20 décembre : Journée internationale de la solidarité humaine

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Journée internationale de la solidarité humaine — Mains d’adultes préparant ensemble un panier de légumes frais.

Chaque 20 décembre, l’Organisation des Nations Unies célèbre la Journée internationale de la solidarité humaine. Proclamée par la résolution A/RES/60/209 de l’Assemblée générale, cette journée rappelle que la solidarité figure parmi les valeurs fondamentales qui doivent régir les relations internationales au XXIᵉ siècle, aux côtés de la liberté, de l’égalité, de la tolérance, du respect de la nature et du partage des responsabilités.

Journée internationale de la solidarité humaine — Mains réunissant des vêtements propres dans un carton sans inscription.

Discrète dans les médias, cette date n’en est pas moins stratégique : elle relie directement la lutte contre la pauvreté, le financement du développement et la réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. À l’heure où l’aide publique au développement recule et où les besoins humanitaires atteignent des niveaux inédits, le 20 décembre prend une résonance très concrète.


C’est quoi la solidarité humaine ?

La solidarité humaine désigne le lien de responsabilité réciproque qui unit les individus, les peuples et les États face aux difficultés des uns et des autres. Elle ne se réduit pas à un sentiment : elle suppose une obligation partagée, où les coûts et les charges des problèmes mondiaux sont répartis selon les principes d’équité et de justice sociale.

Trois niveaux se distinguent :

  • La solidarité interpersonnelle : entraide de proximité, voisinage, bénévolat, dons.
  • La solidarité institutionnelle : protection sociale, redistribution, services publics, sécurité sociale.
  • La solidarité internationale : coopération entre États, aide au développement, réponse humanitaire, accords multilatéraux.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies travaille d’ailleurs depuis plusieurs années à un projet de déclaration sur le droit à la solidarité internationale, porté par un expert indépendant (mandat prolongé en 2023, avec la nomination de l’Argentine Cecilia M. Bailliet). Ce texte distingue notamment la solidarité préventive, la solidarité réactive face aux catastrophes et urgences, et la coopération internationale.

Solidarité, charité, philanthropie : quelles différences ?

Notion Logique Relation Exemple
Charité Don volontaire, moral ou religieux Verticale (donateur → bénéficiaire) Aumône, distribution de repas
Philanthropie Financement privé d’une cause d’intérêt général Verticale, structurée Fondation, mécénat d’entreprise
Solidarité Interdépendance et responsabilité mutuelle Horizontale, réciproque Cotisation sociale, tontine, coopération internationale

Origine et histoire de la Journée internationale de la solidarité humaine

Création de la journée

L’histoire de cette journée commence en 2002. Par la résolution A/RES/57/265, l’Assemblée générale des Nations Unies décide la création du Fonds de solidarité mondial, effectivement établi en février 2003 comme fonds d’affectation spéciale du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Son objet : éliminer la pauvreté et promouvoir le développement humain et social dans les pays en développement, en visant prioritairement les franges les plus pauvres de la population.

Trois ans plus tard, l’Assemblée générale franchit une étape supplémentaire en adoptant la résolution A/RES/60/209 lors de sa 60ᵉ session, en décembre 2005. Ce texte proclame le 20 décembre de chaque année Journée internationale de la solidarité humaine, dans le cadre d’une initiative de lutte contre la pauvreté.

À noter : la page officielle de l’ONU en français date la proclamation de 2006, tandis que le texte de la résolution 60/209 relève de la session de décembre 2005. Les deux dates circulent donc dans les sources — la première célébration effective, elle, a bien eu lieu en 2006.

Les premières célébrations

La Journée internationale de la solidarité humaine a été inaugurée au Siège des Nations Unies à New York :

  • 10 novembre 2006 : discours inaugural de Lech Wałęsa, cofondateur du syndicat polonais Solidarność, prix Nobel de la paix 1983 et président de la Pologne de 1990 à 1995.
  • 15 décembre 2006 : première célébration officielle organisée sous l’égide du Conseil économique et social (ECOSOC), en présence de son président Ali Hachani et du secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales José Antonio Ocampo.

Pourquoi le 20 décembre ?

La date renvoie à la séquence onusienne de fin d’année consacrée au développement et à la lutte contre la pauvreté, dans le prolongement direct de la création du Fonds de solidarité mondial. Elle clôt symboliquement l’année civile sur un bilan collectif, à un moment où, dans l’hémisphère nord, les campagnes de dons et les maraudes hivernales battent leur plein.

Objectifs principaux de la Journée internationale de la solidarité humaine

L’ONU assigne cinq finalités à cette journée :

  • Célébrer l’unité dans la diversité : rappeler ce qui rassemble les peuples au-delà des différences culturelles.
  • Rappeler leurs engagements aux gouvernements : vérifier le respect des accords internationaux signés.
  • Sensibiliser l’opinion publique : faire comprendre l’importance concrète de la solidarité.
  • Encourager le débat : réfléchir aux moyens de promouvoir la solidarité pour atteindre les ODD.
  • Susciter de nouvelles initiatives : soutenir les actions de lutte contre la pauvreté.

Importance et impact de la solidarité humaine

Une valeur fondatrice du système onusien

Le concept de solidarité structure le travail des Nations Unies depuis 1945. L’organisation repose sur le principe de sécurité collective, lui-même adossé à la solidarité entre États membres pour « maintenir la paix et la sécurité internationales ». C’est dans cet esprit que l’ONU mobilise la coopération pour résoudre les problèmes internationaux d’ordre économique, social, culturel ou humanitaire.

La Déclaration du Millénaire (2000) a formalisé cette approche : les problèmes mondiaux doivent être gérés multilatéralement, et « ceux qui souffrent ou qui sont particulièrement défavorisés méritent une aide de la part des privilégiés ».

Un enjeu économique mesurable

La solidarité n’est pas qu’une posture morale : elle se chiffre. Voici les principaux indicateurs à connaître.

Indicateur Donnée Source / année
Personnes en extrême pauvreté dans le monde ~838 millions (seuil révisé à 3 $/jour, PPA 2021) Banque mondiale, données 2022
Personnes ayant besoin d’aide humanitaire 252 millions OCHA, 2026
Appel humanitaire mondial 33,66 milliards $ pour 143,2 millions de personnes ciblées OCHA, 2026
Évolution de l’aide publique au développement −23 % en 2025 par rapport à 2024 OCDE, avril 2026
Part de l’APD dans la richesse des pays donateurs 0,26 % (objectif international : 0,7 %) OCDE, 2025
Taux de pauvreté en France métropolitaine 15,4 %, soit 9,8 millions de personnes Insee, données 2024

Un impact social et sanitaire direct

Les effets d’un recul de la solidarité internationale sont documentés. L’Institut de Barcelone pour la santé mondiale (ISGlobal) estime que la baisse globale de l’aide publique au développement pourrait entraîner 22,6 millions de décès supplémentaires d’ici à 2030. Côté français, Coordination SUD évalue qu’en 2025, la réduction des financements destinés à la société civile a déjà affecté plus de 15 millions de personnes, après l’arrêt ou la réduction de plus de 1 280 projets.

Une dimension philosophique et spirituelle

La plupart des grandes traditions morales et religieuses placent l’entraide au cœur de leur éthique : zakat en islam, tsedaka dans le judaïsme, charité chrétienne, dāna dans le bouddhisme et l’hindouisme. La philosophie sud-africaine de l’ubuntu — « je suis parce que nous sommes » — en propose l’une des formulations les plus condensées : l’humanité d’une personne se réalise à travers celle des autres.


La solidarité à travers le monde

Le mot est universel, ses formes ne le sont pas. Chaque aire culturelle a développé ses propres mécanismes d’entraide.

Europe : la solidarité institutionnalisée

Le modèle européen a fait de la solidarité une affaire d’État, via des systèmes contributifs obligatoires. En France, la Sécurité sociale (1945), le RSA, l’assurance chômage ou encore la « journée de solidarité » instaurée après la canicule de 2003 constituent des transferts massifs et permanents. La solidarité y est moins un geste qu’un droit opposable.

Afrique : l’entraide communautaire

En Afrique de l’Ouest, les tontines — associations rotatives d’épargne et de crédit — permettent à des groupes de cotisants de financer à tour de rôle un projet, un mariage ou une urgence. Le principe est ancien, informel, et concerne des centaines de millions de personnes hors des circuits bancaires classiques. En Afrique australe, l’ubuntu irrigue jusqu’au droit constitutionnel sud-africain.

Amériques : le travail collectif

Dans les Andes, la minga (ou minka) désigne une journée de travail collectif au bénéfice de la communauté ou d’un de ses membres : construction d’une maison, réfection d’un chemin, récolte. Héritée du monde inca, elle reste pratiquée en Équateur, au Pérou, en Bolivie et en Colombie.

Asie : réciprocité et obligation religieuse

Le gotong royong indonésien repose sur le principe de l’effort partagé au sein du village. Dans le monde musulman, la zakat constitue un pilier de l’islam : un prélèvement annuel obligatoire sur le patrimoine, redistribué aux catégories définies par le Coran.


Les défis contemporains de la solidarité

Un financement humanitaire en effondrement

L’année 2025 a marqué une rupture. Dès juin, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a révisé son plan d’aide mondial à la baisse, passant de 44 à 29 milliards de dollars, afin d’« hyper-prioriser » l’aide vers 114 millions de personnes. La tendance s’est confirmée : à la mi-2026, seuls 10,23 milliards de dollars avaient été versés sur les 33,66 milliards sollicités, soit 30,4 % des besoins.

Les causes sont identifiées : démantèlement de l’USAID, alors que l’aide américaine représentait 41,8 % de l’aide humanitaire mondiale en 2024 ; réduction de l’APD britannique à 0,3 % du PIB à partir de 2027 ; coupes en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique ; et, en France, une aide publique au développement ramenée à 3,7 milliards d’euros en 2026.

Une pauvreté qui ne recule plus

Entre 1992 et 2022, le nombre de personnes en extrême pauvreté a chuté de deux milliards à environ 713 millions selon l’ancien seuil de 2,15 $/jour — une division par quatre du taux mondial, malgré une population en forte hausse. Mais depuis 2017, la courbe s’est aplatie. Au rythme actuel, la Banque mondiale estime qu’il faudrait plus d’un siècle pour sortir de la pauvreté la moitié de l’humanité vivant sous le seuil des pays à revenu intermédiaire supérieur.

Une générosité qui se concentre

En France, le Baromètre de la générosité 2025 enregistre une hausse des dons des particuliers de +3,6 %, la plus forte depuis 2021, pour une inflation limitée à 0,9 %. Mais la structure change : les dons inférieurs à 150 € ne représentent plus que 38,6 % de la collecte, contre 50,4 % en 2015. La générosité repose de plus en plus sur un noyau de donateurs aisés — une fragilité en cas de retournement.

L’érosion du bénévolat

Le Baromètre du bénévolat 2025 recense 12 millions de bénévoles associatifs en France métropolitaine, soit 21 % des 15 ans et plus : un niveau inférieur à celui d’avant la pandémie. Le décrochage le plus net concerne les plus de 65 ans, dont le taux d’engagement est passé de 38 % en 2010 à 24 % en 2025. Bonne nouvelle en revanche : plus de 25 millions de non-bénévoles n’excluent pas de s’engager.


Journée internationale de la solidarité humaine — Mains de deux adultes en échange autour d’une table.

Comment célébrer la Journée internationale de la solidarité humaine

Dans les institutions internationales

L’ECOSOC et le Département des affaires économiques et sociales (DAES) organisent chaque année conférences, tables rondes et séminaires autour de la lutte contre la pauvreté et du financement du développement. Ces événements servent aussi de point d’étape sur l’avancement des ODD.

Dans les associations et les collectivités

Les acteurs de terrain se saisissent de la date pour :

  • des collectes alimentaires et distributions de repas, en pleine période hivernale ;
  • des journées portes ouvertes dans les structures d’accueil et d’accompagnement ;
  • des rencontres interculturelles et ateliers sur la coopération internationale ;
  • des actions de lutte contre l’isolement des personnes âgées ou précaires ;
  • des programmes de tutorat scolaire et d’accompagnement des nouveaux arrivants.

En ligne

Le numérique a profondément modifié la mécanique du don. En France, 36 % du montant des dons ponctuels transitent désormais par internet, et les collectes liées à des événements caritatifs digitaux (gaming, mobilisations communautaires type Z-Event) ont doublé entre 2024 et 2025, passant de 7 à près de 15 millions d’euros. Les hashtags officiels #SolidarityDay et #HumanSolidarityDay structurent la mobilisation internationale.

Quatre gestes concrets à sa portée

  • Donner du temps : quelques heures dans une association locale valent souvent plus qu’un chèque ponctuel.
  • Donner du sang ou s’inscrire au don d’organes : une solidarité gratuite et immédiatement vitale.
  • Mettre en place un don régulier : plus utile aux associations qu’un don unique, car il sécurise leur budget.
  • Regarder autour de soi : un voisin isolé, une famille en difficulté — la solidarité commence à l’échelle du palier.

Solidarité et Objectifs de développement durable : où en est-on ?

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 est explicitement fondé sur la coopération internationale et la solidarité. Cinq ans avant l’échéance, le constat des acteurs du développement est sévère : aucun des 17 ODD ne sera atteint en 2030 au rythme actuel. L’ODD 1 (« éliminer la pauvreté sous toutes ses formes ») et l’ODD 17 (« partenariats pour la réalisation des objectifs ») sont les plus directement concernés par la Journée du 20 décembre.

Ce décalage nourrit un débat de fond au sein de la communauté du développement : faut-il « améliorer » l’architecture existante de l’aide, ou la « réinventer » en rompant avec ses logiques héritées de la période coloniale ? La question du financement — taxe sur les billets d’avion, taxe sur les transactions financières, mécanismes de solidarité climatique — est aujourd’hui au cœur des discussions.


Pour replacer ce rendez-vous dans le calendrier, consultez l’éphéméride du 20 décembre.

Pour prolonger ce thème, découvrez aussi Journée internationale du vivre-ensemble en paix, Journée internationale des volontaires.

Foire aux questions

Quand a lieu la Journée internationale de la solidarité humaine ? La Journée internationale de la solidarité humaine a lieu le 20 décembre de chaque année, à date fixe, dans le monde entier.

Qui a créé la Journée internationale de la solidarité humaine ? La Journée internationale de la solidarité humaine a été créée par l’Assemblée générale des Nations Unies, par la résolution A/RES/60/209 adoptée lors de sa 60ᵉ session, en décembre 2005. Sa première célébration officielle s’est tenue au Siège de l’ONU en 2006.

Pourquoi la Journée internationale de la solidarité humaine est-elle célébrée le 20 décembre ? Le 20 décembre a été retenu en lien avec la création du Fonds de solidarité mondial, décidé par la résolution A/RES/57/265 en 2002 et établi en février 2003 au sein du PNUD, dont l’objectif est d’éliminer la pauvreté dans les pays en développement.

Quels sont les objectifs de la Journée internationale de la solidarité humaine ? Les objectifs de la Journée internationale de la solidarité humaine sont au nombre de cinq : célébrer l’unité et la diversité, rappeler aux gouvernements leurs engagements internationaux, sensibiliser l’opinion publique, encourager le débat sur les Objectifs de développement durable et susciter de nouvelles initiatives contre la pauvreté.

Quelle est la différence entre solidarité et charité ? La différence entre solidarité et charité tient à la nature du lien : la charité est un don volontaire, vertical, du donateur vers le bénéficiaire, tandis que la solidarité repose sur une interdépendance réciproque et une responsabilité partagée, souvent organisée par des mécanismes collectifs ou obligatoires comme la protection sociale.

Comment participer à la Journée internationale de la solidarité humaine ? Pour participer à la Journée internationale de la solidarité humaine, il est possible de rejoindre un événement local (conférence, collecte, porte ouverte), de donner du temps comme bénévole, de mettre en place un don régulier à une association, de donner son sang, ou simplement d’aider une personne isolée de son entourage.



Une valeur qui ne vaut que par ses actes

La solidarité a ceci de particulier qu’elle ne s’évalue jamais aux déclarations, mais aux budgets, aux heures données et aux gestes accomplis. En cette fin d’année où les besoins explosent et où les financements reculent, le 20 décembre ne demande pas d’adhérer à une idée : il demande de faire quelque chose. Un don régulier, deux heures dans une association, une porte à laquelle frapper chez le voisin d’en face.

L’ONU a inscrit cette date au calendrier pour rappeler aux États leurs engagements. Rien n’empêche de se l’appliquer d’abord à soi-même.

Gérard DOUET

A propos de l'auteur

Auteur et contributeur sur EphemerideDuJour.com, avec un travail de synthese autour des dates, calendriers, fetes, evenements historiques et reperes du jour.

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