun — collectivité, entreprise, ONG, école, particulier — d’organiser son propre événement. La conversation en ligne se structure autour des mots-clés #JournéeDeLaSantéDesVégétaux et #ProtectOurPlants.
La santé des végétaux en France 🇫🇷
Un cadre réglementaire européen exigeant
Depuis le 14 décembre 2019, le règlement (UE) 2016/2031 relatif aux mesures de protection contre les organismes nuisibles aux végétaux s’applique dans toute l’Union européenne. Il a introduit deux nouveautés majeures :
- Une classification harmonisée des organismes nuisibles, distinguant notamment les organismes de quarantaine, les organismes de quarantaine prioritaires et les organismes réglementés non de quarantaine.
- L’extension du passeport phytosanitaire à l’ensemble des végétaux destinés à la plantation, à quelques exceptions près pour certaines semences. Ce document, délivré par les opérateurs professionnels autorisés, garantit que les végétaux sont exempts d’organismes de quarantaine.
Le certificat phytosanitaire, distinct du passeport, reste obligatoire pour les végétaux entrant dans l’Union européenne ou dans les DROM, ainsi que pour les exportations vers les pays tiers.
Qui veille sur les plantes en France ?
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| DGAL (ministère de l’Agriculture) | Autorité compétente nationale, pilotage de la politique phytosanitaire |
| DRAAF / SRAL, DAAF, DRIAAF | Services régionaux de l’alimentation : inspections, surveillance, zones délimitées |
| Anses – Laboratoire de la santé des végétaux (LSV) | Laboratoire national de référence : diagnostic, expertise, quarantaine post-entrée |
| FREDON | Réseaux régionaux de surveillance et de lutte |
| INRAE | Recherche, modélisation du risque, outils de diagnostic |
| OEPP | Organisation régionale, dont le siège est à Paris |
Le Laboratoire de la santé des végétaux de l’Anses constitue la colonne vertébrale scientifique du dispositif français. Réparti sur six sites — Angers (bactéries, virus, OGM), Clermont-Ferrand (quarantaine), Montpellier (insectes et plantes invasives), Nancy (champignons et oomycètes), Rennes (nématodes) et Saint-Pierre à La Réunion (organismes tropicaux) — il mobilise une centaine de personnes et anime un réseau d’une vingtaine de laboratoires agréés par le ministère chargé de l’Agriculture.
Les menaces surveillées sur le territoire
En métropole :
- Xylella fastidiosa : détectée pour la première fois en France en Corse en juillet 2015, puis en région PACA la même année. Cette bactérie est mortelle pour plus de 400 espèces végétales (oliviers, amandiers, vignes, lauriers-roses, lavandes…). Elle est aujourd’hui présente en Corse, en PACA et en Occitanie. Il n’existe aucun traitement curatif : la réglementation impose l’arrachage et la destruction des plants contaminés.
- Le scarabée japonais (Popillia japonica) : déjà établi en Italie du Nord et en Suisse, intercepté en France en juillet 2025.
- Les capricornes asiatiques : plusieurs foyers détectés en France, liés au transport d’emballages en bois et de bonsaïs en provenance d’Asie ; tous éradiqués sauf un, où la lutte se poursuit.
- Le nématode du pin : ver microscopique capable de tuer rapidement les pins, détecté dans l’Union européenne au Portugal en 1999, puis en Espagne ; un foyer français fait l’objet de mesures d’éradication.
En outre-mer :
- La fusariose du bananier (Fusarium oxysporum f. sp. cubense TR4), détectée à Mayotte en 2019.
- Le jaunissement mortel du palmier, détecté pour la première fois en Guadeloupe en 2021.
- La maladie du dragon jaune (HLB) des agrumes, présente aux Antilles et à La Réunion, détectée en Guyane en 2022.
Des chiffres pour comprendre l’effort de contrôle
Chaque année, environ 1 500 interceptions de plantes, fruits et légumes aux frontières de l’Union européenne évitent l’introduction d’organismes nuisibles interdits. La France relaie par ailleurs, depuis 2024, la campagne européenne #PlantHealth4Life, initiée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et la Commission européenne, qui s’adresse aux voyageurs, aux jardiniers amateurs et aux professionnels du végétal.
Deux pionniers français de la santé des végétaux
L’histoire française de la protection des plantes doit beaucoup à la crise du phylloxéra, qui ravage le vignoble à partir des années 1860.
- Jules-Émile Planchon (1823-1888), botaniste montpelliérain, identifie le puceron responsable et défend le recours aux porte-greffes américains résistants — la solution qui sauvera le vignoble français.
- Pierre-Marie-Alexis Millardet (1838-1902), titulaire de la chaire de botanique à Bordeaux, poursuit ce travail d’hybridation et met au point, avec le chimiste Ulysse Gayon, un mélange de sulfate de cuivre et de chaux présenté en 1885 à la Société d’agriculture de la Gironde : la bouillie bordelaise, premier fongicide de masse contre le mildiou, encore utilisée aujourd’hui.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 12 mai.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale des abeilles, Journée internationale de la diversité biologique, Journée internationale des forêts.
Foire aux questions sur la Journée internationale de la santé des végétaux
Quand a lieu la Journée internationale de la santé des végétaux ?
La Journée internationale de la santé des végétaux a lieu le 12 mai de chaque année. C’est une date fixe, qui ne varie pas selon les années. La première édition s’est tenue le 12 mai 2022, quelques semaines après l’adoption de la résolution des Nations Unies qui l’a instaurée.
Pourquoi la Journée internationale de la santé des végétaux a-t-elle été créée ?
La Journée internationale de la santé des végétaux a été créée pour sensibiliser la communauté internationale à la façon dont la protection des plantes contribue à éliminer la faim, réduire la pauvreté, protéger la biodiversité et l’environnement, et stimuler le développement économique. Elle constitue l’héritage direct de l’Année internationale de la santé des végétaux, célébrée en 2020-2021, et a été instaurée par la résolution A/RES/76/256 adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 29 mars 2022.
Qu’est-ce que la santé des végétaux exactement ?
La santé des végétaux désigne l’état sanitaire des plantes — cultivées, forestières, ornementales ou sauvages — et l’ensemble des mesures destinées à les protéger des organismes nuisibles : insectes, champignons, bactéries, virus, nématodes et plantes envahissantes. Elle repose sur la biosécurité végétale, c’est-à-dire un système de prévention, de surveillance et d’intervention comparable au contrôle aux frontières appliqué à la santé humaine.
Quelle part des cultures est détruite par les organismes nuisibles ?
Selon la FAO, jusqu’à 40 % des cultures vivrières mondiales sont détruites chaque année par les organismes nuisibles et les maladies des végétaux. Le coût pour l’économie mondiale dépasse 220 milliards de dollars par an pour les seules maladies des plantes, auxquels s’ajoutent au moins 70 milliards de dollars imputables aux insectes envahissants.
Que risque-t-on à rapporter des plantes ou des fruits dans ses bagages ?
Rapporter des plantes, fruits, légumes, semences, tubercules ou de la terre depuis l’étranger fait courir un risque réel d’introduction d’organismes nuisibles invisibles à l’œil nu. Ces produits sont soumis à la réglementation phytosanitaire : leur transport est fortement déconseillé, et interdit dans certains cas, notamment vers les départements et régions d’outre-mer. Un contrôle obligatoire accompagne l’entrée de certains végétaux dans l’Union européenne.
Comment signaler un organisme nuisible ou une plante suspecte en France ?
En France, tout symptôme ou organisme suspect doit être signalé aux services régionaux en charge de la santé des végétaux : les DRAAF/SRAL en métropole, les DAAF en outre-mer. Les réseaux FREDON relaient également la surveillance sur le terrain. Les professionnels ont une obligation d’alerte immédiate en cas de suspicion d’organisme de quarantaine ; les particuliers sont invités à faciliter l’accès des inspecteurs à leurs jardins et terrains.
Un geste simple, une récolte sauvée
Il suffit d’un fruit oublié au fond d’un sac, d’un bonsaï acheté sans certificat, d’une bouture partie sans passeport, pour qu’un ravageur franchisse une frontière et s’installe pour des décennies. La santé des végétaux n’est pas l’affaire des seuls agriculteurs ou des laboratoires : c’est une chaîne dont chaque voyageur, chaque jardinier, chaque acheteur constitue un maillon.
Le 12 mai, prenez cinq minutes pour regarder les plantes autour de vous — au balcon, au jardin, dans la rue. Un dessèchement inhabituel, une galerie dans une écorce, un insecte inconnu : votre signalement vaut parfois plus qu’un plan d’urgence. Protéger les plantes, c’est protéger la vie.
