Saint Thomas d’Aquin se fête le 28 janvier, en mémoire de la translation de ses reliques à Toulouse. Le dominicain du XIIIe siècle est notamment l’auteur de la Somme théologique.
Pourquoi fête-t-on saint Thomas d’Aquin le 28 janvier ?
Le calendrier du site correspond à la mémoire de Thomas d’Aquin dans le calendrier romain. Le 28 janvier renvoie à l’arrivée de ses reliques à Toulouse en 1369. Les Archives de Toulouse distinguent la décision prise par Urbain V en 1368 et la translation solennelle du 28 janvier suivant.
Thomas est mort le 7 mars 1274, à Fossanova, en Italie. Les deux dates se rapportent donc à des événements différents. Cette distinction explique pourquoi une notice peut évoquer mars tout en donnant janvier comme fête actuelle.
Pour replacer cette fête parmi les événements et les autres célébrations du jour, consultez l’éphéméride du 28 janvier et le calendrier des fêtes et des prénoms.
Qui était saint Thomas d’Aquin ?
Thomas naît vers 1224-1225 à Roccasecca, dans l’Italie méridionale. Après une première formation et des études à Naples, il choisit l’ordre des Prêcheurs, les dominicains. Sa famille s’oppose à ce choix, qui ne correspond pas aux ambitions qu’elle nourrit pour lui.
Son parcours le conduit auprès d’Albert le Grand, puis dans plusieurs centres d’étude et d’enseignement entre la France et l’Italie. L’université médiévale forme le cadre de ses débats : le maître doit commenter les textes, exposer les problèmes et répondre aux objections.
Thomas ne peut donc être réduit à un penseur solitaire écrivant loin du monde. Son œuvre naît de la vie d’un ordre religieux, des cours, de la prédication et des discussions de son temps. Il appartient à une culture savante où la Bible et les auteurs antiques sont étudiés avec des méthodes précises.
Réalisé par Jean-Yves Fischbach et coproduit par KTO et Cerigo Films, ce documentaire suit l’homme et sa recherche religieuse au-delà de ses seuls traités : Saint Thomas d’Aquin, la sainteté de l’intelligence.
Saint Thomas d’Aquin, Aristote et la relation entre foi et raison
La réception d’Aristote pose une question majeure aux penseurs chrétiens : comment articuler une philosophie élaborée sans la révélation chrétienne et une théologie qui part de celle-ci ? Thomas distingue les démarches tout en défendant leur compatibilité.
La raison argumente à partir de ce qu’elle peut connaître ; la foi reçoit des vérités tenues pour révélées. Dans sa pensée, cette différence n’impose pas une opposition de principe, puisque toute vérité a une même origine divine. Cette proposition doit être exposée comme une position philosophique et théologique, non comme un résultat scientifique contemporain.
L’audience de Benoît XVI du 16 juin 2010 présente cette distinction et le service que le raisonnement peut rendre à l’intelligence de la foi. Parler d’accord entre foi et raison ne signifie donc pas que leurs méthodes ou leurs objets seraient simplement interchangeables.
Comment lire un article de la Somme théologique ?
- La question : Identifiez le problème précis de l’article avant d’isoler une phrase.
- Les objections : Les premiers arguments peuvent présenter des thèses auxquelles Thomas répondra : ils ne sont pas automatiquement sa conclusion.
- La réponse : Repérez l’exposé où il développe sa propre position.
- Les réponses aux difficultés : Revenez aux objections pour voir comment elles sont discutées.
La première phrase d’un article exprime-t-elle toujours son avis ?
Non. Citer une objection comme sa conclusion peut inverser le sens du texte. Pour une lecture courte, gardez au moins ensemble la question, la réponse principale et la difficulté que vous cherchez à comprendre.

De qui saint Thomas d’Aquin est-il le patron ?
Léon XIII le proclame en 1880 patron des écoles et des universités catholiques, comme le rappelle la catéchèse du 16 juin 2010. Ce patronage est lié à son œuvre d’enseignement et à sa place dans la tradition intellectuelle catholique.
Il ne faut pas étendre sans explication cette proclamation à toute institution scolaire du monde. Une université, un établissement ou une association portant son nom peut aussi relever d’un choix local. Le titre de docteur de l’Église, quant à lui, reconnaît un enseignement religieux ; il ne correspond pas à un doctorat universitaire moderne.
Le lien de Thomas avec l’enseignement offre un prolongement vers la Journée internationale des étudiants et la place des études dans la société actuelle.
Saint Thomas d’Aquin dans l’art et les traditions spirituelles
L’habit dominicain, le livre et la place donnée à l’enseignement sont des indices fréquents. Le Louvre conserve Le Triomphe de saint Thomas d’Aquin de Benozzo Gozzoli, au XVe siècle. Thomas y apparaît entre Aristote et Platon, dans une composition affirmant la place de sa pensée.
Cette image est une réception de la Renaissance, et non la représentation d’une rencontre réelle entre les trois philosophes. Sa composition hiérarchique et polémique doit être lue dans le contexte de l’œuvre.
Une tradition biographique raconte également une réponse du Christ à Thomas priant devant un crucifix. Benoît XVI la rapporte comme un épisode transmis par les anciens biographes. Ce récit appartient à la mémoire spirituelle du saint ; il ne doit pas être mis sur le même plan qu’un document de voyage ou une date de fondation.
Les hymnes eucharistiques associés à Thomas montrent une autre dimension de son héritage : le théologien est aussi reçu dans la prière et la liturgie. Son œuvre savante ne se sépare pas, dans sa vie religieuse, de cette pratique.
Saint Thomas d’Aquin, Fossanova et les Jacobins de Toulouse
Appelé au concile de Lyon, Thomas meurt en chemin à l’abbaye de Fossanova le 7 mars 1274. Il est canonisé en 1323. Son corps est ensuite confié aux dominicains de Toulouse et ses reliques y arrivent en 1369.
Le site des Jacobins précise un fait souvent méconnu : Thomas n’est jamais venu à Toulouse de son vivant. La ville est devenue un centre majeur de sa mémoire après sa mort. Le déplacement des reliques, plus que sa carrière d’enseignant, explique donc ce lien.
Un mausolée monumental est inauguré aux Jacobins en 1628, puis disparaît à la Révolution. Cette histoire montre comment la présentation des reliques et la place du saint dans la cité ont évolué. Le patrimoine actuel résulte de plusieurs étapes de culte et de conservation.
Questions fréquentes sur saint Thomas d’Aquin
Pourquoi janvier si Thomas est mort en mars ? Le 28 janvier rappelle la translation des reliques à Toulouse en 1369 ; le décès a eu lieu le 7 mars 1274.
Thomas d’Aquin est-il Thomas l’Apôtre ? Non. Il est un dominicain du XIIIe siècle, distinct de l’apôtre du Nouveau Testament.
A-t-il enseigné à Toulouse ? Le site des Jacobins indique qu’il n’y est jamais venu. La relation toulousaine est d’abord celle des reliques et de leur vénération.
Une objection de la Somme est-elle son opinion ? Pas nécessairement. Il faut lire la réponse et la discussion de l’article pour identifier sa position.
Sources et méthode de cette fiche
Le guide explique la structure de l’article scolastique déjà décrite dans le dossier. Il propose une méthode de lecture, sans transformer une formule isolée en résumé de toute sa pensée.
Repères documentaires réorganisés le .
