Saint Cyprien de Carthage : fête du 14 septembre, histoire, écrits et martyre

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Saint Cyprien de Carthage avec un livre et une palme, dans un décor de l’Afrique romaine

Saint Cyprien de Carthage est associé au 14 septembre, jour de son martyre en 258. Son épiscopat est aussi marqué par la question des chrétiens qui ont cédé pendant la persécution.

Pourquoi fête-t-on saint Cyprien le 14 septembre et le 16 septembre ?

Le 14 septembre correspond à la date de son martyre. Nominis distingue la passion de Cyprien, rappelée ce jour-là, de sa mémoire célébrée deux jours plus tard.

Dans le calendrier catholique, Corneille et Cyprien sont commémorés ensemble le 16 septembre. Ce rapprochement exprime les liens entre les deux responsables religieux et leur témoignage dans les persécutions du IIIe siècle.

Le 14 septembre est aussi la fête de l’Exaltation de la Croix. Une fête de prénom, un anniversaire de mort et une célébration liturgique générale peuvent donc coexister sans avoir le même rang ni le même objet.

Pour replacer cette fête parmi les événements et les autres célébrations du jour, consultez l’éphéméride du 14 septembre et le calendrier des fêtes et des prénoms.

Qui était saint Cyprien avant de devenir évêque de Carthage ?

Le Catalogue collectif de France présente Thascius Caecilius Cyprianus comme un homme issu d’un milieu aisé, né probablement à Carthage autour de 200. Sa formation le rattache à la rhétorique, l’art de parler et de convaincre.

Il reçoit le baptême vers 245-246 et devient évêque autour de 249. Ces repères montrent la rapidité de son accession à des responsabilités dans une communauté chrétienne importante.

Dans son écrit À Donat, Cyprien revient sur sa conversion comme sur une transformation de son existence. Le récit est un témoignage spirituel personnel, écrit pour faire comprendre le passage à une vie chrétienne.

La Carthage de son époque se trouve dans l’Afrique de l’Empire romain, sur le territoire de la Tunisie actuelle. Les catégories nationales d’aujourd’hui ne décrivent pas directement son identité antique.

Comment saint Cyprien affronte-t-il les persécutions ?

Son épiscopat traverse notamment les persécutions de Dèce, autour de 250, puis de Valérien en 257-258. Ces crises menacent les personnes, mais aussi la continuité des communautés.

Cyprien doit gouverner à distance pendant une partie des troubles et maintenir des liens avec les fidèles. Sa correspondance devient un instrument de direction, de conseil et de soutien.

L’introduction de Dom Henri Leclercq aux Actes proconsulaires rappelle qu’il est d’abord envoyé en exil à Curubis après son refus de sacrifier. L’aggravation de la répression conduit ensuite à la condamnation capitale des responsables chrétiens qui persistent dans leur foi.

Cyprien : qui sont les lapsi et pourquoi leur retour pose-t-il débat ?

Trois dimensions du débat
Repère Comment le comprendre
La persécution Des personnes ont renié ou accompli les actes exigés sous la contrainte.
La réconciliation Le retour dans la communauté pose des questions de responsabilité, de pénitence et d’accueil.
Les divisions Les réponses opposent des responsables et expliquent une partie de la correspondance de Cyprien.
Le mot lapsi désigne-t-il simplement des personnes ayant quitté leur ville ?

Il renvoie ici à une défaillance devant la persécution dans le vocabulaire ecclésial. Le sens du terme et la diversité des situations doivent être expliqués avant de présenter les désaccords sur leur réintégration.

Quel lien unit saint Cyprien au pape Corneille ?

Corneille devient évêque de Rome en 251, dans une Église divisée notamment par la question de la réconciliation des lapsi. Cyprien lui apporte son soutien.

La lettre de Cyprien à Corneille retenue par l’Office des lectures célèbre la fidélité d’un évêque et de sa communauté dans l’épreuve. Elle présente la joie et les souffrances des Églises comme une réalité partagée.

Leur fête commune ne signifie pas qu’ils sont morts ensemble au même endroit. Corneille meurt en exil en 253 ; Cyprien est exécuté à Carthage cinq ans plus tard.

Leurs échanges appartiennent à une histoire où les responsables des Églises locales cherchent à se reconnaître et à maintenir la communion malgré les conflits.

Que dit saint Cyprien sur l’unité de l’Église ?

Son traité Sur l’unité de l’Église répond aux divisions qui menacent la communauté. Il relie la fidélité au Christ à l’appartenance à une Église unie et à un épiscopat qui ne se fragmente pas en groupes rivaux.

La tunique sans couture du Christ devient une image de cette unité : un vêtement que l’on ne déchire pas figure la cohésion du peuple chrétien.

Ce symbole éclaire le sens de son œuvre mieux qu’une formule isolée. Cyprien parle dans un contexte de schismes et d’affrontements sur l’autorité, la réconciliation et les sacrements.

Il connaît lui-même un différend avec Étienne, évêque de Rome, à propos du baptême conféré hors de la communion catholique. Sa recherche d’unité n’efface donc pas les tensions entre traditions ecclésiales.

Comment saint Cyprien parle-t-il de l’épidémie et de la solidarité ?

Une grave épidémie frappe l’Afrique pendant son épiscopat. Dans son traité Sur la mortalité, Cyprien cherche à soutenir les croyants confrontés à la peur de mourir et à la perte de proches.

Le texte interprète l’épreuve à partir de l’espérance chrétienne et rappelle que les maladies atteignent croyants et non-croyants. Il s’agit d’une réponse religieuse à une crise vécue, non d’une explication médicale moderne.

Dans À Démétrien, il répond à l’accusation qui rend les chrétiens responsables des guerres, des famines et des calamités parce qu’ils refusent les cultes traditionnels. Le ton polémique révèle aussi les tensions sociales de son temps.

Benoît XVI souligne, dans son audience de 2007, l’attention de Cyprien à l’aide apportée aux païens comme aux chrétiens. L’épidémie donne ainsi à voir une responsabilité qui dépasse les frontières de la communauté.

Que peut-on lire de saint Cyprien aujourd’hui ?

Son traité sur le Notre Père explique la prière à partir de la vie commune. Il insiste sur la discrétion, l’attention intérieure et le fait de prier avec les mots reçus du Christ.

Le pluriel de cette prière compte : celui qui prie ne se considère pas comme un individu séparé des autres. Cette dimension permet de relier sa spiritualité à son souci constant de communion.

La transmission de ses écrits est elle-même un héritage. Le Catalogue collectif de France décrit un manuscrit de Cîteaux du XIIe siècle contenant 82 lettres et plusieurs œuvres.

Le consulter aujourd’hui, ou lire une édition de ses traités, donne accès à une pensée plus ample que les citations brèves souvent attribuées à Cyprien.

Quelle anecdote les Actes du martyre transmettent-ils sur saint Cyprien ?

Le récit de son exécution rapporte qu’il demande de remettre vingt-cinq pièces d’or au bourreau. Il prie ensuite avant d’affronter la décapitation.

Cet épisode, transmis dans les Actes proconsulaires, souligne le calme et la maîtrise de soi que la communauté veut conserver de ses derniers instants. Il donne une dimension humaine à un récit de condamnation.

Les Actes et la Vie composée par le diacre Pontius constituent des dossiers distincts. Leur proximité avec les événements rend ces témoignages précieux, tout en appelant l’attention habituelle aux formes littéraires de la mémoire chrétienne.

Quels patronages, images et lieux rappellent saint Cyprien ?

Le diocèse de Tanger présente Cyprien comme patron de l’Afrique du Nord et donne à sa fête du 16 septembre le rang de solennité. Ce patronage régional est documenté par un propre liturgique.

En France, la base patrimoniale POP identifie expressément une chapelle Saint-Cyprien de Carthage à Azkonbegi, sur la commune de Lantabat, dans les Pyrénées-Atlantiques. La précision du vocable permet de la rattacher au bon saint.

Pour lire une représentation, ses fonctions d’évêque, son œuvre écrite et son martyre sont les repères les plus utiles. Un livre peut évoquer l’auteur ; le contexte ecclésial renvoie au pasteur de Carthage.

Les récits de Cyprien et Justine, souvent rencontrés sous le même prénom, concernent une autre tradition. Il ne faut pas attribuer automatiquement leurs épisodes au théologien de Carthage.

Un document pour découvrir Saint Cyprien de Carthage

Saint Cyprien de Carthage : Cyprien, Guy, Étienne et Corneille, œuvre allemande du XIIe siècle.
Cyprien, Guy, Étienne et Corneille, œuvre allemande du XIIe siècle. German 12th Century, third quarter 12th century. National Gallery of Art, Washington, Rosenwald Collection, inv. 1964.8.23. Image Open Access CC0. Notice du fichier et crédits — CC0 — NGA Open Access.

Questions fréquentes sur saint Cyprien de Carthage

Quand est-il mort ? Le 14 septembre 258, à Carthage, par décapitation.

Pourquoi sa fête apparaît-elle au 16 septembre ? La mémoire liturgique réunit ce jour-là Corneille et Cyprien ; le 14 reste l’anniversaire du martyre retenu pour le prénom sur le site.

Quel est son écrit le plus connu ? Sur l’unité de l’Église compte parmi ses textes majeurs, avec sa correspondance et son commentaire du Notre Père.

Quel territoire le reconnaît comme patron ? L’Afrique du Nord, comme le confirme le propre liturgique publié par le diocèse de Tanger.

Cyprien était-il contemporain d’Augustin ? Non. Cyprien appartient au IIIe siècle ; Augustin naît au IVe siècle.

Sources et méthode de cette fiche

Le repère restitue le contexte des textes de Cyprien et distingue crise communautaire, jugement pastoral et récit du martyre.

Repères documentaires réorganisés le .

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.