Chaque 5 mai, la Journée mondiale de la langue portugaise célèbre l’une des langues les plus répandues de la planète : plus de 265 millions de locuteurs répartis sur quatre continents, langue officielle de neuf États et première langue de l’hémisphère Sud. Proclamée par la Conférence générale de l’UNESCO en novembre 2019, cette journée prolonge une célébration instaurée dix ans plus tôt par la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP).

Derrière la date, un enjeu : faire reconnaître le portugais non comme la langue d’un pays, mais comme un bien commun partagé entre Lisbonne, Brasília, Luanda, Maputo, Praia, Bissau, São Tomé, Dili et Malabo — et par des millions de lusophones vivant hors de ces frontières, à commencer par la France.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date | 5 mai (date fixe) |
| Intitulé officiel | Journée mondiale de la langue portugaise |
| Proclamation | 40ᵉ session de la Conférence générale de l’UNESCO, novembre 2019 |
| Document de référence | 40 C/75, point 5.32 de l’ordre du jour |
| Décision préalable | 207 EX/Décision 43 (Conseil exécutif, octobre 2019) |
| Origine antérieure | Résolution du Conseil des ministres de la CPLP, 20 juillet 2009 |
| Portée | Mondiale |
| Organisme pilote | UNESCO, en partenariat avec la CPLP et l’Institut Camões |
C’est quoi la langue portugaise ?
Une langue romane née dans le nord-ouest ibérique
Le portugais est une langue indo-européenne du groupe roman, issue du latin vulgaire introduit dans la péninsule Ibérique à partir de 218 av. J.-C. par les soldats, colons et commerçants romains. Après la chute de l’Empire romain d’Occident, le latin parlé de la province de Lusitanie et de la Galice évolue en un ensemble dialectal appelé galaïco-portugais, attesté à l’écrit dès le XIIᵉ siècle.
La séparation d’avec le galicien s’opère progressivement à mesure que le royaume de Portugal, indépendant en 1143, étend son territoire vers le sud. Le portugais devient langue administrative au XIIIᵉ siècle, puis langue littéraire majeure avec Luís de Camões (v. 1524-1580), auteur des Lusiades, épopée fondatrice qui vaut au portugais le surnom de « langue de Camões ».
Un vocabulaire façonné par la première mondialisation
Le portugais fut, selon les termes mêmes du document soumis à l’UNESCO, la langue de la première mondialisation de l’ère moderne. Les navigations des XVᵉ et XVIᵉ siècles ont fait circuler des mots portugais jusqu’en Asie et en Afrique, et ont enrichi le lexique portugais d’emprunts au tupi, au yoruba, au kimbundu, au malais, au konkani ou au japonais.
Cette histoire explique la présence, aujourd’hui encore, de créoles à base lexicale portugaise au Cap-Vert, en Guinée-Bissau, à Casamance (Sénégal), à Curaçao (papiamento) ou en Asie du Sud-Est.
Le portugais en chiffres
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Locuteurs (estimation UNESCO) | Plus de 265 millions |
| États où le portugais est langue officielle | 9 |
| Continents concernés | 4 (Europe, Amérique, Afrique, Asie) |
| Rang dans l’hémisphère Sud | 1ʳᵉ langue parlée |
| Rang par nombre de locuteurs natifs | 5ᵉ ou 6ᵉ selon les sources |
| Pays comptant le plus de lusophones | Brésil, de très loin |
| Autre territoire officiel | Macao (région administrative spéciale, Chine) |
Les estimations varient sensiblement selon les instituts : Ethnologue situe le total (langue maternelle + langue seconde) entre 260 et 271 millions. Le chiffre de 265 millions est celui retenu par l’UNESCO dans sa proclamation.
Origine et histoire de la Journée mondiale de la langue portugaise
Une initiative née au sein de la CPLP
La Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) a été créée le 17 juillet 1996 à Lisbonne, réunissant alors sept États : Angola, Brésil, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Mozambique, Portugal et São Tomé-et-Príncipe. Le Timor oriental la rejoint en 2002 après son indépendance, la Guinée équatoriale en 2014, portant à neuf le nombre d’États membres.
Son bras linguistique, l’Institut international de la langue portugaise (IILP), avait été fondé dès 1989 lors du sommet de São Luís do Maranhão, au Brésil. Il siège à Praia, au Cap-Vert, et a été intégré à la CPLP en 2005 comme instance de coordination pour la promotion et la diffusion du portugais.
C’est dans ce cadre que naît la journée : depuis 2005, les États membres de la CPLP célèbrent le 5 mai comme journée de la langue portugaise et des cultures lusophones. Dès 2006, une première commémoration se tient au siège de l’UNESCO à Paris, à l’initiative de ces pays. Le 20 juillet 2009, le Conseil des ministres de la CPLP adopte une résolution instituant officiellement le 5 mai comme Journée de la langue portugaise et de la culture au sein de la CPLP.
Pourquoi le 5 mai ?
Le choix de la date renvoie à la première réunion des ministres de la Culture de la CPLP, tenue en 2005 et ultérieurement consacrée comme journée de la culture de la Communauté. Le 5 mai n’est donc lié ni à une bataille, ni à un écrivain, ni à une indépendance : c’est une date institutionnelle, choisie pour son caractère collectif et non national.
Cette neutralité est délibérée. Le Portugal dispose déjà de sa propre fête, le 10 juin, Dia de Portugal, de Camões e das Comunidades Portuguesas, qui commémore la mort de Camões en 1580. En retenant le 5 mai, la lusophonie s’est dotée d’une date qui n’appartient à aucun de ses membres en particulier.
De la CPLP à l’UNESCO : la chronologie
| Année | Étape |
|---|---|
| 1989 | Sommet de São Luís do Maranhão (Brésil) et création de l’Institut international de la langue portugaise |
| 1996 | Création de la CPLP à Lisbonne, le 17 juillet |
| 2000 | La CPLP devient partenaire officiel de l’UNESCO |
| 2005 | Première réunion des ministres de la Culture de la CPLP ; le 5 mai commence à être célébré |
| 2006 | Première commémoration de la langue portugaise au siège de l’UNESCO |
| 2009 | Le 20 juillet, résolution du Conseil des ministres de la CPLP instituant officiellement le 5 mai |
| 2017 | Résolution 71/328 de l’Assemblée générale de l’ONU sur le multilinguisme, encourageant l’extension des journées linguistiques aux langues non officielles |
| 2019 | Octobre : le Conseil exécutif de l’UNESCO recommande la proclamation (207 EX/Décision 43) |
| 2019 | Novembre : la 40ᵉ Conférence générale de l’UNESCO proclame la Journée mondiale de la langue portugaise |
| 2020 | Première célébration sous l’égide de l’UNESCO, en format distanciel |
| 2022 | Première célébration en présentiel au siège de l’UNESCO, à Paris |
La proposition avait été déposée par les neuf États de langue officielle portugaise et coparrainée par vingt-quatre autres pays de toutes les régions du monde. Elle a été adoptée par acclamation.
Le portugais est ainsi devenu la seule langue non officielle des Nations unies à bénéficier d’une telle journée mondiale, alors que les six langues officielles de l’ONU (anglais, arabe, chinois, espagnol, français, russe) disposent chacune de la leur.
Objectifs principaux
- Reconnaître le rôle du portugais dans la préservation et la diffusion de la civilisation et des cultures humaines, selon la formulation retenue par l’UNESCO.
- Promouvoir le multilinguisme comme valeur centrale des Nations unies et axe stratégique de l’UNESCO.
- Renforcer la coopération entre les États et communautés lusophones dans les domaines éducatif, culturel et scientifique.
- Valoriser la diversité interne de la langue, ses variantes nationales et ses cultures d’expression portugaise.
- Soutenir l’enseignement du portugais comme langue étrangère et comme langue d’héritage dans les diasporas.
Importance et impact de la langue portugaise
📚 Une richesse littéraire et culturelle
La lusophonie a produit un corpus littéraire d’une densité remarquable. José Saramago reste à ce jour le seul auteur de langue portugaise distingué par le prix Nobel de littérature, reçu en 1998. Autour de lui : Fernando Pessoa et ses hétéronymes, Eça de Queiroz, Sophia de Mello Breyner Andresen pour le Portugal ; Machado de Assis, Clarice Lispector, Jorge Amado, Carlos Drummond de Andrade, João Guimarães Rosa pour le Brésil ; Mia Couto au Mozambique, Pepetela et José Eduardo Agualusa en Angola.
La musique a fait autant que les livres pour la diffusion du portugais. Le fado, inscrit en 2011 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, la bossa nova, la samba, le sertanejo, la morna cap-verdienne portée par Cesária Évora, le kizomba et le semba angolais, la marrabenta mozambicaine : autant de formes qui ont fait voyager la langue bien au-delà de ses locuteurs natifs.
💼 Un poids économique et démographique
Le portugais bénéficie d’une combinaison rare : une masse démographique importante, une répartition sur quatre continents et une croissance démographique soutenue dans plusieurs de ses foyers africains.
| Espace | Situation linguistique |
|---|---|
| Brésil | Plus grand pays lusophone ; le portugais y est langue maternelle de la quasi-totalité de la population |
| Portugal | Environ 10 millions d’habitants ; langue maternelle majoritaire |
| Angola, Mozambique | Le portugais est surtout langue officielle et véhiculaire, en concurrence et en cohabitation avec les langues bantoues |
| Cap-Vert, Guinée-Bissau, São Tomé | Portugais officiel, créoles à base portugaise largement dominants à l’oral |
| Timor oriental | Portugais co-officiel avec le tétoum |
| Guinée équatoriale | Portugais adopté comme langue officielle en 2010, aux côtés de l’espagnol et du français |
| Macao | Portugais co-officiel avec le chinois |
Le portugais est par ailleurs langue officielle ou de travail de plusieurs organisations internationales, dont l’Union européenne, l’Union africaine et le Mercosur.
🌐 Une présence numérique en expansion
Lors de la proclamation de 2019, les autorités portugaises ont mis en avant le rang du portugais parmi les langues les plus utilisées sur Internet — la cinquième, selon les données citées à l’époque par le Premier ministre portugais. Cette présence tient largement au poids du Brésil dans les réseaux sociaux, la production audiovisuelle en ligne et le commerce numérique.
Ce dynamisme numérique constitue aujourd’hui l’un des principaux arguments avancés en faveur d’une reconnaissance accrue du portugais dans les instances internationales.
La diversité de la langue portugaise à travers le monde
Portugais européen et portugais brésilien
Les deux grandes variantes normatives diffèrent par la phonétique (le portugais européen réduit fortement les voyelles atones, ce qui le rend plus difficile à décoder pour un apprenant débutant), par la syntaxe (place des pronoms clitiques, usage du gérondif au Brésil contre l’infinitif précédé de a au Portugal) et par le lexique quotidien.
Quelques exemples classiques :
| Portugal | Brésil | Français |
|---|---|---|
| comboio | trem | train |
| autocarro | ônibus | bus |
| pequeno-almoço | café da manhã | petit-déjeuner |
| telemóvel | celular | téléphone portable |
| casa de banho | banheiro | salle de bains |
L’intercompréhension reste totale à l’écrit et très largement acquise à l’oral.
Le portugais africain
Dans les cinq PALOP (Pays africains de langue officielle portugaise) et au Timor, le portugais coexiste avec des langues nationales très vivantes. En Angola et au Mozambique, le portugais progresse comme langue première dans les grandes villes, tandis que l’umbundu, le kimbundu, le changana ou l’emakhuwa dominent dans les zones rurales.
Au Cap-Vert et en Guinée-Bissau, la situation est différente : le créole est la langue de la vie quotidienne, le portugais celle de l’école, de l’administration et de l’écrit. Cette diglossie constitue l’un des grands chantiers linguistiques de la CPLP.
Asie et traces résiduelles
À Macao, le portugais reste co-officiel bien que minoritaire dans les usages, et joue un rôle de plateforme dans les relations entre la Chine et les pays lusophones. Des traces subsistent à Goa, Daman et Diu en Inde, ainsi qu’à Malacca en Malaisie, où survit le papia kristang.
Défis et enjeux contemporains
L’unité orthographique en débat
L’Accord orthographique de la langue portugaise, signé en 1990, visait à rapprocher les normes graphiques du Portugal et du Brésil. Son application, engagée progressivement à partir de 2009, reste contestée : une partie du monde éditorial et universitaire portugais refuse ou nuance son adoption, et sa mise en œuvre demeure inégale selon les États membres de la CPLP.
Le débat dépasse la simple orthographe. Il touche à la question de savoir qui détient la légitimité de normer une langue partagée par des pays aux poids démographiques très inégaux.
Le portugais aux Nations unies
Le portugais n’est pas langue officielle de l’ONU. Il est cependant la seule langue non officielle à disposer d’une journée mondiale reconnue par une agence onusienne. Le Portugal a inscrit dans ses orientations diplomatiques l’objectif d’une reconnaissance du portugais comme langue officielle des Nations unies, dans une démarche concertée avec la CPLP.
L’obstacle est autant financier que politique : l’ajout d’une langue officielle implique des coûts de traduction et d’interprétation considérables pour l’organisation.
La transmission dans les diasporas
Des millions de lusophones vivent hors des États de la CPLP — en France, au Luxembourg, en Suisse, aux États-Unis, au Canada, au Venezuela, en Afrique du Sud. La transmission intergénérationnelle y est fragile : la deuxième génération comprend souvent, parle parfois, écrit rarement.
C’est précisément ce que visent les dispositifs d’enseignement du portugais comme langue d’héritage, financés en partie par l’État portugais via l’Institut Camões.

Comment célébrer la Journée mondiale de la langue portugaise
🎭 Les événements officiels
Le siège de l’UNESCO à Paris accueille chaque 5 mai une cérémonie organisée avec les délégations permanentes des pays lusophones, l’Institut Camões et la CPLP. Le programme associe généralement concerts, lectures littéraires, tables rondes et projections.
Des célébrations parallèles se tiennent dans les délégations de l’UNESCO, les ambassades et les centres culturels des pays lusophones dans le monde entier.
🤝 Les initiatives communautaires
- Lectures publiques bilingues en bibliothèque ou en médiathèque
- Concours de poésie et de déclamation dans les établissements scolaires
- Festivals de cinéma lusophone et projections de films brésiliens, portugais, angolais ou mozambicains
- Concerts de fado, de morna, de samba ou de kizomba
- Ateliers de cuisine autour des gastronomies lusophones
- Expositions sur l’histoire des navigations et des échanges linguistiques
📱 Les actions numériques
Les hashtags #DiaMundialDaLínguaPortuguesa et #WorldPortugueseLanguageDay fédèrent les publications le 5 mai. L’Institut Camões, l’IILP et les chaînes lusophones publiques diffusent capsules vidéo, podcasts et ressources pédagogiques gratuites.
Cinq façons simples de participer
- Lire un poème de Fernando Pessoa ou de Carlos Drummond de Andrade, même en traduction
- Regarder un film en version originale portugaise sous-titrée
- Apprendre dix mots de portugais et les employer dans la journée
- Écouter un album de fado, de morna ou de bossa nova en entier
- Cuisiner un pastel de nata, une feijoada ou une cachupa
La langue portugaise en France
Une des toutes premières communautés immigrées
La France occupe une place singulière dans la géographie de la lusophonie : elle figure parmi les pays comptant le plus grand nombre de locuteurs de portugais en dehors des États où la langue est officielle.
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Personnes nées au Portugal vivant en France (2023) | 577 000 | INSEE, via France Diplomatie |
| Part du Portugal parmi les pays de naissance des immigrés (2025) | 7,2 % — 3ᵉ rang après l’Algérie et le Maroc | INSEE |
| Personnes lusodescendantes en France (estimation 2025) | Environ 1,72 million | Présidence de la République |
| Arrivées d’immigrés portugais entre 1960 et 1974 | Environ 815 000 | Travaux fondés sur les données INSEE |
| Consulats généraux du Portugal en France | Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Strasbourg | France Diplomatie |
L’immigration portugaise en France a connu son pic dans les années 1960-1970, motivée d’abord par la fuite de la dictature salazariste et le refus de la guerre coloniale, puis par des raisons économiques. Elle a durablement marqué certains territoires, notamment l’Île-de-France et en particulier le Val-de-Marne.
L’enseignement du portugais dans le système éducatif français
Le portugais est une langue pleinement intégrée à l’Éducation nationale, avec un CAPES créé en 1970 et une agrégation créée en 1974. Il peut être étudié en LV1, LV2 ou LV3, du collège au lycée général, technologique et professionnel, ainsi qu’en classes préparatoires et en BTS.
Les données de la DEPP (note d’information n° 25.35, juin 2025) montrent toutefois la fragilité de cette position :
- Dans le premier degré, l’apprentissage du portugais reste marginal face à l’anglais (96,1 % des élèves), à l’allemand (3,3 %) et à l’espagnol (0,5 %).
- Dans le second cycle général et technologique, seuls 2,9 % des lycéens étudient une langue vivante autre que l’anglais, l’espagnol, l’allemand ou l’italien.
- L’exception notable est la Guyane, où 29,8 % des élèves étudient une autre langue nationale — en l’occurrence le portugais ou le néerlandais, du fait de la frontière avec le Brésil et le Suriname.
- Le recul général des LV3 depuis la réforme du baccalauréat (3,3 % des lycéens GT en 2024 contre 6,8 % en 2010) pèse mécaniquement sur les langues dites « à faible diffusion », dont le portugais.
Le dispositif des EILE (Enseignements internationaux de langues étrangères), qui a remplacé les anciens ELCO, permet un enseignement du portugais dès le premier degré dans les zones où la demande est forte, avec des enseignants mis à disposition par l’État portugais.
Un accord de coopération franco-portugais dans les domaines de la langue, de l’éducation, de la science, de l’enseignement supérieur, de la culture, de la jeunesse et du sport a été signé le 28 février 2025 lors de la visite d’État du président de la République française au Portugal.
Institutions et lieux de la lusophonie en France
- Institut Camões : opérateur public portugais de diffusion de la langue et de la culture, présent en France via ses centres et son réseau de coordination de l’enseignement.
- Maison du Portugal – André de Gouveia, Cité internationale universitaire de Paris.
- Départements d’études portugaises dans les universités d’Aix-Marseille, Nice-Côte d’Azur et Paul-Valéry Montpellier 3, parmi une quarantaine d’universités proposant un enseignement du portugais.
- Cap Magellan, association de la jeunesse lusophone en France, active sur les questions d’enseignement et de citoyenneté.
- Radio Alfa, radio lusophone d’Île-de-France.
- Un tissu associatif dense de ranchos folclóricos, clubs sportifs et associations régionales, particulièrement en Île-de-France et dans le Sud-Ouest.
Pour replacer cette journée dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 5 mai.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée de la langue anglaise, Journée de la langue espagnole, Journée internationale de la Francophonie.
Foire aux questions sur la Journée mondiale de la langue portugaise
Quand a lieu la Journée mondiale de la langue portugaise ?
La Journée mondiale de la langue portugaise a lieu chaque année le 5 mai. C’est une date fixe, qui ne varie pas selon les années. Elle est célébrée sous cette forme depuis 2020, première année de commémoration après la proclamation par l’UNESCO en novembre 2019.
Qui a créé la Journée mondiale de la langue portugaise ?
La Journée mondiale de la langue portugaise a été créée en deux temps. Le 5 mai a d’abord été institué par la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), par une résolution de son Conseil des ministres adoptée le 20 juillet 2009, sous l’intitulé « Journée de la langue portugaise et de la culture ». Dix ans plus tard, la 40ᵉ session de la Conférence générale de l’UNESCO a proclamé, en novembre 2019, le 5 mai de chaque année « Journée mondiale de la langue portugaise ». La proposition émanait des neuf États de langue officielle portugaise et a été coparrainée par vingt-quatre autres pays.
Pourquoi la Journée mondiale de la langue portugaise est-elle célébrée le 5 mai ?
La Journée mondiale de la langue portugaise est célébrée le 5 mai parce que cette date correspond à la première réunion des ministres de la Culture de la CPLP, tenue en 2005 et ensuite consacrée comme journée de la culture de la Communauté. Le choix évite délibérément toute date à connotation nationale : le Portugal dispose déjà de sa fête nationale le 10 juin, jour anniversaire de la mort de Camões.
Combien de personnes parlent portugais dans le monde ?
Selon l’UNESCO, la langue portugaise compte plus de 265 millions de locuteurs répartis sur tous les continents. Les estimations varient toutefois selon les instituts et selon que l’on comptabilise ou non les locuteurs de langue seconde : les fourchettes courantes vont de 260 à 271 millions. Le portugais est la langue la plus parlée de l’hémisphère Sud et se situe entre la cinquième et la huitième place mondiale selon les méthodes de comptage.
Quels pays ont le portugais comme langue officielle ?
Neuf États ont le portugais comme langue officielle : l’Angola, le Brésil, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, le Mozambique, le Portugal, São Tomé-et-Príncipe et le Timor oriental. Ils forment ensemble la Communauté des pays de langue portugaise. Le portugais est en outre co-officiel à Macao, région administrative spéciale de la Chine, et langue officielle ou de travail de plusieurs organisations internationales, dont l’Union européenne et l’Union africaine.
Combien de lusophones vivent en France ?
La France abrite l’une des plus importantes communautés lusophones hors des pays de la CPLP. Selon l’INSEE, 577 000 personnes nées au Portugal vivaient en France en 2023, faisant du Portugal le troisième pays de naissance des immigrés en France (7,2 % en 2025). En intégrant les descendants, la présidence de la République a avancé en 2025 le chiffre d’environ 1,72 million de personnes lusodescendantes. À ces effectifs s’ajoutent les lusophones originaires du Brésil, des pays africains de langue portugaise et du Cap-Vert.
Une langue en partage
Le 5 mai ne célèbre pas un pays, mais un lien. Une langue née dans un coin du nord-ouest ibérique, embarquée sur des caravelles, transformée par les langues qu’elle a rencontrées, et devenue le bien commun de quatre continents. C’est cette pluralité que la Journée mondiale de la langue portugaise met à l’honneur — pas une norme unique, mais un ensemble de voix qui se comprennent.
En France, où vivent plusieurs centaines de milliers de personnes nées au Portugal et près de deux millions de lusodescendants, cette journée a une résonance particulière. Elle rappelle qu’une langue d’héritage ne se transmet pas toute seule : elle demande une école, des livres, des chansons, et des occasions de la parler.
Alors le 5 mai, ouvrez un recueil de Pessoa, mettez un disque de Cesária Évora, ou dites simplement bom dia à quelqu’un. A língua portuguesa é de todos.
