Chaque 2 octobre, les Nations Unies célèbrent la Journée internationale de la non-violence. La date n’a rien d’un hasard : elle correspond à l’anniversaire de la naissance de Mohandas Karamchand Gandhi, dit le Mahatma, né le 2 octobre 1869 à Porbandar, artisan de l’indépendance de l’Inde et théoricien majeur de la résistance non-violente. Instituée par l’Assemblée générale de l’ONU en 2007, cette journée n’est pas une simple commémoration historique : elle affirme que la non-violence reste une méthode d’action politique et sociale d’actualité, à un moment où les conflits armés, les violences intrafamiliales et les discours de haine continuent de peser lourdement sur les sociétés.

| Élément | Détail |
|---|---|
| Nom officiel | Journée internationale de la non-violence |
| Date | 2 octobre, chaque année |
| Instituée par | Assemblée générale des Nations Unies |
| Texte fondateur | Résolution A/RES/61/271, adoptée le 15 juin 2007 |
| Nombre de co-auteurs | 140 États membres |
| Première célébration | 2 octobre 2007 |
| Raison de la date | Anniversaire de la naissance de Mahatma Gandhi (2 octobre 1869) |
| Objectif principal | Diffuser le message de la non-violence par l’éducation et la sensibilisation |
| Symbole associé | La sculpture « Non-Violence » (le revolver noué), siège de l’ONU à New York |
| Objectif de développement durable lié | ODD 16 (paix, justice et institutions efficaces) |
Qu’est-ce que la non-violence ?
La non-violence — également appelée résistance non-violente ou action non-violente — désigne le refus du recours à la violence physique pour obtenir un changement social ou politique. Il ne s’agit ni de passivité, ni de résignation : la non-violence suppose au contraire un conflit assumé, mené avec d’autres moyens que la force.
Le politologue américain Gene Sharp, l’un des principaux théoriciens du domaine dans son ouvrage The Politics of Nonviolent Action (1973), la définit comme une technique permettant à ceux qui refusent la passivité et la soumission de mener leur combat sans recourir à la violence. Loin d’éviter le conflit, l’action non-violente cherche à y répondre efficacement.
Les trois grandes familles d’action non-violente
L’ONU reprend la typologie classique établie par Gene Sharp, qui distingue trois catégories :
- La protestation et la persuasion : manifestations, veillées, pétitions, marches, déclarations publiques ;
- La non-coopération : grèves, boycotts, refus de l’impôt, désobéissance civile, démissions collectives ;
- L’intervention non-violente : sit-in, occupations, barrages, blocages, jeûnes.
Non-violence et pacifisme : une distinction utile
Le mot « non-violence » est souvent employé comme synonyme de « pacifisme ». La nuance existe pourtant. Le pacifisme désigne d’abord une opposition de principe à la guerre. Depuis le milieu du XXᵉ siècle, la non-violence a été adoptée par de nombreux mouvements de changement social — droits civiques, droits des femmes, écologie, luttes syndicales, défense des minorités — dont l’objet n’est pas la question militaire.
Un postulat théorique fonde cette approche : le pouvoir des gouvernants repose sur le consentement des gouvernés. La stratégie non-violente consiste donc à retirer ce consentement et cette coopération, privant le pouvoir de sa base réelle.
Origine et histoire de la Journée internationale de la non-violence
La création de la journée en 2007
L’initiative revient à l’Inde. En janvier 2007 se tient à New Delhi une conférence internationale intitulée Peace, Nonviolence and Empowerment – Gandhian Philosophy in the 21st Century, organisée par le Congrès national indien pour marquer le centenaire du lancement du satyagraha, la méthode de résistance non-violente élaborée par Gandhi en Afrique du Sud en 1906. Cette rencontre, qui réunit des organisations venues de dizaines de pays, débouche sur un appel à la reconnaissance internationale du 2 octobre.
Quelques mois plus tard, le 15 juin 2007, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution A/RES/61/271, lors de sa 103ᵉ séance plénière, au titre du point de l’ordre du jour consacré à la culture de la paix. Le texte est présenté par Anand Sharma, alors ministre indien chargé des Affaires étrangères, au nom de 140 co-auteurs — un chiffre exceptionnellement élevé, qui traduit l’audience universelle de la figure gandhienne. À cette occasion, Anand Sharma cite Gandhi : « La non-violence est la plus grande force que l’humanité ait à sa portée. »
La résolution réaffirme la pertinence universelle du principe de non-violence et invite à faire du 2 octobre une occasion de diffuser ce message, notamment par l’éducation et la sensibilisation du public. Elle demande au Secrétaire général de recommander des moyens permettant au système des Nations Unies d’aider les États membres à organiser des activités commémoratives.
Repères chronologiques
| Année | Événement |
|---|---|
| 1869 | Naissance de Mohandas Karamchand Gandhi, le 2 octobre, à Porbandar (Gujarat) |
| 1906 | Lancement du satyagraha en Afrique du Sud |
| 1930 | Marche du sel, campagne emblématique de désobéissance civile en Inde |
| 1947 | Indépendance de l’Inde |
| 1948 | Assassinat de Gandhi, le 30 janvier, à New Delhi |
| 1999 | Déclaration et Programme d’action sur une culture de la paix (A/RES/53/243) |
| 2001-2010 | Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde |
| 2007 | Conférence de New Delhi (janvier) puis adoption de la résolution A/RES/61/271 (15 juin) |
| 2007 | Première Journée internationale de la non-violence, le 2 octobre |
Les objectifs de la Journée internationale de la non-violence
- Diffuser le message de la non-violence : par l’éducation, la formation et la sensibilisation du grand public ;
- Réaffirmer la pertinence universelle du principe : la non-violence n’est pas une tradition régionale ou confessionnelle mais un outil transposable ;
- Promouvoir une culture de la paix et de la tolérance : dans la continuité de la Déclaration de 1999 sur une culture de la paix ;
- Relier non-violence, droits humains et démocratie : la résolution rappelle que non-violence, tolérance, respect des droits fondamentaux, démocratie et développement se renforcent mutuellement ;
- Encourager les États à agir : en organisant des activités commémoratives et en intégrant la non-violence dans les politiques éducatives.
Gandhi, figure fondatrice de la Journée internationale de la non-violence
Une doctrine forgée dans l’action
Gandhi n’a pas inventé la non-violence — l’ahimsa, principe de non-nuisance, est un concept ancien des traditions indiennes, notamment jaïne et hindoue. Sa contribution est ailleurs : il en fait une méthode de lutte politique de masse, applicable à des millions de personnes.
Sa conviction centrale tient en une formule : des moyens justes conduisent à des fins justes. Recourir à la violence pour bâtir une société pacifique serait donc une contradiction. Il forge le terme satyagraha (littéralement « force de la vérité ») pour désigner cette forme de résistance active, qu’il expérimente d’abord contre les lois discriminatoires visant les Indiens d’Afrique du Sud, puis contre la domination britannique en Inde.
La marche du sel, cas d’école
En 1930, Gandhi conduit une marche de plusieurs centaines de kilomètres jusqu’à la côte pour y ramasser du sel, en violation délibérée du monopole fiscal britannique. Le geste est dérisoire ; sa portée symbolique est immense. Des dizaines de milliers d’Indiens l’imitent, les arrestations se comptent par dizaines de milliers, et l’autorité coloniale se retrouve dans une position intenable : réprimer un acte inoffensif la discrédite, le tolérer l’affaiblit. C’est le mécanisme central de l’action non-violente, souvent décrit comme le « jiu-jitsu politique » : retourner la force de l’adversaire contre lui.
Une postérité mondiale
L’influence gandhienne dépasse largement l’Inde. Martin Luther King Jr. aux États-Unis, Nelson Mandela en Afrique du Sud à partir de sa sortie de prison, Vaclav Havel en Tchécoslovaquie, les mouvements de Solidarność en Pologne : tous ont puisé, à des degrés divers, dans le répertoire de l’action non-violente. En Inde, le 2 octobre — Gandhi Jayanti — est l’un des trois jours fériés nationaux, aux côtés du Jour de la République et du Jour de l’Indépendance.
Fait notable : Gandhi n’a jamais reçu le prix Nobel de la paix, malgré plusieurs nominations, dont une en 1948, l’année de son assassinat.
Importance et impact : pourquoi la non-violence reste d’actualité
L’ampleur du problème en chiffres
La Journée internationale de la non-violence trouve sa justification dans des données difficilement contestables. Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’homicide tue davantage que les conflits armés et le terrorisme réunis.
| Indicateur | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Homicides dans le monde (2021) | 458 000 victimes, année qualifiée d’exceptionnellement meurtrière | ONUDC, Global Study on Homicide 2023 |
| Moyenne annuelle 2019-2021 | Environ 440 000 morts par homicide | ONUDC |
| Rythme | Environ 52 vies perdues par heure dans le monde | ONUDC |
| Répartition par sexe (2021) | 81 % des victimes d’homicide sont des hommes | ONUDC |
| Femmes tuées par un proche (2023) | Environ 51 000, soit une femme toutes les 10 minutes | ONUDC / ONU |
Ces chiffres expliquent que la réduction de toutes les formes de violence figure en tête de l’Objectif de développement durable n° 16 de l’Agenda 2030, dont la première cible vise explicitement la diminution des taux de mortalité liés à la violence.
Une efficacité mesurée par la recherche
L’argument le plus discuté en faveur de la non-violence n’est plus seulement moral, il est devenu empirique. Les travaux des politologues Erica Chenoweth et Maria J. Stephan, publiés dans Why Civil Resistance Works (traduit en français sous le titre Pouvoir de la non-violence), portent sur 323 campagnes de résistance, violentes et non violentes, menées entre 1900 et 2006.
| Résultat de la recherche | Campagnes non violentes | Campagnes violentes |
|---|---|---|
| Taux de succès global (1900-2006) | 53 % | 26 % |
| Objectif de changement de régime ou de libération d’un territoire | 60 % | 30 % |
| Campagnes sécessionnistes | Environ 25 % dans les deux cas | Environ 25 % |
Les deux chercheuses avancent une explication mécanique : une campagne non violente exige moins de conditions d’entrée — ni condition physique, ni armes, ni clandestinité — et mobilise donc davantage de participants, ce qui accroît ses chances de succès. De là découle la fameuse « règle des 3,5 % » : dans leur base de données, toute campagne ayant obtenu la participation active et durable d’au moins 3,5 % de la population a atteint ses objectifs, et toutes celles ayant franchi ce seuil étaient non violentes.
Chenoweth insiste toutefois sur le caractère descriptif et non prescriptif de ce constat : il s’agit d’une règle empirique, dépendante de l’organisation, du momentum et de la stratégie, et non d’une loi. Elle a d’ailleurs observé que l’efficacité des résistances — violentes comme non violentes — décline depuis 2010, les régimes autoritaires ayant appris à anticiper ces mobilisations.
Un effet durable sur les régimes politiques
Un second résultat mérite attention : l’issue non violente d’une lutte augmente sensiblement la probabilité qu’un régime démocratique s’installe et se maintienne, tandis que la victoire par les armes tend à accroître le risque de guerre civile dans les années suivantes.
La non-violence dans le monde et en France
Une diffusion internationale
La non-violence a irrigué des contextes très différents : mouvement des droits civiques américain (boycott des bus de Montgomery, marches de Selma), révolutions dites « de velours » en Europe centrale en 1989, transition sud-africaine, mouvements citoyens en Amérique latine, en Asie du Sud-Est et au Proche-Orient. Les formes varient — grève générale, boycott, désobéissance civile, cercles de silence — mais la logique reste identique : rendre le pouvoir dépendant d’une coopération qu’on lui retire.
La tradition non-violente française
La France dispose d’une filiation non-violente ancienne et structurée, souvent méconnue.
- Romain Rolland est l’un des premiers intellectuels européens à faire connaître Gandhi en France, dès les années 1920.
- Lanza del Vasto (1901-1981), philosophe d’origine italienne installé en France, rencontre Gandhi en Inde en 1937. Il fonde en 1948 la première Communauté de l’Arche, en Charente, sur le modèle des ashrams gandhiens. Il mène ensuite plusieurs actions retentissantes : jeûne de vingt jours contre la torture pendant la guerre d’Algérie (1957), action devant l’usine atomique de Marcoule (1958), jeûne en soutien aux paysans du Larzac (1972).
- Le Mouvement pour une alternative non-violente (MAN) est créé en 1974 autour de Jean-Marie Muller et du général Jacques de Bollardière. Il s’engage dans la lutte du Larzac, la contestation du programme nucléaire militaire et le soutien à Solidarność.
- L’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC) voit le jour en 1984, avec un travail théorique sur la défense civile non-violente.
- La revue Alternatives non-violentes, publiée depuis les années 1970, constitue l’une des principales ressources francophones sur le sujet.
La violence en France : un état des lieux chiffré
| Indicateur (France) | Donnée 2025 | Tendance |
|---|---|---|
| Victimes d’homicide | 975 | Stable par rapport à 2024, après la hausse observée entre 2020 et 2023 |
| Violences physiques enregistrées | — | +5 % |
| Violences physiques intrafamiliales | — | +6 % |
| Violences physiques hors cadre familial | — | +5 % |
| Violences sexuelles enregistrées | — | +8 % |
| Viols et tentatives de viol | — | +9 % |
| Tentatives d’homicide | — | +4 % |
Source : SSMSI (Service statistique ministériel de la sécurité intérieure), « Insécurité et délinquance en 2025 : bilan statistique ».
Ces données appellent une lecture prudente : elles portent sur les faits enregistrés par la police et la gendarmerie, et une part de leur évolution reflète la propension croissante des victimes à porter plainte, en particulier pour les violences intrafamiliales et sexuelles, plutôt que la seule évolution des faits eux-mêmes.
Les défis contemporains de la non-violence
La violence numérique et les discours de haine
Le discours de haine en ligne constitue un terrain nouveau. L’ONU y consacre une campagne dédiée (#NonÀLaHaine), en soulignant que si la haine n’est pas un phénomène récent, son ampleur et sa vitesse de propagation ont changé de nature avec les plateformes numériques. Le harcèlement en ligne, la diffusion massive de contenus violents et la polarisation algorithmique posent la question de l’application des principes non-violents à des espaces où l’anonymat désinhibe.
L’efficacité en recul face aux régimes autoritaires
Les travaux les plus récents sur la résistance civile signalent une baisse du taux de succès des mobilisations depuis 2010. Les gouvernements autoritaires se coordonnent, forment leurs forces de sécurité à prévenir les défections et développent des outils de surveillance qui rendent l’organisation clandestine plus difficile.
La violence intrafamiliale, angle mort historique
Longtemps pensée à l’échelle des luttes collectives, la non-violence peine encore à s’imposer comme cadre d’analyse des violences les plus quotidiennes — conjugales, parentales, scolaires. Or ce sont statistiquement les plus fréquentes.
La question de la légitime défense collective
C’est l’objection la plus sérieuse adressée à la non-violence : que faire face à une agression armée, à un génocide, à une occupation militaire ? Les théoriciens français de la non-violence, dont Jean-Marie Muller, ont travaillé la notion de défense civile non-violente et d’intervention civile de paix, sans que ces approches aient jamais été adoptées à grande échelle par un État. Le débat reste ouvert.

Comment célébrer la Journée internationale de la non-violence
Dans les institutions et les organisations internationales
- Cérémonie commémorative annuelle au siège des Nations Unies à New York, généralement organisée par la Mission permanente de l’Inde ;
- Conférences et tables rondes de l’UNESCO sur la culture de la paix ;
- Dépôt de gerbes devant les statues et mémoriaux gandhiens à travers le monde.
Dans les établissements scolaires
- Ateliers de résolution non-violente des conflits et de médiation par les pairs ;
- Programmes de prévention du harcèlement scolaire ;
- Séquences pédagogiques sur Gandhi, Martin Luther King, Rosa Parks ou les résistances civiles européennes ;
- Débats sur la distinction entre conflit et violence.
Dans la vie associative et locale
- Marches silencieuses, cercles de silence, lectures publiques ;
- Formations à la communication non-violente (CNV) proposées par de nombreuses associations françaises ;
- Projections-débats de documentaires sur les grandes campagnes de résistance civile ;
- Actions de sensibilisation portées par le MAN, la Communauté de l’Arche ou les centres de ressources sur la non-violence.
En ligne
- Relais des campagnes officielles de l’ONU sur les réseaux sociaux ;
- Partage de témoignages et de ressources pédagogiques ;
- Signalement des contenus haineux plutôt que réponse sur le même registre.
À l’échelle individuelle
- Identifier une situation de conflit personnel et tenter d’y appliquer une approche non-violente : écoute, reformulation, expression des besoins ;
- Lire un ouvrage de référence : Gandhi, Gene Sharp, Jean-Marie Muller, Erica Chenoweth ;
- Se former à la médiation ou à la CNV.
Le revolver noué : le symbole visuel de la non-violence
Devant le siège des Nations Unies à New York se dresse une sculpture en bronze devenue l’emblème visuel de la Journée internationale de la non-violence : un revolver surdimensionné, chien armé, dont le canon est noué. Son titre est simplement « Non-Violence ».
Son auteur, le sculpteur suédois Carl Fredrik Reuterswärd, l’a conçue après l’assassinat de son ami John Lennon, le 8 décembre 1980 à New York. Bouleversé, il rejoint son atelier pour travailler sur le thème de la non-violence, l’idée du canon noué s’imposant d’emblée. L’arme est prête à tirer mais ne le peut pas : le nœud rend la violence matériellement impossible et symboliquement ridicule.
Trois exemplaires originaux en bronze, hauts d’environ 1,50 mètre, ont été réalisés. Le premier est installé en 1985 devant la gare de Malmö, en Suède. Le deuxième est acquis par le gouvernement du Luxembourg, qui l’offre à l’ONU en 1988 lors d’une cérémonie à laquelle assiste Yoko Ono. Le troisième se trouve à Luxembourg-Kirchberg. D’autres répliques ont depuis été installées dans plusieurs villes du monde.
Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 2 octobre.
Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale de la paix, Journée internationale Nelson Mandela.
Foire aux questions sur la Journée internationale de la non-violence
Pourquoi la Journée internationale de la non-violence est-elle célébrée le 2 octobre ?
La Journée internationale de la non-violence est célébrée le 2 octobre parce que cette date correspond à l’anniversaire de la naissance de Mahatma Gandhi, né le 2 octobre 1869 à Porbandar, dans l’actuel État indien du Gujarat. Gandhi ayant théorisé et pratiqué la résistance non-violente à grande échelle, l’Assemblée générale des Nations Unies a retenu son anniversaire comme date symbolique. Le 2 octobre est également férié en Inde sous le nom de Gandhi Jayanti.
Qui a créé la Journée internationale de la non-violence et en quelle année ?
La Journée internationale de la non-violence a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a adopté la résolution A/RES/61/271 le 15 juin 2007. L’initiative est venue de l’Inde : le projet de résolution a été présenté par Anand Sharma, alors ministre indien chargé des Affaires étrangères, au nom de 140 États co-auteurs. La première célébration a eu lieu le 2 octobre 2007.
Quelle est la différence entre non-violence et pacifisme ?
La différence entre non-violence et pacifisme tient à leur objet. Le pacifisme désigne d’abord une opposition de principe à la guerre et au recours aux armes entre États. La non-violence, elle, est une méthode d’action applicable à tout type de conflit : elle a été adoptée par des mouvements de défense des droits civiques, des droits des femmes, de l’environnement ou des travailleurs, qui ne se définissent pas comme antimilitaristes. On peut donc être non-violent sans être pacifiste au sens strict, et inversement.
Qu’est-ce que le satyagraha de Gandhi ?
Le satyagraha de Gandhi est le nom qu’il a donné à sa méthode de résistance non-violente. Le terme sanskrit combine satya (la vérité) et agraha (la fermeté, la saisie), et se traduit approximativement par « force de la vérité ». Gandhi l’a élaboré en Afrique du Sud à partir de 1906, contre les lois discriminatoires visant la population indienne, avant de l’appliquer à la lutte pour l’indépendance de l’Inde. Le satyagraha suppose l’acceptation de la souffrance infligée par l’adversaire sans jamais la lui rendre, afin d’éveiller sa conscience.
La non-violence est-elle vraiment efficace ?
La non-violence est efficace selon les données disponibles, et davantage que la lutte armée. L’étude d’Erica Chenoweth et Maria J. Stephan, portant sur 323 campagnes menées entre 1900 et 2006, établit un taux de succès de 53 % pour les campagnes non violentes contre 26 % pour les campagnes violentes. Les résistances non violentes débouchent en outre plus souvent sur des régimes démocratiques stables. Les auteures nuancent toutefois ce constat : l’efficacité dépend fortement du nombre de participants, de l’organisation et de la stratégie, et elle décline depuis 2010 face à des régimes autoritaires mieux préparés.
Comment participer à la Journée internationale de la non-violence ?
Pour participer à la Journée internationale de la non-violence, plusieurs voies sont possibles selon le temps disponible. On peut assister à une conférence, une projection-débat ou une marche organisée par une association locale ; suivre une formation à la communication non-violente ou à la médiation de conflit ; relayer les campagnes de sensibilisation des Nations Unies ; ou, dans un cadre scolaire, animer un atelier sur la résolution non-violente des conflits. À l’échelle individuelle, la journée peut simplement servir d’occasion pour reprendre autrement une situation conflictuelle laissée en suspens.
Une journée qui engage plus qu’elle ne commémore
La Journée internationale de la non-violence n’a pas pour vocation de célébrer un homme, ni même une époque révolue des luttes politiques. Elle rappelle une hypothèse dérangeante et vérifiable : dans la majorité des cas étudiés, refuser la violence n’est pas seulement plus juste, c’est plus efficace. Reste que cette méthode exige davantage que son contraire — de la patience, de l’organisation, du courage et une discipline collective. Le 2 octobre est peut-être surtout l’occasion de se demander où, dans nos propres conflits, nous avons cédé à la facilité de la force.
