Sainte Prisca de Rome : fête du 18 janvier, histoire et traditions

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Sainte Prisca de Rome tenant une palme dans un décor antique

Sainte Prisca de Rome, ou Prisque, est commémorée le 18 janvier. Son culte sur l’Aventin ne permet pas de l’identifier automatiquement à Priscille, l’épouse d’Aquila.

Quand fête-t-on sainte Prisca de Rome ?

Le calendrier du site donne Prisca au 18 janvier. Le Martyrologe romain, cité par Nominis, commémore à cette date une sainte Prisque à laquelle une basilique fut dédiée sur l’Aventin avant la fin du Ve siècle. C’est ce témoignage du culte qui constitue le repère le plus solide.

Les formes Prisca et Prisque désignent ici le même nom dans deux langues. Les calendriers de prénoms ajoutent Priscille et Priscilla. Il faut cependant garder le contexte : un nom commun ne permet pas de réunir toutes les femmes ainsi appelées dans l’Antiquité chrétienne.

Pour replacer cette fête parmi les événements et les autres célébrations du jour, consultez l’éphéméride du 18 janvier et le calendrier des fêtes et des prénoms.

Qui était sainte Prisca ? Ce que les sources permettent de dire

La notice italienne de Vatican News distingue plusieurs figures : la sainte liée à l’église de l’Aventin, Priscille l’épouse d’Aquila mentionnée dans le Nouveau Testament, et une martyre nommée Prisca rappelée dans des itinéraires de pèlerins. Cette homonymie explique une part des difficultés.

Les dates précises de naissance et de mort ne sont pas connues. Certains récits placent le martyre sous l’empereur Claude au Ier siècle ; d’autres le rattachent à Claude II au IIIe siècle. Ces traditions ne permettent pas de retenir une année de martyre certaine.

Le nom ancien d’un lieu de culte et l’existence d’une tradition chrétienne locale ne prouvent pas, à eux seuls, chaque épisode raconté dans une Passion. Ils attestent surtout qu’une mémoire de Prisque s’est durablement fixée sur cette colline de Rome.

Sainte Prisca et les récits de son martyre

La tradition présente une jeune chrétienne refusant de rendre un culte à Apollon. Elle est condamnée à différents supplices ; des lions se couchent à ses pieds et le feu l’épargne. Elle est finalement mise à mort sur la voie d’Ostie. Ces scènes proviennent d’un récit hagiographique développé.

La jeune fille de treize ans et la succession des prodiges ne doivent pas être racontées comme des renseignements vérifiés dans des archives judiciaires. Elles appartiennent à une littérature de témoignage religieux : la faiblesse apparente de la victime y est opposée à la puissance de la foi.

Vatican News décrit une tradition de vierge et martyre ; cette qualification religieuse doit être conservée sans donner une précision historique que les sources ne possèdent pas. L’incertitude sur les circonstances ne rend pas pour autant le culte romain imaginaire.

Les symboles de sainte Prisca et son patronage local

La palme, signalée par Vatican News, est le signe conventionnel du martyre. Un lion ou une scène de supplice peut évoquer sa Passion. Pour reconnaître une œuvre, le nom inscrit ou sa provenance reste essentiel : la palme appartient à de nombreux martyrs.

Le patronage le mieux documenté est celui de son église romaine et de la communauté qui s’y rattache. Les sources consultées ne permettent pas de lui attribuer une corporation professionnelle précise. La proximité d’un nom ou un animal dans une légende ne suffisent pas à inventer un métier placé sous sa protection.

Sainte Prisca de Rome : Planche de Jacques Callot comprenant Prisca de Rome.
Planche de Jacques Callot comprenant Prisca de Rome. Jacques Callot, c. 1632/1635. National Gallery of Art, Washington, R.L. Baumfeld Collection, inv. 1969.15.647. Image Open Access CC0. Notice du fichier et crédits — CC0 — NGA Open Access.

L’église Sainte-Prisque et les traditions de l’Aventin

L’office de tourisme de Rome présente Santa Prisca comme un lieu associé à la mémoire des premières communautés chrétiennes de l’Aventin. La tradition y évoque Aquila, Priscille et les apôtres. Ces liens sont intéressants pour comprendre le lieu, mais ils ne résolvent pas automatiquement les questions d’identité.

Le bâtiment a été plusieurs fois transformé, notamment après les destructions médiévales ; son aspect actuel résulte de remaniements successifs. L’église visitée aujourd’hui ne doit donc pas être décrite comme un édifice conservé intact depuis la vie de la sainte.

Sous Sainte-Prisque : que montre le mithréum ?

Trois niveaux de lecture sur l’Aventin
Repère Comment le comprendre
La tradition de Prisca Elle transmet le récit d’une martyre, dont la chronologie détaillée reste incertaine.
L’église Santa Prisca Elle conserve une mémoire chrétienne du lieu, enrichie par plusieurs traditions.
Le mithréum souterrain Sanctuaire de Mithra du IIIe siècle, découvert en 1934 : il documente un autre culte de la Rome antique.
La découverte du mithréum prouve-t-elle le récit du martyre ?

Non. Elle apporte une trace archéologique sur l’histoire religieuse et l’occupation du site. Il faut distinguer ce que révèle une fouille, la datation d’une construction et les épisodes transmis par une Passion.

Questions fréquentes sur sainte Prisca

Prisca est-elle Priscille, l’épouse d’Aquila ? Les traditions les rapprochent parfois, mais les notices ecclésiales distinguent plusieurs personnes. Il ne faut pas fusionner leurs biographies.

Peut-on dater son martyre de 54 ou de 270 ? Ces dates correspondent à des traditions concurrentes. Une datation certaine n’est pas établie.

Pourquoi parler du mithréum dans sa page ? Il éclaire l’histoire du site de l’Aventin. Il s’agit d’un patrimoine religieux antique distinct, et non d’un épisode de sa vie.

Sources et méthode de cette fiche

La notice archéologique de la Surintendance de Rome sert à séparer les vestiges de Mithra des traditions chrétiennes rattachées à l’église.

Repères documentaires réorganisés le .

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.