Chaque 6 février, la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines rappelle qu’une pratique sans aucun bénéfice médical continue de mutiler des millions de filles. Née d’une déclaration prononcée à Addis-Abeba en 2003, puis consacrée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2012, cette journée n’est pas une commémoration : c’est un point d’étape annuel sur un engagement international, celui d’éliminer les mutilations génitales féminines d’ici 2030. Plus de 230 millions de filles et de femmes vivantes aujourd’hui en portent les séquelles, et environ 4,5 millions de filles risquent d’y être soumises chaque année.

| Élément | Détail |
|---|---|
| Date | 6 février (date fixe) |
| Nom officiel | Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines |
| Origine | Déclaration de « tolérance zéro » du 6 février 2003, Addis-Abeba (Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles – CI-AF) |
| Consécration onusienne | Résolution A/RES/67/146 de l’Assemblée générale, 20 décembre 2012 |
| Chefs de file | FNUAP et UNICEF (Programme conjoint), OMS, ONU Femmes, HCDH, UNESCO |
| Objectif de référence | Cible 5.3 des Objectifs de développement durable : élimination d’ici 2030 |
| Terme retenu en France | « Mutilations sexuelles féminines » (MSF) dans les textes publics français |
Qu’est-ce qu’une mutilation génitale féminine ?
L’Organisation mondiale de la santé définit les mutilations génitales féminines (MGF) comme l’ensemble des interventions qui impliquent l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme, ou toute autre lésion de ces organes, pratiquées pour des raisons non médicales. Aucune de ces interventions ne présente le moindre bénéfice pour la santé.
Le terme n’est pas neutre, et c’est délibéré : en adoptant la résolution 67/146, les 193 États membres des Nations unies ont explicitement retenu l’expression « mutilations génitales féminines » plutôt que des formulations euphémisantes comme « circoncision féminine ». En France, les documents officiels emploient plutôt « mutilations sexuelles féminines » (MSF), qui recouvre exactement la même réalité.
Les quatre types de mutilations génitales féminines
L’OMS distingue quatre catégories, de gravité croissante :
| Type | Description | Appellation courante |
|---|---|---|
| Type 1 | Ablation partielle ou totale du gland clitoridien et/ou du prépuce clitoridien | Clitoridectomie |
| Type 2 | Ablation partielle ou totale du gland clitoridien et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres | Excision |
| Type 3 | Rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, section et repositionnement des lèvres, parfois par suture | Infibulation |
| Type 4 | Toutes autres interventions néfastes non médicales : piqûre, perforation, incision, scarification, cautérisation | — |
En France, environ 80 % des femmes concernées ont subi une mutilation de type 2 et près de 15 % une infibulation (type 3).
Des conséquences immédiates et à vie
Les complications immédiates comprennent douleurs violentes, hémorragies, infections dont le tétanos, rétention urinaire, état de choc, et parfois le décès. À long terme s’installent des troubles urinaires et menstruels, des infections vaginales récurrentes, des douleurs pendant les rapports sexuels, des complications obstétricales majeures — accouchements difficiles, hémorragies, césariennes, risque accru de décès néonatal — ainsi que des troubles psychologiques durables : dépression, anxiété, stress post-traumatique.
Les mutilations sont pratiquées le plus souvent entre la petite enfance et l’âge de 15 ans, et dans une majorité de pays concernés avant le cinquième anniversaire. Les victimes ne sont donc, presque toujours, ni consentantes ni en âge de l’être.
Origine et histoire de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MGF
Une déclaration africaine avant une résolution onusienne
Contrairement à une idée répandue sur de nombreux sites francophones, la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MGF n’a pas été « créée par l’ONU en 2003 ». Elle est née d’une initiative africaine, portée par le Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants (CI-AF).
Le 6 février 2003, lors d’une conférence internationale organisée par le CI-AF à Addis-Abeba, Stella Obasanjo, alors Première dame du Nigeria et porte-parole de la campagne contre les mutilations génitales féminines, prononce la déclaration officielle de « tolérance zéro aux MGF ». La date du 6 février est retenue en référence directe à ce discours fondateur.
Ce n’est que près de dix ans plus tard que la journée acquiert un statut onusien. Le 20 décembre 2012, l’Assemblée générale des Nations unies adopte par consensus la résolution A/RES/67/146, intitulée « Intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines ». Le texte engage les États, le système des Nations unies et la société civile à continuer de célébrer le 6 février — formulation qui confirme l’antériorité de la journée sur sa reconnaissance officielle.
Chronologie de la lutte internationale contre les MGF
| Année | Étape |
|---|---|
| 1984 | Création du Comité inter-africain (CI-AF), premier réseau panafricain dédié à l’abandon des pratiques traditionnelles néfastes |
| 1997 | Déclaration commune OMS / UNICEF / FNUAP contre les MGF |
| 2003 | Déclaration de « tolérance zéro » à Addis-Abeba (6 février) et premières célébrations de la journée |
| 2008 | Résolution WHA61.16 de l’Assemblée mondiale de la santé ; lancement du Programme conjoint FNUAP-UNICEF |
| 2012 | Résolution A/RES/67/146 : l’Assemblée générale consacre la journée du 6 février |
| 2014 | Résolution A/RES/69/150 : accent mis sur les stratégies globales de prévention |
| 2015 | Cible 5.3 des Objectifs de développement durable : élimination des MGF d’ici 2030 |
| 2024 | Rapport UNICEF Female Genital Mutilation: A Global Concern : plus de 230 millions de survivantes |
| 2025 | Nouvelles recommandations de l’OMS contre la médicalisation des MGF et pour l’accompagnement des survivantes |
Les objectifs de la journée
- Rendre visible une violence invisibilisée : les MGF sont pratiquées dans l’intimité familiale, souvent sur des enfants trop jeunes pour témoigner.
- Consolider les cadres juridiques : encourager l’adoption, le maintien et l’application effective des lois d’interdiction.
- Mobiliser les communautés : la pratique relève d’une norme sociale, et seul un changement collectif la fait reculer durablement.
- Améliorer la prise en charge des survivantes : soins gynécologiques, chirurgie réparatrice, soutien psychologique, accompagnement juridique.
- Maintenir le financement : les programmes de prévention dépendent de budgets internationaux aujourd’hui fragilisés.
Importance et impact : ce que disent les chiffres
Une pratique massive et en croissance nette
Le rapport statistique publié par l’UNICEF en mars 2024 constitue la référence actuelle. Il chiffre à plus de 230 millions le nombre de filles et de femmes vivantes ayant subi des MGF, soit 30 millions de plus qu’en 2016 — une hausse de 15 %.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Survivantes vivantes dans le monde | plus de 230 millions | UNICEF, 2024 |
| Dont Afrique | 144 millions | UNICEF, 2024 |
| Dont Asie | 80 millions | UNICEF, 2024 |
| Dont Moyen-Orient | 6 millions | UNICEF, 2024 |
| Filles à risque en 2026 | environ 4,5 millions | Déclaration conjointe ONU, février 2026 |
| Pays où la pratique est documentée | 30 à 31 | OMS / UNICEF |
| Filles de moins de 15 ans concernées | 44 millions | UNICEF |
Cette progression n’est pas le signe d’une pratique qui gagne du terrain : le pourcentage de filles mutilées recule. Mais la population des pays concernés croît plus vite que le rythme de l’abandon. Au niveau des 31 pays disposant de données représentatives, une fille sur trois est aujourd’hui concernée, contre une sur deux dans les années 1990.
Le problème est arithmétique : selon l’UNICEF, atteindre l’objectif de 2030 supposerait un rythme de recul 27 fois plus rapide que l’actuel.
Un coût sanitaire et économique documenté
L’OMS estime à 1,4 milliard de dollars par an le coût du traitement des complications médicales liées aux MGF pour les systèmes de santé, montant appelé à croître en l’absence de mesures d’abandon.
À l’inverse, la prévention affiche un rendement rarement égalé en santé publique : d’après la déclaration conjointe des agences onusiennes de février 2026, chaque dollar investi pour mettre fin aux MGF en rapporte dix. Un investissement de 2,8 milliards de dollars permettrait d’éviter 20 millions de cas, pour un retour estimé à 28 milliards de dollars.
Une violation des droits humains, pas une question culturelle
Les MGF contreviennent simultanément au droit à la santé, au droit à l’intégrité physique, au droit de ne pas subir de traitements cruels, inhumains ou dégradants, aux droits de l’enfant et — lorsqu’elles entraînent la mort — au droit à la vie. Aucun texte religieux ne les prescrit, ce qu’ont confirmé les commissions de théologiens consultées dans plusieurs pays, notamment en Gambie en 2024.
La diversité des situations à travers le monde
Une géographie précise, pas un phénomène diffus
La pratique est concentrée dans une bande allant de la Corne de l’Afrique à la côte atlantique, avec des foyers au Moyen-Orient (Yémen, Irak) et en Asie du Sud-Est (Indonésie, Maldives, Malaisie).
| Pays | Prévalence chez les femmes de 15 à 49 ans |
|---|---|
| Somalie | 99 % |
| Guinée | 95 % |
| Djibouti | 90 % |
| Mali | 89 % |
| Égypte | 87 % |
| Soudan | 87 % |
| Gambie | 73 à 76 % |
| Sierra Leone | environ 61 % chez les 15-19 ans |
| Sénégal | environ 24 % chez les 15-19 ans |
Données UNICEF 2024. Les taux varient selon la classe d’âge retenue : la prévalence chez les 15-19 ans, plus basse, mesure la pratique récente, tandis que la tranche 15-49 ans intègre plusieurs générations.
Des reculs réels et mesurables
Certains pays illustrent qu’un basculement rapide est possible :
- Burkina Faso : chez les adolescentes de 15 à 19 ans, la prévalence est passée d’environ 83 % à 32 % en trois décennies.
- Maldives : de 38 % à 1 %.
- Libéria : de 54 % à 20 %.
- Sierra Leone : de 95 % à 61 %.
- Kenya : passage d’une prévalence modérée à faible, avec un déclin constant sur au moins trois générations.
À l’inverse, aucune évolution significative n’est constatée à Djibouti, en Gambie, en Guinée-Bissau, au Mali, au Sénégal, en Somalie ou au Soudan.
Des pratiques et des justifications variables
Le type de mutilation varie selon les régions : l’excision (type 2) domine en Afrique de l’Ouest et en Égypte, l’infibulation (type 3) est plus fréquente en Afrique de l’Est, en particulier en Somalie, à Djibouti et au Soudan. L’âge diffère également : quelques jours après la naissance dans certaines communautés, à l’approche du mariage dans d’autres.
Les justifications avancées sont hétérogènes — rite de passage, condition du mariage, contrôle de la sexualité féminine, exigence de « pureté », croyance religieuse erronée — mais elles convergent sur un point : la pratique fonctionne comme une norme sociale. La transgresser expose au rejet. C’est pourquoi les abandons individuels échouent là où les déclarations collectives de communautés entières réussissent.
Les défis contemporains de la tolérance zéro
La médicalisation, un faux progrès
De plus en plus de MGF sont pratiquées par des professionnels de santé, sous prétexte de réduire les risques. L’OMS combat frontalement cette dérive : la médicalisation ne supprime aucune des conséquences à long terme, légitime la pratique en lui donnant un vernis sanitaire, et viole le principe déontologique de non-malfaisance. En avril 2025, l’organisation a publié des recommandations spécifiques pour enrayer cette tendance.
Le recul du financement international
Les agences onusiennes ont explicitement alerté, en février 2026, sur la contraction des investissements internationaux en santé, éducation et protection de l’enfance. Sans financement prévisible, les programmes de sensibilisation communautaire se réduisent, les services de première ligne s’affaiblissent, et une régression devient plausible à cinq ans de l’échéance de 2030.
Les tentatives de recul législatif
En mars 2024, le Parlement gambien adoptait en deuxième lecture une proposition de loi visant à abroger l’interdiction en vigueur depuis 2015. La Gambie serait devenue le premier pays au monde à supprimer une protection juridique contre les MGF. Après trois mois de mobilisation des Gambiennes, de la société civile et de pressions internationales, le texte a été rejeté le 15 juillet 2024. L’épisode démontre que les acquis législatifs ne sont jamais définitifs.
Les conflits et l’instabilité
Quatre survivantes sur dix vivent dans des pays touchés par des conflits et connaissant une forte croissance démographique. L’instabilité politique désorganise les services de protection de l’enfance, interrompt les programmes communautaires et rend le suivi statistique aléatoire.

Comment participer à la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MGF
Événements institutionnels et associatifs
Le 6 février donne lieu à des déclarations conjointes des dirigeants du FNUAP, de l’UNICEF, de l’OMS, d’ONU Femmes, du HCDH et de l’UNESCO, à des manifestations organisées par le Programme conjoint FNUAP-UNICEF dans les 17 pays qu’il couvre, ainsi qu’à des colloques, projections-débats et tables rondes portés par les associations locales. Ces événements donnent souvent la parole à des survivantes et à d’anciennes exciseuses ayant renoncé à la pratique.
Ce que chacun peut faire
- S’informer sur les quatre types de MGF et leurs conséquences, afin de pouvoir en parler sans euphémisme ni approximation.
- Connaître les numéros d’alerte et les transmettre : en France, le 119 (Allô Enfance en danger) et le 3919 (Violences femmes info).
- Relayer les campagnes de prévention, notamment celles ciblant la période des vacances scolaires, moment de risque documenté.
- Soutenir les associations spécialisées : Fédération nationale GAMS, Excision parlons-en !, Equality Now, entre autres.
- Vérifier ce que l’on partage : les chiffres circulant en ligne sont souvent périmés — l’estimation de 200 millions date de 2016 et a été révisée à 230 millions en 2024.
Pour les professionnels
Les personnels de santé, d’éducation et du travail social occupent une position charnière : la protection maternelle et infantile (PMI) reste le premier lieu de détection en France. La Haute Autorité de santé a publié des recommandations dédiées à la prise en charge des mutilations sexuelles féminines par les professionnels de premier recours.
La France face aux mutilations sexuelles féminines
Combien de femmes sont concernées ?
Deux ordres de grandeur coexistent dans les publications françaises, et il est utile de les distinguer :
| Estimation | Périmètre | Origine |
|---|---|---|
| environ 124 000 à 125 000 | Femmes adultes mutilées vivant en France | Étude épidémiologique de 2019, reprise par la Haute Autorité de santé |
| environ 139 000 | Chiffre retenu dans les campagnes publiques depuis 2024 | Ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes |
À cela s’ajoutent deux données de risque : 11 % des filles de ces femmes mutilées le sont également, et entre 12 % et 20 % des filles de 0 à 18 ans vivant en France et originaires de pays pratiquants seraient menacées, principalement lors de séjours à l’étranger.
Un point mérite d’être souligné : selon le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, aucune pratique active n’est recensée sur le territoire français. Le risque, en France, est aujourd’hui essentiellement un risque de mutilation commise à l’étranger pendant les vacances.
Un cadre pénal sévère, sans incrimination spécifique
Le droit français ne comporte pas d’infraction nommément dédiée à l’excision. La répression passe par les qualifications de violences volontaires :
| Fondement | Contenu |
|---|---|
| Article 222-9 du Code pénal | Violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente : 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende |
| Article 222-10 | Peine portée à 15 ans de réclusion criminelle lorsque la victime est mineure de 15 ans, et jusqu’à 20 ans en cas de commission par un ascendant |
| Article 222-16-2 (loi du 4 avril 2006) | Compétence extraterritoriale : la loi française s’applique aux faits commis à l’étranger sur une mineure résidant habituellement en France, même de nationalité étrangère |
| Article 226-14 | Levée du secret professionnel pour signaler une mutilation sexuelle |
| Article 7 du Code de procédure pénale | Prescription de 20 ans à compter de la majorité de la victime, soit jusqu’à 38 ans |
Chronologie française
| Année | Étape |
|---|---|
| Fin des années 1970 | Premières fillettes mutilées détectées en consultation de PMI ; premières affaires judiciaires |
| Juillet 1982 | Décès d’un nourrisson de trois mois des suites d’une excision à Paris : le sujet devient public |
| 20 août 1983 | Arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation : l’ablation du clitoris constitue une mutilation au sens du Code pénal |
| 1984 | La qualification criminelle est acquise : les affaires relèvent désormais de la cour d’assises |
| 16 février 1999 | Procès Gréou : l’exciseuse Hawa Gréou est condamnée à 8 ans de prison, 26 parents à des peines pour complicité. Première fois qu’une victime, Mariatou Koïta, porte plainte |
| 2004 | La chirurgie de réparation clitoridienne est prise en charge par l’Assurance maladie — cas alors unique au monde |
| 4 avril 2006 | Loi n° 2006-399 : extraterritorialité et allongement de la prescription |
Environ 35 à 36 procès se sont tenus en France en quarante ans, chiffre très inférieur au nombre de situations estimées.
Les ressources en France
- 119 — Allô Enfance en danger, gratuit, 24h/24.
- 3919 — Violences femmes info, gratuit et anonyme.
- Fédération nationale GAMS — accompagnement, prévention, formation des professionnels.
- Excision, parlons-en ! — campagnes de prévention, notamment #AlerteExcision avant les vacances d’été.
- Consultations spécialisées en chirurgie réparatrice et prise en charge globale, dans plusieurs CHU.
Foire aux questions
Pourquoi la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines a-t-elle lieu le 6 février ?
La Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines a lieu le 6 février parce que c’est ce jour-là, en 2003, que Stella Obasanjo, Première dame du Nigeria, a prononcé la déclaration officielle de « tolérance zéro aux MGF » lors d’une conférence du Comité inter-africain à Addis-Abeba. La date commémore ce discours fondateur, et non l’adoption d’une résolution onusienne, laquelle est intervenue le 20 décembre 2012.
Qui a créé la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MGF ?
La Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des MGF a été créée en 2003 par le Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur la santé des femmes et des enfants (CI-AF), à l’occasion d’une conférence internationale tenue à Addis-Abeba. L’Assemblée générale des Nations unies l’a ensuite officialisée par la résolution A/RES/67/146 du 20 décembre 2012, qui engage les États à « continuer » de la célébrer chaque 6 février.
Combien de femmes sont victimes de mutilations génitales féminines dans le monde ?
Plus de 230 millions de filles et de femmes vivantes aujourd’hui sont victimes de mutilations génitales féminines, selon le rapport statistique de l’UNICEF publié en mars 2024. Ce total se répartit entre l’Afrique (144 millions), l’Asie (80 millions) et le Moyen-Orient (6 millions). Il représente une hausse de 15 % par rapport à l’estimation de 200 millions établie en 2016, hausse liée à la croissance démographique des pays concernés plus qu’à une extension de la pratique.
Quels sont les quatre types de mutilations génitales féminines ?
Les quatre types de mutilations génitales féminines définis par l’OMS sont : le type 1 ou clitoridectomie (ablation du gland clitoridien et/ou du prépuce clitoridien) ; le type 2 ou excision (ablation du gland clitoridien et des petites lèvres, avec ou sans les grandes lèvres) ; le type 3 ou infibulation (rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement et suture) ; et le type 4, qui regroupe toutes les autres interventions néfastes non médicales, comme la piqûre, l’incision ou la cautérisation.
Les mutilations sexuelles féminines sont-elles punies par la loi en France ?
Oui, les mutilations sexuelles féminines sont punies par la loi en France, même en l’absence d’infraction spécifiquement dédiée. Elles sont poursuivies au titre des violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente : 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende selon l’article 222-9 du Code pénal, peine portée à 15 ans de réclusion criminelle lorsque la victime a moins de 15 ans et jusqu’à 20 ans lorsque l’auteur est un ascendant. Depuis la loi du 4 avril 2006, la loi française s’applique également aux faits commis à l’étranger sur une mineure résidant habituellement en France.
Les mutilations génitales féminines sont-elles une obligation religieuse ?
Non, les mutilations génitales féminines ne sont une obligation dans aucune religion. L’OMS rappelle qu’aucun texte religieux ne prescrit cette intervention. La pratique est antérieure aux grandes religions monothéistes et se rencontre dans des communautés musulmanes, chrétiennes et animistes. En Gambie, en 2024, la commission parlementaire saisie du sujet a d’ailleurs conclu, après consultation d’érudits musulmans, que la pratique n’était pas prescrite par l’islam.
Vingt-trois ans après Addis-Abeba, la tolérance zéro reste un objectif, pas un constat. Les progrès existent pourtant, et ils s’accélèrent : la moitié du chemin parcouru depuis 1990 l’a été durant la seule dernière décennie, et près des deux tiers des habitants des pays concernés se déclarent aujourd’hui opposés à la pratique. C’est précisément parce que la bascule est enclenchée que le relâchement serait coûteux. Le 6 février ne demande pas de compassion abstraite : il demande de savoir nommer les faits, de connaître les numéros à composer, et de comprendre qu’aucune tradition ne justifie qu’on ampute une enfant.
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