17 décembre : Journée internationale pour mettre fin aux violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe

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Journée internationale pour mettre fin aux violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe — Parapluie rouge sans inscription près d’une fleur blanche.

Le 17 décembre est la Journée internationale pour mettre fin aux violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe, une journée de mémoire et de mobilisation créée en 2003 aux États-Unis par la militante Annie Sprinkle et Robyn Few, fondatrice du Sex Workers Outreach Project (SWOP-USA). Née en hommage aux victimes d’un tueur en série de l’État de Washington, elle est aujourd’hui marquée dans de nombreux pays, de Paris à Bruxelles en passant par Montréal et l’île Maurice, sous le symbole du parapluie rouge. Il s’agit d’une journée issue du mouvement associatif : elle n’a pas été proclamée par l’Organisation des Nations unies ni par l’UNESCO. Le sujet fait l’objet de débats importants entre organisations de travailleuses du sexe, associations abolitionnistes et pouvoirs publics. Cet article présente les faits, les chiffres disponibles et les positions de chacun, sans prendre parti.

Journée internationale pour mettre fin aux violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe — Bougies blanches sans inscription sur une table près d’une fleur.

🌂 C’est quoi la journée du 17 décembre pour les travailleuses du sexe ?

La journée du 17 décembre consacrée aux travailleuses et travailleurs du sexe vise à rendre hommage aux personnes tuées ou agressées et à dénoncer la stigmatisation, la discrimination et l’indifférence qui, selon ses organisatrices, favorisent ces violences. Son intitulé anglais est International Day to End Violence Against Sex Workers, parfois abrégé en « D17 ».

Le vocabulaire est lui-même un enjeu du débat. Le terme « travail du sexe » est celui employé par les organisatrices de la journée, par Amnesty International et par l’ONUSIDA. Les associations abolitionnistes, comme le Mouvement du Nid ou l’Amicale du Nid en France, contestent ce terme et parlent de « personnes en situation de prostitution », considérant la prostitution comme une violence en soi. La loi française parle quant à elle de « système prostitutionnel ».

Pour éviter les confusions, plusieurs notions doivent être distinguées.

Notion Définition Source de référence
Travail du sexe Échange de services sexuels entre adultes consentants contre rémunération. Amnesty International n’emploie ce terme que pour les adultes consentants. Position d’Amnesty International (26 mai 2016)
Prostitution Activité d’une personne qui se livre à des actes sexuels avec des clients moyennant rémunération (définition de la loi genevoise). Terme juridique dans la plupart des pays francophones. Loi sur la prostitution du canton de Genève
Traite des êtres humains Recrutement, transport, transfert, hébergement ou accueil de personnes par la menace, la force, la tromperie ou l’abus de vulnérabilité, aux fins d’exploitation. Le consentement de la victime est sans effet. Protocole de Palerme (ONU, 2000), article 3
Exploitation sexuelle Forme d’exploitation visée par le Protocole de Palerme, qui inclut « au minimum » l’exploitation de la prostitution d’autrui. Protocole de Palerme, article 3
Proxénétisme Fait de tirer profit de la prostitution d’autrui ou de l’organiser. Interdit en France, en Belgique (hors cadre légal du contrat de travail) et au Canada. Code pénal français, SPF Emploi (Belgique)

La traite et l’exploitation sexuelle sont condamnées par toutes les parties au débat, y compris Amnesty International, qui qualifie la traite d’atteinte intolérable aux droits humains. Le désaccord porte sur la manière d’encadrer la prostitution entre adultes. Pour aller plus loin sur la traite, voir notre article sur la journée mondiale de lutte contre la traite d’êtres humains du 30 juillet.

🕯️ Origine et histoire de la Journée internationale pour mettre fin aux violences faites aux travailleurs du sexe

La journée du 17 décembre est née aux États-Unis en 2003, à l’initiative d’Annie Sprinkle et de Robyn Few, fondatrice de SWOP-USA, une association américaine de défense des droits des travailleuses du sexe (Wikipédia (nofollow)).

Création de la journée du 17 décembre

L’idée naît après la condamnation de Gary Ridgway, surnommé le « tueur de la Green River », qui avait reconnu en 2003 le meurtre de 48 femmes dans la région de Seattle, dont de nombreuses travailleuses du sexe. Dans un communiqué publié le 17 décembre 2003, le Sex Workers Project de l’Urban Justice Center de New York annonçait des veillées dans plusieurs États américains (New York, Arizona, Californie, Caroline du Nord, Maine, Washington D.C.), ainsi qu’en Belgique, au Royaume-Uni et au Canada (communiqué du Sex Workers Project (nofollow)).

Dans une lettre publique citée par Wikipédia, Annie Sprinkle écrit que les crimes violents contre les travailleuses du sexe restent « sous-déclarés, non traités et impunis ».

Pourquoi le 17 décembre ? Les associations américaines relient la date à la condamnation de Gary Ridgway en décembre 2003. Les sources consultées divergent toutefois sur le jour exact du prononcé de la peine (le 17 ou le 18 décembre 2003). Ce qui est établi, c’est que la première veillée a eu lieu le 17 décembre 2003.

Statut : cette journée n’a pas été proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies ni par l’UNESCO. Elle relève de l’initiative associative, comme la journée internationale du souvenir trans du 20 novembre. Elle ne doit pas être confondue avec la Journée internationale des travailleuses et travailleurs du sexe du 2 juin, que l’ONUSIDA relaie chaque année.

Repères historiques

Année Événement
1949 2 décembre : adoption par l’ONU de la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui
2000 Adoption du Protocole de Palerme sur la traite des personnes
2001 Venise : premier usage du parapluie rouge par des travailleuses du sexe, lors de la 49e Biennale
2003 17 décembre : première édition de la journée, aux États-Unis et dans plusieurs pays
2005 Bruxelles : l’ICRSE adopte le parapluie rouge comme symbole, marche d’environ 200 personnes
2014 Canada : entrée en vigueur, le 6 décembre, de la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation
2016 France : loi du 13 avril visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel. Amnesty International publie sa position le 26 mai
2022 Belgique : dépénalisation du travail du sexe le 1er juin
2024 CEDH : arrêt M.A. et autres c. France (25 juillet). Belgique : contrat de travail pour les travailleurs du sexe en vigueur le 1er décembre

Le parapluie rouge, symbole de la journée

Le parapluie rouge a été utilisé pour la première fois en 2001 à Venise, lors d’une installation de l’artiste slovène Tadej Pogačar réalisée avec des travailleuses du sexe pour la 49e Biennale, suivie d’une « marche des parapluies rouges ». En 2005, le Comité international pour les droits des travailleurs du sexe en Europe (ICRSE) l’a adopté comme symbole de résistance aux discriminations, lors d’une conférence européenne à Bruxelles qui s’est achevée par une marche de près de 200 participants. En France, la Fédération Parapluie Rouge porte ce nom.

Objectifs principaux

  • Mémoire : honorer les travailleuses et travailleurs du sexe tués ou agressés au cours de l’année, souvent par des lectures de noms et des veillées.
  • Visibilité : faire connaître des violences que les organisatrices estiment sous-déclarées et peu poursuivies.
  • Lutte contre la stigmatisation : combattre les préjugés qui, selon les associations, découragent les victimes de porter plainte.
  • Plaidoyer juridique : les organisations de travailleuses du sexe y portent la revendication d’une dépénalisation, une position contestée par les associations abolitionnistes.
  • Accès aux droits : rappeler l’enjeu de l’accès à la santé, à la justice et à la protection sociale.

⚖️ Importance et impact de la journée du 17 décembre

La journée du 17 décembre met en lumière un phénomène difficile à mesurer : les violences subies par les personnes qui exercent le travail du sexe, et l’effet des lois sur leur sécurité, une question sur laquelle les institutions elles-mêmes ne s’accordent pas.

Une violence difficile à chiffrer

Aucune statistique officielle mondiale ne recense les violences faites aux travailleuses du sexe. Les données disponibles proviennent d’enquêtes d’ONG, d’agences onusiennes ou d’études scientifiques, avec des méthodes différentes.

Indicateur Donnée Source et date
Violences subies 1 travailleur du sexe sur 5 a subi des violences au cours des 12 derniers mois (pays ayant transmis des données) ONUSIDA, juin 2024
Stigmatisation 22 % ont subi stigmatisation ou discrimination au cours des 6 derniers mois ONUSIDA, juin 2024
Cadre légal 168 pays criminalisent au moins un aspect du commerce du sexe ONUSIDA, juin 2024
Effet modélisé sur le VIH La dépénalisation éviterait 33 à 46 % des infections par le VIH chez les travailleuses du sexe et leurs clients sur dix ans Shannon et al., The Lancet, juillet 2014
France, enquête associative 62,9 % des 583 répondants constatent une détérioration de leurs conditions de vie depuis avril 2016 Le Bail, Giametta, Rassouw, Médecins du Monde, avril 2018
Nombre de travailleurs du sexe Estimation de 52 millions dans le monde, non vérifiée de façon indépendante Union internationale des travailleurs du sexe, citée par AllAfrica, décembre 2024

Ces chiffres sont à lire avec prudence : ils reposent sur des échantillons déclaratifs et sur des pays qui acceptent de transmettre des données. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe relevait elle-même, en 2014, l’absence de statistiques précises et comparables sur la prostitution et la traite.

Un enjeu de santé publique

La journée du 17 décembre est étroitement liée à la lutte contre le VIH. Une série d’articles publiée par The Lancet en juillet 2014, fondée sur l’analyse de plus de 800 études, conclut que la criminalisation du travail du sexe favorise les violations des droits et accroît l’exposition au VIH (étude Shannon et al. (nofollow)). En juin 2024, l’ONUSIDA a appelé à la dépénalisation, en citant une étude selon laquelle la probabilité de vivre avec le VIH serait sept fois plus élevée pour un travailleur du sexe dans un pays d’Afrique subsaharienne qui criminalise cette activité. Sur ce volet, voir aussi la journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre.

Les associations abolitionnistes contestent la lecture de ces données. L’Amicale du Nid et le Mouvement du Nid estiment que c’est la prostitution elle-même qui met en danger les personnes, et non les lois qui la combattent.

Un enjeu de droits humains

La journée du 17 décembre s’inscrit dans un débat de droits humains où deux lectures s’opposent. Amnesty International demande depuis le 26 mai 2016 la dépénalisation du travail sexuel consenti entre adultes, y compris l’achat de services sexuels, tout en maintenant la répression pénale de la traite, du travail forcé et de l’exploitation des enfants. À l’inverse, le Parlement européen a adopté le 26 février 2014 une résolution non contraignante invitant les États à réduire la demande en sanctionnant les clients plutôt que les personnes prostituées. Ces questions rejoignent celles traitées lors de la Journée des droits de l’homme du 10 décembre.

🌍 Le 17 décembre dans le monde francophone : des lois très différentes

La journée du 17 décembre est marquée dans des pays francophones qui ont fait des choix juridiques opposés, ce qui explique la diversité des messages portés ce jour-là.

Les grands modèles juridiques

Modèle Principe Exemples Défendu par Critiqué par
Criminalisation totale Vente et achat de services sexuels interdits Nombreux pays (168 pays criminalisent au moins un aspect selon l’ONUSIDA) Selon les pays, pouvoirs publics ONUSIDA, Amnesty, organisations de travailleuses du sexe
Pénalisation du client (modèle dit « nordique » ou abolitionniste) Achat sanctionné, vente non sanctionnée, accompagnement à la sortie France, Canada Parlement européen (résolution 2014), associations abolitionnistes (Mouvement du Nid, Amicale du Nid, Fondation Scelles) STRASS, Médecins du Monde, Amnesty, ONUSIDA
Dépénalisation Suppression des infractions pénales visant le travail du sexe entre adultes, maintien de la répression de la traite et de l’exploitation Belgique (depuis 2022) Amnesty, ONUSIDA, organisations de travailleuses du sexe Associations abolitionnistes (Isala en Belgique)
Légalisation ou réglementation Activité légale encadrée par des règles spécifiques (enregistrement, contrôles) Suisse, Sénégal Selon les pays, pouvoirs publics Critiques venant des deux camps, pour des raisons opposées

France, Belgique et Suisse

France. La loi du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel a abrogé le délit de racolage et créé une contravention de 5e classe sanctionnant l’achat d’actes sexuels. Elle a aussi instauré un « parcours de sortie de la prostitution ». Le Conseil constitutionnel l’a jugée conforme le 1er février 2019, puis la Cour européenne des droits de l’homme a conclu à l’unanimité, le 25 juillet 2024, à l’absence de violation du droit au respect de la vie privée dans l’affaire M.A. et autres c. France, introduite par 261 requérants (Le Monde du droit (nofollow)). Les associations abolitionnistes ont salué cette décision (communiqué de l’Amicale du Nid (nofollow)), tandis que la Fédération Parapluie Rouge et ses partenaires l’ont déplorée. Une enquête menée pour Médecins du Monde en 2018 par la chercheuse Hélène Le Bail rapporte, selon les répondants, une hausse des violences et une plus grande difficulté à imposer le préservatif depuis la loi (rapport Le Bail, 2018 (nofollow)). Le gouvernement a présenté en 2024 la première stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel.

Belgique. La réforme du droit pénal sexuel a dépénalisé le travail du sexe le 1er juin 2022 : la prostitution pour son propre compte n’est plus visée, mais l’organisation de la prostitution d’autrui reste un délit hors du cadre légal. La loi du 3 mai 2024, entrée en vigueur le 1er décembre 2024, permet l’emploi de travailleurs du sexe sous contrat de travail par un employeur agréé (SPF Emploi). Selon la VRT, le texte permet notamment aux travailleurs de poser leurs propres conditions et impose un bouton d’urgence dans les locaux (VRT (nofollow)). L’association abolitionniste Isala conteste cette réforme (argumentaire d’Isala (nofollow)).

Suisse. La prostitution y est légale depuis 1942 pour les femmes et depuis 1992 pour les hommes, en tant qu’activité indépendante, selon l’Université de Genève (Unige (nofollow)). Les cantons fixent leurs propres règles : Genève, Fribourg ou Neuchâtel disposent d’une loi cantonale sur la prostitution (canton de Fribourg).

Canada et Afrique francophone

Canada. Le 20 décembre 2013, la Cour suprême a invalidé trois infractions liées à la prostitution dans l’arrêt Bedford. Le Parlement a répondu avec la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation, sanctionnée le 6 novembre 2014 et entrée en vigueur le 6 décembre 2014, qui érige en infraction l’achat de services sexuels (ministère de la Justice du Canada). Des organisations de travailleuses du sexe et la Ville de Vancouver ont critiqué cette loi devant le comité parlementaire chargé de son examen, tandis que d’autres organisations en ont demandé le maintien.

Sénégal. Le Sénégal est l’un des rares pays d’Afrique à encadrer légalement la prostitution : une loi de 1966 sur la lutte contre les maladies vénériennes et la prostitution a été complétée en 1969, avec l’inscription à un fichier sanitaire et social, un carnet sanitaire et un âge minimum de 21 ans (The New Humanitarian (nofollow)). Le proxénétisme y reste réprimé.

Île Maurice. Le projet Parapli Rouz, lancé en 2010 par l’ONG Chrysalide pour offrir un espace de soutien aux travailleuses du sexe, a fermé faute de financement, selon un article publié par AllAfrica (nofollow) le 17 décembre 2024.

Ailleurs en Afrique francophone, les cadres juridiques varient fortement d’un pays à l’autre et ne peuvent pas être résumés par une règle générale.

🚧 Défis et enjeux contemporains autour du 17 décembre

La journée du 17 décembre met en évidence trois défis persistants : la confusion entre notions, l’accès effectif à la justice et le financement des structures d’accompagnement.

Distinguer travail du sexe, prostitution et traite

La journée internationale pour mettre fin aux violences faites aux travailleurs du sexe se heurte d’abord à un désaccord de fond. Pour les organisations de travailleuses du sexe et Amnesty International, il faut distinguer le travail du sexe consenti entre adultes de la traite. Pour les associations abolitionnistes, cette distinction est artificielle : elles rappellent que le Protocole de Palerme rend le consentement de la victime sans effet en cas de traite, et que la convention de l’ONU du 2 décembre 1949, ratifiée par la France en 1960 et par la Belgique en 1965, qualifie la prostitution d’incompatible avec la dignité humaine.

Porter plainte et être protégé

Selon les recherches publiées par Amnesty International en 2016, les lois pénales permettent dans certains pays à des policiers de menacer, d’extorquer ou de détenir arbitrairement des travailleuses du sexe. Dans l’article d’AllAfrica consacré à l’île Maurice, une travailleuse du sexe de 24 ans témoigne avoir été mal reçue lorsqu’elle tentait de porter plainte. À l’opposé, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a recommandé en avril 2014 des centres de conseil offrant une aide juridique et de santé aux personnes prostituées, quel que soit leur statut légal ou migratoire (Conseil de l’Europe). La question des personnes migrantes rejoint celle de la journée internationale des migrants, célébrée le lendemain.

Financer l’accompagnement et évaluer les lois

Les associations de santé communautaire comme les associations abolitionnistes dénoncent un manque de moyens, pour des raisons différentes : les premières pour la prévention et la réduction des risques, les secondes pour les parcours de sortie. Dans son arrêt de 2024, la CEDH a invité la France à évaluer de façon continue les effets de la pénalisation des clients, selon Médecins du Monde. Le principe de non-discrimination dans l’accès aux soins est aussi au cœur de la journée zéro discrimination du 1er mars.

Journée internationale pour mettre fin aux violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe — Mains de deux adultes en échange dans un lieu calme.

🤝 Comment la journée du 17 décembre est-elle marquée ?

La journée du 17 décembre est célébrée chaque année par des veillées, des marches et des lectures de noms, organisées par des associations dans de nombreuses villes, généralement sous des parapluies rouges.

Rassemblements et marches

En France, le 17 décembre 2024, une marche endeuillée a eu lieu à Paris, près des Invalides, avec un code vestimentaire blanc et des parapluies rouges. Elle était organisée par la Fédération Parapluie Rouge, le STRASS, Acceptess-T, Les Roses d’Acier, le Projet Jasmine, Médecins du Monde, Nous Toutes et le Collectif des Femmes de Strasbourg Saint-Denis, avec le soutien d’Amnesty France. D’autres rassemblements étaient annoncés dans plusieurs villes françaises. Les associations abolitionnistes se mobilisent de leur côté, notamment autour du 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Santé communautaire et accompagnement

Dans les pays francophones, des associations interviennent toute l’année auprès des personnes concernées : Médecins du Monde (programme Jasmine, Lotus Bus) et Acceptess-T en France, Espace P et Utsopi en Belgique, Chrysalide à l’île Maurice. En France, les associations agréées par l’État, dont le Mouvement du Nid dans 17 départements, accompagnent les parcours de sortie prévus par la loi de 2016.

Actions numériques

Sur les réseaux sociaux, la journée est relayée avec les mots-clés #17décembre, #D17, #IDEVASW et le symbole du parapluie rouge 🌂. Certaines organisations publient des vidéos mémorielles ou des listes de victimes de l’année.

Comment s’informer et agir

  • S’informer à plusieurs sources : lire les positions des organisations de travailleuses du sexe, des associations abolitionnistes et des institutions pour se forger un avis.
  • Soutenir une association : par un don ou du bénévolat, auprès d’une structure de santé, d’accompagnement ou de défense des droits.
  • Participer à une veillée : les rassemblements sont annoncés chaque année par les associations locales.
  • Signaler une violence : en cas de danger immédiat, composer le 17 ou le 112 en France, le 101 ou le 112 en Belgique, le 117 ou le 112 en Suisse, le 911 au Canada.

Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 17 décembre.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée mondiale de la santé sexuelle.

❓ FAQ sur la journée du 17 décembre

Qu’est-ce que la journée du 17 décembre pour les travailleurs du sexe ?

La journée du 17 décembre pour les travailleurs du sexe est la Journée internationale pour mettre fin aux violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe. Créée en 2003 aux États-Unis, elle rend hommage aux victimes de violences et dénonce la stigmatisation dont elles font l’objet.

Qui a créé la journée du 17 décembre et pourquoi ?

La journée du 17 décembre a été créée en 2003 par la militante Annie Sprinkle et par Robyn Few, fondatrice de SWOP-USA. Elle est née en hommage aux victimes de Gary Ridgway, condamné en décembre 2003 pour le meurtre de 48 femmes près de Seattle, dont de nombreuses travailleuses du sexe.

Que symbolise le parapluie rouge des travailleuses du sexe ?

Le parapluie rouge des travailleuses du sexe symbolise la résistance aux discriminations et la défense de leurs droits. Utilisé pour la première fois à Venise en 2001, il a été adopté en 2005 à Bruxelles par le Comité international pour les droits des travailleurs du sexe en Europe (ICRSE).

La journée du 17 décembre est-elle reconnue par l’ONU ?

La journée du 17 décembre n’est pas reconnue par l’ONU au sens d’une proclamation de l’Assemblée générale. C’est une initiative associative. L’ONUSIDA relaie en revanche la Journée internationale des travailleuses et travailleurs du sexe du 2 juin.

Quelle différence entre travail du sexe et traite des êtres humains ?

La différence entre travail du sexe et traite des êtres humains tient au consentement et à l’exploitation. La traite, définie par le Protocole de Palerme de 2000, implique contrainte, tromperie ou abus de vulnérabilité aux fins d’exploitation. Les associations abolitionnistes contestent toutefois l’idée d’un travail du sexe librement consenti.

Chaque 17 décembre, des veillées sous des parapluies rouges rappellent que des personnes exposées à la violence restent souvent invisibles. Que l’on soutienne la dépénalisation ou le modèle abolitionniste, toutes les parties au débat s’accordent sur un point : la traite, l’exploitation et les violences doivent être combattues. S’informer auprès de sources variées, soutenir les associations de terrain ou participer à une veillée sont autant de façons de marquer cette journée. #17décembre #D17

À lire aussi : – Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains (30 juillet) – Journée des droits de l’homme (10 décembre) – Journée mondiale de lutte contre le sida (1er décembre) – Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre) – Journée zéro discrimination (1er mars) – Journée internationale du souvenir trans (20 novembre) – Journée internationale des migrants (18 décembre) – Éphéméride du 17 décembre

Sources : Amnesty France · Amnesty International · ONUSIDA · Conseil de l’Europe · SPF Emploi (Belgique) · Justice Canada · Stratégie nationale (France) · Canton de Fribourg · Wikipédia (nofollow) · The Lancet / PMC (nofollow) · Rapport Le Bail (nofollow) · AllAfrica (nofollow) · Sénat (Protocole de Palerme) (nofollow)

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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