Saint Jérôme : fête du 30 septembre, Vulgate, lion et patron des traducteurs

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Saint Jérôme de Stridon avec livres, rouleau et plume, évoquant son travail de traduction

Saint Jérôme se fête le 30 septembre. La sculpture de Tilman Riemenschneider conservée à Cleveland montre une légende de compassion, distincte du travail de traduction connu par ses écrits.

Quel saint Jérôme fête-t-on le 30 septembre ?

Il s’agit de Jérôme de Stridon, un Père de l’Église de la fin du IVe et du début du Ve siècle. Le calendrier du site retient le 30 septembre, date de sa mort à Bethléem en 420.

Il ne doit pas être confondu avec Jérôme Émilien, fondateur italien du XVIe siècle. Les titres de traducteur, de Père et de docteur de l’Église identifient ici le bon saint.

Le terme docteur souligne une place reconnue à son enseignement dans la tradition catholique. Il ne désigne pas un diplôme médical ou universitaire moderne.

Pour replacer cette fête parmi les événements et les autres célébrations du jour, consultez l’éphéméride du 30 septembre et le calendrier des fêtes et des prénoms.

Où saint Jérôme est-il né et comment s’est-il formé ?

Il naît à Stridon au IVe siècle. Sa naissance est généralement située vers le milieu de ce siècle, mais les dates proposées diffèrent : Benoît XVI évoque environ 347, tandis que la lettre pontificale de 2020 retient autour de 345.

La localisation exacte de Stridon reste également discutée dans l’espace situé aux confins de la Dalmatie et de la Pannonie. Une carte moderne trop précise donnerait une fausse assurance.

Sa formation à Rome lui apporte une solide culture latine. Il approfondit ensuite le grec et l’hébreu, dans un itinéraire qui le mène notamment vers Aquilée et l’Orient.

La période de solitude au désert de Chalcis, près d’Alep, participe à la formation d’un homme qui associe ascèse, étude et recherche d’une vie chrétienne exigeante.

Pourquoi saint Jérôme a-t-il travaillé avec le pape Damase ?

À Rome, il met ses compétences au service du pape Damase et entreprend une révision des textes bibliques latins. L’existence de traductions différentes soulève alors des questions de fidélité et de cohérence.

La Bibliothèque nationale de France rappelle ce contexte dans sa présentation de la Vulgate. Le travail ne part donc pas d’une absence totale de Bible en latin.

Après Rome, Jérôme s’installe à Bethléem en 386. Ce lieu devient le cadre d’une grande partie de ses travaux, avec un milieu monastique et des relations intellectuelles qui dépassent largement la ville.

Il n’est pas un copiste isolé dépourvu d’interlocuteurs : ses lettres montrent des correspondants, des discussions et une activité d’explication des textes.

Saint Jérôme a-t-il traduit seul toute la Bible latine ?

Non. Son œuvre est centrale, mais la Vulgate résulte d’une histoire de traductions, de révisions et de transmission. La notice du manuscrit 19 de Saint-Omer, dans Biblissima, explique cette constitution progressive.

Jérôme ne traduit pas de nouveau tous les livres bibliques. Certaines parties conservent des versions anciennes ; parmi les textes du Nouveau Testament, son intervention sur les Évangiles ne doit pas être étendue automatiquement à chaque livre.

La même notice rappelle que toutes ses traductions de l’hébreu n’ont pas non plus été intégrées de la même manière. Le cas des Psaumes illustre la coexistence de plusieurs versions.

La formule traducteur de la Bible reste commode pour le présenter, à condition de ne pas en faire l’auteur unique d’un volume intégral fixé en une seule opération.

Le latiniste Paul Mattei présente avec Régis Burnet la vie et l’œuvre de Jérôme de Stridon. L’émission replace la Vulgate dans le parcours de son traducteur. Saint Jérôme, La Foi prise au Mot, KTO (2014).

Quelle méthode de traduction saint Jérôme défend-il ?

Dans la lettre 57 à Pammachius, datée de 395, il défend sa manière de traduire à l’occasion d’une controverse. Il privilégie la transmission du sens plutôt qu’un remplacement mécanique de chaque mot.

Il formule toutefois une réserve particulière à propos de l’Écriture, dont il souligne l’importance jusque dans l’ordre des mots. Extraire une règle unique sans cette nuance déformerait son propos.

Il s’appuie sur des exemples de traduction et sur les différences entre les langues. La lettre révèle un praticien confronté à des choix concrets, pas seulement l’auteur d’une devise abstraite.

Cette réflexion explique son importance dans l’histoire de la traduction. Une langue possède ses constructions et ses effets propres : rendre intelligible un texte demande de les comprendre.

Quel rôle Paule et Eustochium jouent-elles auprès de saint Jérôme ?

Paule et sa fille Eustochium appartiennent au cercle de Jérôme et à la vie monastique de Bethléem. Les présenter seulement comme des personnes qui l’écoutent laisserait de côté leur engagement intellectuel.

Dans la lettre 108 consacrée à Paule, Jérôme rapporte leurs lectures bibliques et leurs questions insistantes. Il décrit aussi l’apprentissage de l’hébreu et le chant des Psaumes dans cette langue.

Le texte est un éloge funèbre et porte la marque de l’admiration. Il demeure néanmoins un témoignage direct sur la place donnée à des femmes dans les échanges autour de l’Écriture.

L’œuvre de Jérôme apparaît ainsi au sein d’un réseau de lecteurs, de soutiens et de communautés, plutôt que comme la production d’un savant sans entourage.

Quelle anecdote montre le rapport de saint Jérôme à la culture classique ?

Dans la lettre 22 adressée à Eustochium, il raconte un songe où son attachement aux auteurs classiques lui est reproché. La formule qui oppose le lecteur de Cicéron au chrétien est devenue célèbre.

La lettre pontificale Scripturae Sacrae affectus reprend cet épisode pour éclairer une évolution intérieure. Le récit exprime une tension entre goût littéraire, formation et engagement religieux.

Il s’agit de l’expérience racontée par Jérôme, avec la force d’un texte spirituel. La scène ne doit pas être présentée comme un jugement public dont on posséderait un procès-verbal.

Le savant ne renonce pas pour autant à toute culture : ses outils de lecture et sa maîtrise du latin demeurent au service de ses travaux.

Pourquoi saint Jérôme est-il le patron des traducteurs ?

Son activité de révision, de traduction et de commentaire en a fait un modèle pour les métiers de la langue. Son patronage est explicitement rappelé par les Nations unies.

La Journée internationale de la traduction a lieu le 30 septembre, le jour de sa fête. L’Assemblée générale des Nations unies l’a reconnue en 2017 par la résolution 71/288.

Cette journée rend hommage au rôle des professionnels de la langue dans les échanges et la compréhension entre les peuples. Le calendrier contemporain rejoint ainsi une mémoire religieuse ancienne, sans exiger une appartenance confessionnelle des traducteurs.

L’ONU a également donné son nom à un concours de traduction lancé en 2005. Son souvenir possède donc une présence professionnelle concrète, au-delà d’une simple liste de saints patrons.

L’histoire des traductions et de la lecture des Écritures peut se prolonger avec la Journée mondiale de la Bible.

Jérôme et le lion : trois détails dans la sculpture de Riemenschneider

Saint Jérôme auprès d’un lion, sculpture de Tilman Riemenschneider.
Tilman Riemenschneider, Saint Jérôme et le lion, vers 1495. Cleveland Museum of Art, Purchase from the J. H. Wade Fund, 1946.82. Image CC0, réutilisation autorisée. Notice du fichier et crédits — CC0 — Cleveland Museum of Art.
  1. La patte tenue dans les mains : le geste raconte le soin apporté au lion blessé dans la légende.
  2. Le lion de petite taille : l’animal est présenté comme un compagnon proche, plutôt que comme une menace pour le saint assis.
  3. La capuche et le chapeau à larges bords : ils appartiennent à la mise en image de Jérôme vers 1495 et ne démontrent pas qu’il était cardinal au IVe siècle.
Cette sculpture est-elle une preuve que Jérôme a vécu avec un lion ?

Elle documente la réception d’une légende au XVe siècle. La correspondance et les œuvres de Jérôme renseignent autrement sur sa vie et son travail. Une représentation expressive ne remplace pas une source biographique contemporaine.

Saint Jérôme était-il cardinal ?

Les tableaux le montrent souvent en rouge, avec un chapeau de cardinal, mais cette fonction sous sa forme ultérieure n’existait pas à son époque.

La National Gallery explique que ce costume rend hommage à son importance dans l’Église et à son service auprès du pape. Il s’agit d’un signe iconographique rétrospectif.

Sa peinture Saint Jérôme en cardinal, datée de 1590-1600 et attribuée avec prudence à El Greco, en donne un exemple. Le saint est représenté avec un livre ouvert.

Le même musée rappelle qu’une inscription ajoutée sur ce tableau avait conduit à y voir le portrait d’un cardinal historique. Le nettoyage a montré le caractère tardif de cette inscription : les images ont elles aussi une histoire d’identifications et d’erreurs.

Que racontent les livres, la pierre et le désert autour de saint Jérôme ?

Le livre évoque l’étude et la traduction de l’Écriture. Le désert et les signes de pénitence rappellent l’ascèse et les combats intérieurs racontés dans la tradition.

Le panneau de Dürer conservé à la National Gallery le montre agenouillé devant un crucifix, avec les insignes rouges déposés au sol. Le musée décrit une petite œuvre peinte sur les deux faces, probablement destinée à la dévotion privée.

Ces objets n’ont pas tous la même fonction : le livre situe le travail du savant, tandis que la pénitence exprime une lecture spirituelle de sa vie.

La coexistence de l’érudit et de l’ermite explique la diversité des représentations. Elle aide à lire un tableau sans supposer que chaque décor reproduise son cadre de vie exact.

Quels lieux conservent la mémoire de saint Jérôme à Bethléem ?

La Custodie de Terre Sainte présente les grottes proches de la Nativité liées à sa mémoire, accessibles depuis le secteur de l’église Sainte-Catherine.

Ces lieux associent la tradition de Jérôme à celles de Paule et d’Eustochium. La communauté de Bethléem et l’étude de l’Écriture restent au centre de leur signification.

La localisation précise de son lieu de travail ne peut pas être assurée à partir des seules traditions de visite. Une étude publiée par Terresainte.net rappelle les limites des indications littéraires et archéologiques.

La découverte du sanctuaire permet donc de comprendre un paysage de mémoire. Elle ne donne pas nécessairement accès à la pièce exacte où chaque page de la Vulgate aurait été traduite.

Pourquoi l’héritage de saint Jérôme reste-t-il important ?

Il réunit plusieurs histoires : celle des textes bibliques, de leur interprétation, du latin chrétien, des manuscrits et de la traduction. Son influence se prolonge aussi dans les images et les pratiques professionnelles.

Une étude de Pierre-Maurice Bogaert sur les Chroniques, publiée en 2025, montre par exemple que la division de ce texte en deux livres dans la tradition latine n’est pas simplement identique au travail original de Jérôme.

Cet exemple rappelle que le texte reçu possède une histoire après son traducteur. Manuscrits, usages liturgiques et choix des lecteurs participent à sa transmission.

Comprendre Jérôme demande ainsi de lire ses œuvres, mais aussi de suivre ce que les générations suivantes en ont fait.

Questions fréquentes sur saint Jérôme

Quand fête-t-on Jérôme ? Le 30 septembre pour le Père de l’Église de Stridon.

Qu’est-ce que la Vulgate ? Une tradition de Bible latine dont les traductions et révisions de Jérôme constituent une part majeure.

Pourquoi est-il patron des traducteurs ? Son œuvre et ses réflexions sur la traduction en ont fait leur figure de référence.

Son lion a-t-il réellement vécu auprès de lui ? Le récit appartient à la légende hagiographique, pas à une biographie assurée.

Pourquoi porte-t-il un habit de cardinal ? C’est une convention artistique postérieure qui souligne son importance dans l’Église.

Sources et méthode de cette fiche

Les trois détails sont observés sur la reproduction CC0 et rapprochés de la notice du musée, en séparant légende, attributs et histoire du traducteur.

Repères documentaires réorganisés le .

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.