Sainte Apolline d’Alexandrie se fête le 9 février. Le supplice de ses dents explique son patronage traditionnel des dentistes ; le témoignage ancien la décrit comme une femme âgée.
Pourquoi fête-t-on sainte Apolline d’Alexandrie le 9 février ?
Le calendrier des fêtes du site retient Apolline au 9 février. Les répertoires ecclésiaux la rattachent à la martyre d’Alexandrie et signalent une fête d’usage local. La date du calendrier ne doit pas être présentée comme un jour de naissance connu.
La ville d’Alexandrie se trouve en Égypte. Apolline appartient aux premières générations chrétiennes de cette grande cité méditerranéenne. Son prénom ne permet pas de lui attribuer une parenté avec d’autres martyrs, ni une vie monastique développée plusieurs siècles après elle.
Pour replacer cette fête parmi les événements et les autres célébrations du jour, consultez l’éphéméride du 9 février et le calendrier des fêtes et des prénoms.
Sainte Apolline : un récit transmis par Denis d’Alexandrie
L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée, au livre VI, chapitre 41, conserve une lettre de Denis d’Alexandrie sur les violences dans la ville. Apolline y apparaît comme une femme âgée. Cette donnée contraste avec les jeunes figures féminines souvent employées dans les œuvres d’art. Pour approfondir ce point, consultez le livre VI de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe.
Le récit dit que ses agresseurs lui brisent les dents en frappant les mâchoires, puis la menacent de la brûler si elle ne participe pas à leurs paroles impies. Après un bref répit, elle entre elle-même dans le feu. Le texte appartient à une mémoire chrétienne des persécutions ; il rapporte un témoignage, avec la perspective religieuse de son auteur.
Le contexte est celui d’une émeute et d’une violence collective. Réduire l’épisode à un jugement impérial détaillé, avec un interrogatoire inventé, ferait perdre la spécificité de cette source. Sa naissance et sa famille ne sont pas établies par ce passage.
Pourquoi sainte Apolline est-elle patronne des dentistes ?
La relation entre le supplice des dents et l’invocation contre les douleurs dentaires est directe. Des travaux universitaires d’histoire de l’odontologie documentent ce patronage et sa présence dans les pratiques de dévotion. Il s’agit d’une tradition professionnelle et populaire, sans que cela fasse d’Apolline une praticienne de l’art dentaire.
Le rapprochement suit une logique fréquente de la culture des saints : la souffrance subie devient le motif d’une protection demandée. Ce mécanisme aide à comprendre le choix des attributs dans les églises, les objets et les représentations liés au métier.
Les prières et les usages anciens relèvent de l’histoire religieuse et culturelle. Les décrire ne revient pas à leur attribuer une efficacité thérapeutique. De même, une dent conservée comme relique nécessite un examen de provenance avant toute affirmation d’authenticité.
Apolline : comparer le témoignage ancien et les images
| Repère | Comment le comprendre |
|---|---|
| La lettre de Denis, transmise par Eusèbe | Un récit ancien de violences à Alexandrie, où Apolline est décrite comme âgée. |
| La jeune femme de nombreux tableaux | Une manière artistique de présenter la sainte, sans fixer son âge historique. |
| La dent et la pince | Un attribut résumant le supplice, pas un instrument professionnel dont elle aurait fait usage. |
Que regarder chez Zurbarán ?
La dent, la palme, les vêtements et la pose permettent de lire une figure de martyre sans représenter toutes les violences. La notice du tableau du Louvre aide à dater cette mise en image, très postérieure au récit antique.
Sainte Apolline chez Zurbarán : la mémoire du martyre sans sa mise en scène
Le Louvre conserve une Sainte Apolline de Francisco de Zurbarán, datée vers 1636-1640. La base nationale Joconde identifie la dent et la palme dans ses attributs. L’œuvre appartient à une tradition où la sainte est présentée debout, avec une forte attention aux vêtements et à la figure humaine. Pour approfondir ce point, consultez Sainte Apolline de Zurbarán au Louvre.
Le peintre représente une identité religieuse par quelques signes. Le spectateur peut reconnaître la martyre sans assister à son supplice. Ce choix explique la place de tels tableaux dans une culture visuelle faite de séries de saints.
Le parcours de l’œuvre, passé d’un contexte espagnol à une collection française, rappelle que la mémoire d’Apolline dépasse Alexandrie. Pour l’étudier, la notice du musée fournit une datation, une attribution et une histoire de collection plus utiles qu’une image isolée sans légende.
Un document pour découvrir Sainte Apolline

Questions fréquentes sur sainte Apolline
Apolline était-elle dentiste ? Aucune source retenue ne le dit ; son patronage se rattache au supplice des dents.
Était-elle jeune ? Le récit conservé par Eusèbe la décrit comme âgée, malgré de nombreuses représentations juvéniles.
Pourquoi tient-elle une pince ? Cet attribut rend reconnaissable le lien entre la martyre et les dents.
Apolline et Apollonie désignent-elles la même sainte ? Oui dans la mémoire de la martyre d’Alexandrie fêtée le 9 février.
Sources et méthode de cette fiche
La comparaison prend pour point de départ Eusèbe, Histoire ecclésiastique VI, 41, et distingue la donnée textuelle des conventions de représentation.
Repères documentaires réorganisés le .
